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Les Assises nationales sont remplacées par un simple un livre blanc...

A la surprise générale, le 34ème congrès de l'Unsfa fut l'occasion d'annoncer la non-tenue des assises nationales pourtant prévues de longue date début novembre. L'appel à manifester le 7 novembre passe donc également à la trappe.

 
 
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Le coup de théâtre a donc été total lorsque Jean-François Susini, François Pélegrin et Jean-François Chesnais pour le Syndicat de l'Architecture sont montés ensemble sur la tribune pour s'adresser aux architectes. «L'enjeu est important, la menace est grande», déclarait en introduction François Pélegrin, auteur involontaire sans doute d'une belle raffarinade.

Pour faire face à cet enjeu, l'Ordre a estimé qu'il était urgent d'attendre. «Il est nécessaire d'envisager une réflexion plus globale sur l'ensemble des problèmes qui dépassent le cadre de l'architecture», a expliqué J.F. Susini. «Nous sommes porteurs d'un idéal que nous voulons consigner dans un livre blanc tant du point de vue théorique qu'en terme de propositions de mesures concrètes. Nous avons été réactifs, nous serons pro-actifs, fermes et solidaires. Il faut dire 'Quel monde voulons-nous pour demain ?' et que c'est un idéal de vie que nous voulons défendre». Les «autorités» douteraient-elles de l'idéal des architectes ? En tous cas, au terme de cette brève allocution, la messe était dite.

Il revint à Jean-François Chenais d'apporter quelques détails. «Nous sommes porteurs de valeurs, la HQE et le développement durable sont des concepts que nous portons depuis dix ans», dit-il avant d'expliquer qu'un tour de France des régions sera organisé pour discuter et consulter «tout le monde», que ce tour de France s'achèvera à Paris au début de l'année 2004 pour une remise aux autorités du livre blanc fin janvier.

«Quelque part, ce sont les Etats Généraux de l'architecture que nous organisons», conclut J.F. Susini qui a toujours préféré ce terme à celui, plus offensif, d'assises nationales. Des assises dont il fut pourtant question pendant plusieurs mois et qui furent évacuées en quelques minutes. Avec ce 'quelque part' en forme de lot de consolation, l'Ordre semble donc avoir obtenu gain de cause et suggère désormais d'organiser une veille juridique pointilleuse concernant tous les appels d'offres publics proposant des partenariats publis-privés (PPP). Une discrétion qui objectivement ne devrait pas empêcher de dormir les promoteurs d'une réforme brutale du Code des Marché publics et de la loi MOP, promoteurs pourtant régulièrement vilipendés par ceux-là mêmes qui font montre aujourd'hui d'une étonnante faculté d'accommodation.

Des PPP qui étaient de fait dans tous les esprits lors de ce congrès. Et pas seulement dans ceux des architectes. «A propos des PPP, dès qu'on propose quelque chose, on entend le coeur des vierges qui proteste», a ainsi expliquer Olivier Piron, secrétaire permanent du PUCA (Plan Urbanisme Construction Architecture). Ajoutant, histoire d'enfoncer le clou, «on déplore les effets dont on vénère les causes» et de conclure «la vraie question est : qui paye ?».

Albert Mahé, en sa qualité d'adjoint au maire de Nantes et président des associations nationales des sociétés d'économie mixte, est loin de l'image de vierge effarouchée décrite par Olivier Piron. Il a pourtant des éléments de réponse à la question posée. «Pourquoi ne pas prendre le temps de passer devant le parlement [au sujet des PPP] ?», s'emporte-il. «Aurait-on quelque chose à cacher ? Les collectivités locales ne sont pas vouées à devenir les simples locataires des grands groupes qui défendent les intérêts de leurs actionnaires avant tout». Non content de cette prise de position, il mettait en garde ses homologues des collectivités locales. «Le coût sera élevé car les grands groupes auront recours, comme les collectivités locales, aux marchés financiers mais à des taux moins avantageux que ceux des collectivités dont les emprunts sont garantis», dit-il.

Vu les applaudissements nourris de la salle, il n'y avait pas de doute sur l'opinion des architectes. Des applaudissements plus mesurés ont accueilli Raphaël Hacquin, de la DAPA, qui représentait Jean-Jacques Aillagon, ministre de la culture. «J.J. Aillagon a été fortement impliqué, avec Gilles de Robien (ministre du logement et de l'équipement. NdR) lors des discussions du printemps», dit-il. «Le ministre sera attentif sur l'évolution de la rédaction de l'ordonnance de PPP. Je peux vous assurer de son soutien. Si la position des architectes venaient à se durcir, il ne manquerait pas d'intervenir de nouveau».

Jean-Jacques Aillagon peut également dormir tranquille. Le durcissement des architectes est remis aux calendes grecques.

Christophe Leray

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