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Les Arts de l'Islam au Louvre tels que les a conçus Rudy Ricciotti

© Cyberarchi 2019

Le 27 juillet 2005, c'est le projet des architectes Mario Bellini et Rudy Ricciotti qui a été retenu pour créer un lieu destiné à recevoir, en 2009, les Arts de l'islam au sein du Musée du Louvre. Les intentions de l'un de ses concepteurs.

 
 
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Le projet de Mario Bellini et Rudy Ricciotti était le seul - exceptée celui de Zaha Hadid peut-être - à ne pas avoir couvert l'espace de la cour Visconti par un plafond, permettant de préserver ainsi le seul espace extérieur du musée. A l'issue d'un travail sur la lumière, notamment en ce qui concerne les objets qui en ont besoin et ceux qui la craignent, ils ont mis au point un couverture ondulante - nuage irisé ou tapis volant - qui sera transparente, c'est-à-dire que les façades seront visibles de l'intérieur tandis que l'aspect irisé ne sera lui visible que de l'extérieur, des étages du musée notamment. "Ce n'était pas possible de mettre sous couvercle aussi bien les arts de l'islam que les façades de la cour. C'est pourquoi nous avons pensé à un toit qui flotte comme un tapis volant" à six mètres au dessus du sol pour son
point le plus haut, a expliqué Rudy Ricciotti. C'est la nuit, illuminée de l'extérieur, que cette 'toiture' offrira les visions les plus spectaculaires.

Couvrir la cour Visconti par une verrière est une conviction dix-neuvièmiste très nationale pour un espace qui, jusqu'à aujourd'hui, résistait en levant les yeux au ciel. Altérer cette cour par un encombrement architectural culpabilisé impose de façon irréversible aux façades déjà peu lumineuses, une pénombre malheureuse. Éclater l'art de l'islam sur plusieurs niveaux, c'est donner au discours muséographique toutes les malchances utiles à la rupture identitaire de sa narration. Créer des mezzanines dans la cour relèverait maladroitement de la culture consumériste de l'histoire spatiale des grands magasins.

Imposer aux trésors de l'orient, l'absence d'échappée définitive d'une cour fermée témoin des épopées stylistiques françaises forcera entre quatre murs, une covisibilité bien maladroite, rappelant au contenu, par un désastreux cognitif, l'omniprésence historique contenant auquel l'orient ne saurait échapper. L'occident a toujours raison, mais le Louvre ne le pensait pas.

Peut-on rêver une autre attitude qui, avec moins de pesanteur et d'avantage de tendresse, accueillerait amicalement l'islam à l'image de la main tendue de Montesquieu au persan en visite à Paris.

La cour Visconti ne sera pas couverte et demeurera visible. Considérant que les sous-sols sont les dernières réserves foncières disponibles et qu'il existe déjà une tradition au Louvre d'exploitation des sous-sols, il s'agira, une fois encore, de ne pas gâcher cette opportunité. Par ailleurs, les deux façades de la galerie Daru ont le privilège, par de belles fenêtres, d'être au contact de l'extérieur et d'offrir au visiteur un repère naturel : voir la pluie, le ciel, le soleil, la lumière belle à Paris surtout en hiver lorsqu'il neige, tout cela est un privilège rare au Louvre. Couvrir la cour c'est irréversiblement déséquilibrer la galerie de Samothrace et créer une proximité sémantique désacralisante entre art gréco-romain et art de l'islam. Ce projet propose de lutter contre une malédiction qui semblerait vouloir martyriser toute l'aventure, le patrimoine architectural et les arts de l'islam dans un seul élan auquel il manquerait le doute comme intuition conceptuelle.

Le projet proposera d'organiser sur deux niveaux cohérents les chefs d'oeuvre des arts de l'islam en un rez-de-chaussée et un parterre dessous. Le visiteur des galeries périphériques en rez-de-chaussée pourra apprécier la présence féérique, l'intégration sans violence, et la singularité positiviste de cette nouvelle aile muséale respectueuse d'un grand musée de la république.

Le rez-de-chaussée sera couvert par un voile lumineux discrètement diffusant sans appui intermédiaire, flottant délicatement sur la muséographie. Le parterre dessous sera visuellement largement relié au rez-de-chaussée par diverses ouvertures hiérarchisées et cadrées. En tout point du Rez de chaussée comme en certains points de ce niveau, l'on apercevra les façades de la cour, le mouvement sensuel en verre ciselé du voile flottant de la couverture. Le lieu des trois antiques comme le montre une coupe est par ailleurs généreusement relié au dispositif des arts de l'islam.

La coupe confirme les multiples échanges de regards partagés entre les Arts de l'Islam et les façades de la cour Visconti. Ce jeu des plis et replis de la couverture devient alors un drapé soyeux aux reflets micacés et facétieux. Le soir s'établira entre les fenêtres de la cour Visconti et la lumière irradiante s'échappant du département des Arts de l'Islam ce voyeurisme oriental amusé qui était celui de Montesquieu.

Lire notre article 'Rudy Ricciotti à l'abordage, verbe au clair et le Louvre au coeur'
et consulter notre album-photo 'Pourquoi Rudy Ricciotti gagne-t-il ? Il n'y a pas de secret, que de beaux projets'

Les Arts de l'Islam au Louvre tels que les a conçus Rudy Ricciotti
Les Arts de l'Islam au Louvre tels que les a conçus Rudy Ricciotti
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