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Les calculs de la RT 2000 sont à la portée des architectes

Bruno Slama, fondateur de BBS Slama, est éditeur de «logiciels outils», comme CLIMA-WIN et CLIMA-CAD, qui permettent de réaliser les calculs thermiques. Il revient sur l'intérêt pour les architectes de ces nouveaux produits et les avancées technologiques en cours.

 
 
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Vous comptez encore très peu d'architectes parmi vos clients, pourquoi ?

C'est maintenant que tout commence pour les architectes. Jusqu'à présent la part des architectes est faible, 4 ou 5 architectes sur 1.500 clients, alors qu'ils s'intéressent à ce que l'on fait. La raison essentielle est que le rôle de l'architecte n'est pas de faire les calculs thermiques mais la conception globale intégrant une étude thermique. Cependant, à mon sens, il reviendrait à l'architecte de se préoccuper de la RT 2000. D'ailleurs l'Unsfa m'avait invité à faire une conférence pour que les architectes puissent s'approprier ce type de logiciel dans le cadre d'une démarche HQE. Ce n'est possible que si l'on sépare la technique du génie climatique et la conception du bâtiment dans lequel l'architecte pourrait exprimer ses choix.

Nous allons bientôt proposer à Archicad d'intégrer ces systèmes. En effet, pour que les architectes puissent faire de la RT 2000, nous devons refaire entièrement, grâce aux IFC*, le document pour qu'il puisse avoir accès au catalogue. En tout état de cause, entre un logiciel généraliste et les besoins liés à la HQE, il faudra toujours des passerelles. On peut donc penser que les éditeurs de logiciels développeront des modules thermiques, acoustiques, etc.

*Les IFC (Industry Foundation Classes) sont des spécifications de classes d'objet. Elles constituent un langage commun pour faciliter l'échange et le partage d'informations entre les logiciels utilisés par tous les acteurs de la construction, de la programmation à l'exploitation.


Les architectes ont-ils les compétences techniques suffisantes ?

Je pense que les architectes peuvent s'approprier ces techniques. Bien des architectes ont d'ailleurs un niveau technique équivalent ou similaire à celui de certains bureaux d'études et ils possèdent une vision globale du bâtiment normalement infiniment meilleure que celle d'un bureau d'études. C'est aussi un problème culturel concernant la façon dont l'architecte perçoit son métier. Certains ne s'intéressent nullement à l'aspect technique mais mon sentiment est qu'il y a autant d'architectes qui s'intéressent à ces questions techniques que de bureaux d'études. Peut-être suffirait-il simplement de renommer ces logiciels pour les rendre plus attrayants ? D'autant que, si effectivement les calculs de RT 2000 et les systèmes de chauffage d'un bâtiment tertiaire sont compliqués, dans l'habitat individuel ou collectif, ces calculs ne sont pas si complexes. La grosse difficulté est souvent de décrire un bâtiment et cela les architectes savent le faire.

Où en est-on de la compatibilité des systèmes et des formats?

Aujourd'hui nous pouvons récupérer les plans au format IFC, revisualiser le bâtiment et rédiger les différentes parois afin de préciser les données thermiques. Ce logiciel est disponible aujourd'hui. Mais pour que ces travaux puissent être réalisés de façon universelle, les logiciels doivent pouvoir utiliser les banques de données.

Nous travaillons depuis longtemps avec la banque de données Edibatec afin de créer le dictionnaire standard de la construction (DSC) où toutes les informations seraient compatibles. Il y a une dynamique en développement chez les fabricants qui commencent à intégrer le concept, malgré leur peur qu'une telle base de données ne crée des conditions de concurrence défavorables ; ils ont peur notamment des comparaisons de prix.

Il est donc important pour nous que la comparaison entre les produits ne soit pas seulement basée sur le prix mais sur la globalité de sa mise en oeuvre. De fait, la normalisation de la description du produit a beaucoup progressé. Et encore c'est moins la normalisation de la description et des formats et la possibilité donnée aux industriels d'utiliser différents formats qui comptent que l'idée d'une convergence, d'une compatibilité entre ces formats de dictionnaire et les formats de logiciels qui permet de faire transiter l'information au mieux.

Une des contraintes est qu'il s'agit d'un phénomène lourd à mettre en place tandis que la création incessante de nouveaux produits demande beaucoup de souplesse d'utilisation. Mais, quand les fabricants jouent le jeu, ça marche. Dans le futur, on peut même imaginer que les banques de données compatibles seront chez le fabricant qui publiera un web service offrant un accès normalisé à sa banque de données. On n'en est pas encore là.

La technologie est donc viable et disponible dès aujourd'hui ?

Les outils de première génération sont opérationnels. Le problème consiste aujourd'hui à faire utiliser ces outils par tous les architectes, les entreprises et les bureaux d'études.

Il est vrai que lorsqu'un architecte livre un document IFC, il livre tout son savoir. S'il reste le mieux placé pour exploiter ce savoir, il se méfie, tout comme les fabricants sont méfiants. Il va donc falloir étudier tout ce que cela implique dans les relations interprofessionnelles, l'objectif étant qu'une bonne articulation permette à chacun de faire la part du travail qui lui revient.

La possibilité de faire une étude technique sur un plan existe aujourd'hui. C'est une technique naissante mais ça marche suffisamment bien pour que ça devienne rentable de le faire. De plus, si les architectes et les bureaux d'études sont aujourd'hui bien équipés en informatique, les entreprises le sont moins ; l'obstacle culturel est plus grand pour elles et les logiciels leurs sont peut-être moins adaptés. Il y a encore des entreprises qui travaillent au «pifomètre» et qui mettent des radiateurs en fonction de la taille de la fenêtre.

BBS Slama : Hall 5.1 Stand F 18

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