• Accueil
  •  > 
  • Les agences d'urbanisme et l'ingénierie territoriale
Rejoignez Cyberarchi : 

Les agences d'urbanisme et l'ingénierie territoriale

Compte-rendu de la Journée d'échanges et d'information du mercredi 25 juin 2003

 
 
A+
 
a-
 

Le 25 juin dernier, la FNAU (Fédération Nationale des Agences d'Urbanisme) a réuni les responsables des agences d'urbanisme ainsi que leurs partenaires, représentant des collectivités territoriales et des services de l'Etat, afin de réfléchir aux missions futures et aux nouveaux métiers que les agences seront amenées à développer, pour répondre aux besoins émergents des partenaires nationaux et locaux.

Une série d'interventions de représentants de l'Etat a fait apparaître la nécessité de clarifier les différentes approches en matière d'aménagement du territoire et de mener une réflexion stratégique sur des territoires plus étendus. La nécessité d'outils de planification performants est très clairement apparue.

Jean-Paul Delevoye, ministre de la Fonction publique, de la réforme de l'Etat et de l'aménagement du territoire, s'est exprimé sur le rôle et l'avenir des agences d'urbanisme qui contribuent à relever les défis des territoires. Le ministre estime que "la France n'a pas les métropoles qu'elle mérite". Selon lui, inter-intercommunalité, inter-départementalité, inter-régionalité sont des pratiques nécessairement amenées à se développer.

Pour le ministre, c'est aussi parce que les pouvoirs publics ont fondamentalement besoin d'outils d'ingénierie territoriale pour réaliser des projets d'aménagement urbains que les agences, grâce à leur liberté de réflexion, doivent rester "impertinentes". L'Etat a besoin de ces "tiers-acteurs, qui ne sont ni politiques, ni associatifs". Pour autant, les agences ont un rôle politique à jouer : elles doivent cultiver leur pertinence dans la conceptualisation de projets et ainsi contribuer à la cohérence de l'offre territoriale, en adaptant leurs outils et leurs méthodes aux défis démographiques, économiques, ou même culturels qui menacent l'équilibre des aires urbaines.

Dominique Schmitt, préfet du Finistère, coordonnateur de la mission interministérielle sur l'harmonisation des lois récentes de développement territorial, mandatée fin 2002, a présenté un rapport d'étape. Les textes de lois comportent une série d'ambiguïtés, mais la pierre angulaire en serait l'intercommunalité, qu'il reste à parachever. Il semble nécessaire d'harmoniser les concepts de projets qui y sont proposés (projets d'agglomération, chartes de pays, SCOT,...) et de permettre à la contractualisation de se développer au même rythme que les territoires.


Des exposés ont permis de présenter des projets locaux où les agences sont intervenues pour porter une réflexion territoriale partagée. Les présentations, suivies de débats, ont pu mettre en exergue les différents rôles des agences, interface technique, outil de prospective, lieu de partenariat, centre de recherche et d'innovation, dans des secteurs variés.
Ainsi la problématique transports/urbanisme a été traitée à partir de l'exemple de Bordeaux ; la prospective territoriale a été traité à partir de l'exemple de Nancy ; le développement économique local a été abordé à partir de l'exemple de Lyon ; la promotion de nouvelles formes urbaines a été illustrée à partir de l'exemple de Lille ; enfin, la coopération inter-communalités a été commentée à partir de l'exemple de Saint-Etienne.

Par ailleurs, Marcel Belliot, délégué général de la FNAU a présenté les résultats d'une enquête lancée en avril 2003 sur les champs émergents de réflexion et d'intervention pour lesquels les agences sont sollicitées : on constate que les agences conservent leurs missions classiques d'observatoires, d'outils d'information et de diffusion. De plus, les résultats de l'enquête permettent de confirmer que de nouvelles missions émergent pour les agences en termes de prospective territoriale : prévention des risques, rythmes urbains, attractivité des territoires, sécurité, logistique urbaine et développement durable sont autant de domaines dans lesquels les agences pourront apporter leur contribution et leur expertise.

Puis Jean Frébault, président de section au Conseil général des Ponts et Chaussées, a expliqué comment les agences pouvaient trouver leur place en tant qu'outil d'ingénierie territoriale, compte-tenu de la multiplicité de ses acteurs : l'ingénierie territoriale pourrait se définir comme l'ensemble des compétences et des savoir-faire dont ont besoin les collectivités territoriales pour assurer leurs missions. Secteur encore peu développé en France, elle fait appel à cinq types d'acteurs : l'intercommunalité, le département et la région, l'Etat, les aménageurs, et les bureaux d'études. M. Frébault constate que l'ingénierie territoriale se décline en une expertise plurielle, où le rôle de chacun des partenaires doit être redéfini pour éviter les risques liés à la multiplicité des acteurs (concurrence des pouvoirs, fragilisation ou isolement des structures, etc.), qui peuvent nuire à l'impact de l'expertise indépendante que représentent les agences d'urbanisme

Enfin une table ronde a réuni des représentants des institutions partenaires des agences, sur le thème : quelles missions demain pour les agences d'urbanisme et quelles coopérations avec les services des collectivités et de l'Etat.

André Rossinot, lors de sa conclusion, a insisté sur la nécessité d'un plus grand dialogue entre les élus et l'Etat, qui permettrait le partage des expériences. Les agences d'urbanisme souhaitent contribuer à créer des espaces de réflexion et de partage. Il propose notamment un rendez-vous à l'automne sur le thème de l'avenir du réseau scientifique et technique de l'Etat et de la manière dont il peut davantage être mis au service des territoires et de leurs collectivités.

Mot clefs
Catégories
Article précédent  
Article suivant  
< Une  
CYBER