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Les maisons individuelles dans le Nord-Pas de Calais

© Cyberarchi 2020

Cette exposition propose un panorama de la maison individuelle en ville, qu'elle soit neuve, réhabilité ou étendue ou comment transformer sa maison 1930, construire une maison de ville entre deux pignons ou rendre sa maison BBC. L'exposition présentera donc une trentaine de références en matière de maisons contemporaines, livrées dans les 10 dernières années, principalement dans la métropole Lilloise.

 
 
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La métropole lilloise est une zone d'habitation où la maison individuelle urbaine prédomine. De toutes tailles, de toutes époques et aux confluents de plusieurs influences, ces maisons de ville sont une richesse pour le patrimoine culturel de la région et ont inspiré grand nombre d'architectes. Les nouvelles préoccupations liées au développement durable et à la ville dense impliquent de nombreuses réhabilitations, la mise aux normes ou même la construction neuve.

L'histoire d'Europe du nord-ouest nous a légué des villes faites de maisons. Des rives de la Baltique aux plaines de Flandre, en remontant les fleuves et les rivières qui furent les grands axes d'une civilisation fondée sur le commerce et l'industrie, les maisons de ville se pressent le long des rues nouvelles. Les façades s'assemblent pour former le théâtre urbain que la bourgeoisie des commerçants et artisans se donnait pour représentation.

Depuis le MoyenÂge, dans les villes coutumières, être bourgeois en une ville, c'est bénéficier des us, coutumes, privilèges, lois et franchises octroyées par le conseil des échevins, dont les bans s'appliquent à une lieue à la ronde des murailles de la ville (d'où vient l'origine du mot « banlieue »). Être bourgeois, c'est ne plus être soumis à l'arbitraire du Prince ou de l'Evêque. C'est le droit de posséder une maison à l'intérieur des remparts de la ville, afin d'y conserver ses biens et sa famille. Ce bâtiment-là, maison de bourgeois, c'est la maison de ville. Elle va traverser les vicissitudes de sept siècles d'histoire, du XIIe au XXe siècle, par la pérennité d'une société organisée sur la prééminence d'une bourgeoisie de commerçants et d'artisans.

Les matériaux changent, les modes passent, les maisons de ville restent. Elles relèvent d'un double projet : chacun chez soi et la ville pour tous. Elles allient l'individu et sa famille à la société, elles assurent l'image privée et l'image collective, elles réalisent l'essor du patrimoine privé et l'économie urbaine, elles permettent à chaque habitant d'avoir un chez soi, et à la ville de générer des espaces publics organisés.

La maison de ville, comme Janus, a un double visage : côté rue et côté cour. Côté rue, c'est la variation ordonnée d'une série de façades dont la largeur de parcelle est similaire à la portée d'une poutre en bois, mesure standardisée par la qualité des forêts aux alentours de la cité. Jouant avec prédilection des courbes du tracé des rues, qui suivent les sinuosités des canaux d'une eau domestiquée, les façades s'assemblent dans un rythme continu pour écrire, entre le haut du pavé et le faîtage de la toiture, la bonne fortune des prosélytes du commerce et de l'industrie.

Cette façade, haute et étroite, sera le lieu privilégié du travail du maître d'oeuvre, puis de l'architecte, par une organisation logique puis savante des matériaux et du décor. Côté cour, c'est la prolifération et l'accumulation des dépendances, escaliers et vérandas, lieux privilégiés de la vie en famille. De ce côté-là, les baies s'ouvrent sans apprêt dans l'épaisseur d'une charpente en bois ou d'une maçonnerie de briques. Côté rue, c'est l'affiche d'une identité partagée et d'une prospérité individuelle qui se donne à voir pour servir l'ornement de la rue et qualifier les paysages de la cité.

La maison de ville se caractérise également par ses deux grands murs de refend, lieux de la mitoyenneté. Sur des sols principalement marécageux, ils sont le témoignage d'un goût pour l'économie et d'une tendance naturelle à la solidarité. Les maisons dans la rangée s'épaulent pour absorber les déformations du sol et l'usure du temps. La profondeur de lamaison approche le double de sa largeur de façade : cette conformation permet une densité qui économise la chaussée, dépense notable de la collectivité en sus des remparts de la cité.

Cette double mitoyenneté induit également un autre trait essentiel de l'habitation : la nécessité d'un éclairement abondant par les façades sur rue et sur cour, avec de hautes fenêtres et devantures pour le logis et le lieu d'activités au rez-de-chaussée.

