• Accueil
  •  > 
  • Les architectes délaissent de plus en plus la maîtrise d'oeuvre
Rejoignez Cyberarchi : 

Les architectes délaissent de plus en plus la maîtrise d'oeuvre

Le développement du conseil en matière d'architecture est une réponse à un marché de plus en plus exigeant en terme de qualité. Ainsi, d'ici 2015, la moitié des architectes pourraient ne plus s'occuper de maîtrise d'oeuvre. Une véritable mutation du métier est en cours.

 
 
A+
 
a-
 

Selon une étude réalisée par Développement Construction, les architectes interviennent de plus en plus dans des missions de conseil, de gestion, d'expertise, d'urbanisme, d'aménagement intérieur, de diagnostic amiante, voire même dans certains cas, de pédagogie et d'information. Ces missions sans exécution de travaux représentent aujourd'hui environ 30% de l'ensemble de l'activité des architectes, contre seulement 21 % en 1991.

A ce rythme, d'ici 2015, la moitié des architectes ne feront plus de maîtrise d'oeuvre. C'est déjà le cas pour quelques-uns d'entre eux. "Des architectes, qui ne veulent plus s'embêter avec les aléas de la maîtrise d'oeuvre, ne font que du conseil", assure Jean Dubernard, secrétaire général de l'Association pour le Diagnostic Immobilier par l'Architecte (A.DIA), une association loi 1901 crée par l'UNSFA qui, depuis 1984, regroupe près de 300 Architectes libéraux implantés dans toute la France métropolitaine et les départements d'Outre-mer.

Les architectes-conseil liés aux institutions constatent également une évolution du métier. "A l'origine, l'Etat avait un pouvoir absolu et exclusif sur l'aménagement. Depuis les lois de décentralisation, le pouvoir des collectivités locales s'est développé", explique Georges Wursteisen qui, de 1974 à sa retraite récente, fut architecte-conseil, sous la tutelle du ministère de l'équipement, des départements de l'Aude, du Gard et de l'Aveyron successivement. De fait, il y a de plus en plus d'architectes-conseil dans les collectivités locales.

Ainsi, Madame Schmit, architecte à la mairie de Bordeaux, conseille aussi bien la municipalité pour ses projets d'urbanisme que le citoyen lambda pour le ravalement d'une façade. "C'était une revendication des architectes d'être associés plus largement aux décisions", poursuit M. Wursteisen qui regrette par ailleurs que les "services techniques ont encore un peu de mal à s'associer aux architectes-conseil". "C'est de mieux en mieux mais cette évolution reste modérée", dit-il. Toujours est-il que le ministère de la culture a récemment lancé un concours pour recruter, sur un mode similaire à son homologue de l'équipement, ses propres architectes-conseil.

De nouvelles exigences de qualité dans le domaine de l'architecture se font jour également : 52 % des moyens dont dispose le CAUE du Loiret sont investis dans le conseil aux communes sous différentes formes d'actions et de prestations. Depuis la création du CAUE sur ce département, plus de 90 % des communes ont fait appel à ses services ponctuellement ou pour une aide à plus ou moins long terme. Les architectes-conseil, voire paysagistes-conseil, des Directions Départementales de l'Equipement (DDE) offrent désormais à qui le souhaite des précisions sur le volet paysager des permis de construire ou de lotir.

Au-delà de ces évolutions, c'est le marché des particuliers, y compris les syndics de co-propriété, les banques et organismes financiers voire les entreprises possédants de gros patrimoines immobiliers, qui est en train d'exploser. Si quelques architectes offrent encore des conseils gratuits, notamment sur leurs sites Internet, ils sont de plus en plus nombreux à offrir une prestation payante, qui commence généralement autour de 150 euros.

L'A.DIA, qui fut donc la première sur ce marché conserve encore une bonne longueur d'avance puisqu'elle a formalisé et tarifié les prestations. "Le diagnostic complet, en 48 heures, d'une maison de six pièces avant achat coûte 425 euros, ce qui n'est pas cher considérant que notre diagnostic permet de négocier l'achat", explique Jean Dubernard. Ce dernier concède que quelques officines concurrentes se sont créées sans pour autant constituer, à l'heure actuelle, une réelle menace pour l'association.

Dernier aspect de cette transformation du statut de certains architectes : le développement du conseil pourrait enfin rapprocher les architectes des français, voire constituer un stade intermédiaire pour débloquer la réforme de la loi de l'architecture, irrémédiablement enlisée à ce jour autour de la bataille des fameux 170 m² de SHON.

Mot clefs
Catégories
Article précédent  
Article suivant  
< Une  
CYBER