• Accueil
  •  > 
  • Les ABF veulent garder leur autonomie
Rejoignez Cyberarchi : 

Les ABF veulent garder leur autonomie

Marc Wattel est Architecte des Bâtiments de France (ABF) dans le Doubs. Il exprime son opinion à propos des conclusions du rapport intitulé " 51 mesures pour le patrimoine monumental " du sénateur (UMP) de l'Aube Yann Gaillard.

 
 
A+
 
a-
 


Cyber Archi : Le rapport Gaillard pointe du doigt les ABF qui n'assureraient pas leur mission d'entretien, impliquant ensuite des coûts de rénovation ou de restauration plus élevés. Celà correspond-t-il à votre réalité?

Marc Wattel : Il existait, il y a quelques années une ligne budgétaire que nous appelions "strict entretien", nous en étions maîtres, elle était très pratique. Cette ligne budgétaire et cette facilité ont été supprimées, considérées comme du fonctionnement, autrement dit comme "les petits fours" des ministres, et l'économie a été faite. L'investissement fait sérieux, par le fonctionnement.

Le rapport estime que "les fameux 500 de protection des abords causent des soucis aux élus" et souhaite réformer cette mission, en diminuant les distances notamment. Qu'en pensez-vous?

Le rayon de 500 mètres dépossède le Maire de dire oui tout de suite à ses administrés. Cependant, certains sont ravis d'avoir l'ABF pour dire non quand lui-même a quelques difficultés pour le faire. Mais cette situation peut être réformée grâce à l'article 40 de la loi sru. D'un commun accord entre le Maire et l'ABF on peut transformer le cercle en un "périmètre de protection modifié" plus pertinent.

Bien sûr et nous le faisons à chaque permis de construire.

Le rapport propose que les architectes en chef deviennent des inspecteurs généraux et que les ABF soient repositionnés à l'intérieur des services déconcentrés du ministère. Qu'en pensez-vous?

Les ABF ont acquis un statut d'autonomie par rapport à la centrale ministérielle et sont très contents d'avoir pour supérieur hiérarchique le Préfet et personne d'autre.

Le rapport assure que l'administration des MH est peu désireuse de passer sous la coupe d'autorités élues. Est-ce votre cas ?

Oui, c'est vrai. La cellule des marchés dans la Drac n'aimerait pas avoir un élu pour responsable, même si les élus font pression sur le Préfet... qui dicte aussi la conduite à la Conservation.

Doit-on ou non pouvoir faire appel des décisions d'un ABF en matière d'abords devant une commission régionale comme le préconise les articles 111 et 112 de la loi de démocratie de proximité du 27 janvier 2002?

Mais oui, cela donne plus de poids encore à ses décisions car elles seront presque tout le temps confirmées.

Au final, le rapport propose surtout une décentralisation et une libéralisation du système qui permettrait aux simples architectes d'avoir accès à ces marchés mais qui ferait porter les coût sur les administrés locaux. Quels sont les avantages et les risques d'une telle hypothèse?

Pour les restaurations de Monuments Historiques classés, il n'est pas sûr que le coup serait moindre en changeant seulement d'architecte. L'architecture contemporaine de prestige est plus chère encore que celle des ACMH et de leur restauration. Cf. Centre Culturel Américain à Bercy et l'ancien Boulevard Raspail...

Tout dépend de ce qui est restauré et l'ampleur qu'on lui donne. Il existe beaucoup de restauration d'immeubles inscrits, restaurés par des architectes non "en Chef". Quant au prix, l'État subventionne parce que la garantie du bon résultat lui est donnée par ses architectes ou leur contrôle.

Le jour ou les collectivités territoriales choisiront leur architecte plutôt que les sous de l'État, n'est pas encore venu.

Mot clefs
Catégories
Article précédent  
Article suivant  
< Une  
CYBER