Dès la fin du XIIIe siècle, les échevinages s'appliquent à réglementer la construction des maisons d'habitation. Jusqu'au XVIe siècle, la loi s'occupe principalement de la mise en oeuvre des matériaux et de la prévention des incendies. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la loi s'intéresse au dessin et à l'ordonnancement des façades. Enfin, des règlements sur le gabarit des édifices et des saillies poursuivront, du XIX au XXe siècle, l'autorité de la ville sur son image collective à travers la mise en forme de façades privées.

Les chartes communales font naître les premières maisons de ville en bois, demeures des marchands et des artisans devenus burgenses (bourgeois). La transformation des matériaux de la construction et l'influence de la Renaissance font émerger une esthétique nouvelle de la façade et de la rue, qui se prolonge, au XVIIIe siècle, par l'adaptation aux règles de composition et d'ordonnancement d'esprit français, tant est partagée, à travers les villes d'Europe, cette référence absolue à la mode et au bon goût. Le remplissage généreux des plans d'agrandissement des villes du Nord par des rangées de maisons de ville, pour les ouvriers, les employés, les petits et encore quelques grands bourgeois, marque l'apothéose d'une forme de croissance industrielle et commerciale à la fin du XIXe siècle.

Cette promotion de la maison de ville comme modèle d'habitat permettant à la nouvelle classe moyenne des employés et des ouvriers d'accéder au logement décent, voir à la propriété, reste un phénomène quantitativement exceptionnel, autorisant aujourd'hui nos villes à rester le produit de leur assemblage méticuleux. En 1990, l'exploitation du recensement effectué dans le cadre des travaux sur la Mémoire Régionale de l'Habitat a permis de dénombrer 360 000 maisons de ville, sur un corpus de 600 000 "habitations d'enracinement urbain". La maison de ville représente encore aujourd'hui 60 % d'un art de vivre dans les villes du Nord et du Pas-de-Calais.

Il appartiendra à la première moitié du XXe siècle, le soin d'esquisser la transformation des faubourgs pour engager, avec la maison de ville, un projet de ville étendu à un territoire. Là s'estompe ou s'arrête ce modèle d'habitation urbaine. Le type de la villa, devenu la maison individuelle pour tous, conquiert à partir des années 50 le coeur des accédants à la propriété alors que l'immeuble de logements collectifs tente de prolonger un art d'habiter en appartement, qui fut longtemps un modèle et une exception parisienne.

Lorsque cette région s'affiche par ses édifices emblématiques, elle montre les vingtquatre maisons de la Vieille Bourse de Lille et les cent cinquante maisons des Grande et Petite places d'Arras. Nos témoins majeurs d'architecture et d'art urbain se sont formés à travers l'addition d'ensembles restreints de façades privées. Est-il possible aujourd'hui de renouer une histoire distendue entre la maison en ville et une forme urbaine contemporaine ? Peu d'exemples s'offrent à notre lecture, contrairement à une actualité jamais démentie de l'autre côté d'une frontière devenue presque virtuelle entre Nord - Pas de Calais et Belgique.

Entre le travail d'architecture consistant à remplir une dent creuse dans un rang de maisons et produire une série de façades assemblées pour former l'ornement et la délicatesse d'une rue, il y a plus qu'une différence de taille. Comment comprendre l'oeuvre d'Hector Guimard, composant la détonante façade de la maison Coilliot en 1898 ? Comment situer l'enjeu que représente le quartier « Fleurs de Lille » aujourd'hui ? Quels sont les jalons et les repères de cette aventure croisée de maisons et de la ville ? Y-a-t-il un avenir à notre histoire ? Les architectes répondent à ces questions. Avec verve ou modestie, avec des moyens financiers généralement limités, ils soutiennent la permanence d'un type d'édifice qui reste un art de vivre la ville et d'habiter son logement, entre cave et grenier, entre rue et jardin.

MAISON DE L'ARCHITECTURE ET DE LA VILLE
Place François Mitterrand
F-59777 EURALILLE
03.20.14.61.16
http://www.mav-npdc.com
mav@mav-npdc.com
P : centre Euralille
T B M : gare Lille Flandres - Lille Europe
Horaires :
Du mardi au vendredi de 9h à 12h30 et de 14h à
17h30
Le samedi de 11h à 18h
Entrée libre

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