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Le tramway s'inscrit désormais comme le nouveau grand fil conducteur du Mans (72)

© Cyberarchi 2020

Le tramway du Mans, mis en service le 17 novembre 2007, est pour Dubus_Richez l'aboutissement d'un travail initié en 1991. Pour la plus modeste agglomération dotée d'un tramway, cette ligne de 15km a été réalisée pour 302M€, soit le tramway le moins cher de France. Voici, pas à pas, l'histoire des 15km du projet du Mans...

 
 
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Quelques repères sur Le Mans

Le Mans Métropole est une communauté Urbaine de neuf communes comptant 194.300 habitants (dont 145.300 sur Le Mans), ce qui en fait la 32ème agglomération française. La ville est marquée par le confluent de la Sarthe et de l'Huisne et la butte qui accueille la ville romaine, puis la ville médiévale. Une constellation de couvents occupe les environs du centre. Le XIXème siècle amène une étoile ferroviaire à quatre branches et le déplacement du centre au pied de la butte. Mais ni le XIXème ni le XXème ne verront Le Mans se doter d'un réseau d'avenues cohérent et complet : quelques percements ponctuels (le 'tunnel' dans la butte, l'avenue De Gaulle, au centre), mais la trace des couvents est toujours là : depuis les quartiers Sud, développés au long du XXème ou depuis le quartier 'Université', apparu à partir des années 80, le parcours vers le centre-ville est complexe et peu lisible...

C'est à la suite d'une première étude, menée en 1990-1991 par SOFRETU et ayant permis d'identifier le couloir 'Université - quartiers Sud', que Dubus_Richez intervient pour le compte de la SETRAM sur une étude d'insertion sur deux lieux clés du projet pressenti : la place des Jacobins, au pied de la cathédrale et la Gare. Conclusion : le passage par la gare mérite d'être associé à une opération d'aménagement ambitieuse, comprenant démolitions, création d'un pôle d'échange, dépose minute souterraine. Le programme de l'opération autour de la gare, menée finalement par AREP de 2006 à 2008 est fixé... si le tramway voit le jour...

1994 : Etudes d'approfondissement

Dans une ville dont le réseau de bus souffre de la congestion de la circulation, malgré l'aménagement d'un des premiers sites propres bus de France sur l'avenue Jean Jaurès, Le Mans Métropole, ou plutôt à l'époque la 'CUM', confie à un groupement mené par Dubus_Richez associé à Sogelerg (devenu aujourd'hui Coteba), une étude d'approfondissement du projet de tramway - envisagé à l'époque plutôt sur pneu.

Dubus_Richez est, à la demande de la CUM, mandataire de l'étude : la dimension aménagement, intimement mêlée à la dimension transport dans un système de surface, est reconnue comme déterminante par le maître d'ouvrage. Le tracé aujourd'hui réalisé est à peu de choses près identifié et retenu : au corridor Nord-Ouest / Sud s'ajoute la branche des Sablons... mais le tram dessert le centre par les Jacobins, au pied de la cathédrale !

Un travail en coupe permet d'apprécier les conditions futures d'insertion du tramway dans les voies du Mans. Plan de circulation, réseau de bus associé à la ligne de tramway et financement du projet sont approchés par les spécialistes du groupement.

1997 : Etude de définition

Souhaitant préciser le projet, Le Mans Métropole confie une nouvelle étude au même groupement : le projet d'insertion est intégralement dessiné au 1/1000 ; des opérations connexes sont identifiées avec notamment la création de nouveaux parcs de stationnement, au centre et en périphérie ; le plan de circulation est précisé et vérifié : un anneau de desserte du centre-ville sera créé ; les pôles d'échange sont définis - en particulier celui de St Martin de Pontlieue, qui assurera en 'quai à quai' la connexion tramway pour les habitants des quartiers Sud desservis par bus - et, en fin d'étude, une grande décision est prise : le tramway passera par la place de la République, au coeur du centre-ville...

1999 : Concertation

Jean-Claude Boulard, Président de la Communauté Urbaine et candidat à la magistrature suprême mancelle, porte le projet de tramway dans de nombreuses réunions publiques dans les quartiers. Les Manceaux s'informent sur le projet... s'inquiètent de son coût et conduisent à retravailler le projet en trois lieux :

  • le tracé dans le quartier de l'Université, qui empruntera la route d'Angers ;

  • l'insertion dans la rue Gambetta : cette rue résidentielle, large de seulement 15m, sera finalement accessible aux résidents par la plateforme tramway ;

  • la station St Martin de Pontlieue : l'échangeur dénivelé en berge de l'Huisne, aménagé dans les années 70, sera supprimé et un carrefour à niveau recréé.

2001 : le choix du fer

La solution technique pneu ou fer était restée jusque là ouverte... après audition des fabricants et témoignage de villes plus avancées dans leurs projets, Le Mans Métropole choisit : ce sera le fer, solution technique éprouvée !

2002 : Le choix du maître d'ouvrage

La municipalité nouvellement élue lance le projet en réalisation. Après qu'a été confié un mandat de maîtrise d'ouvrage à la Société d'Equipement du Mans, le groupement EGIS Rail / EGIS Aménagement / Coteba / Dubus_Richez / Attica est missionné sur concours, pour assurer la maîtrise d'oeuvre du projet - hors dépôt et billétique.

Les études détaillent l'insertion et intègrent sous contrôle des experts agréés par l'Etat, tout récemment nommés, le retour d'expérience sécurité des tramways déjà en service : tous les aménagements sont validés en détail, du dimensionnement du séparateur qui marque la limite de l'espace du tramway, jusqu'à la position des poteaux de ligne aérienne en sortie de carrefour. Attica prend en charge l'étude de deux parties de la ligne, celle qui relie l'université à l'entrée sur la place de la République et celle qui dessert les Sablons, ainsi que la conception des stations. Dubus_Richez assure la conception de l'insertion, de la place de la République au terminus Sud, ainsi que celle du mobilier urbain et assurera l'ensemble du suivi en chantier.

C'est au cours de l'avant-projet, en 2003, que se précise la palette des aménagements : hors espaces piétons, soit sur près de 10km, la plateforme du tramway sera engazonnée. Le tapis vert, bordé sur deux côtés d'un séparateur de 40cm de granit ocre clair, est aujourd'hui parcouru par les rames orange cuivré, aux couleurs de la muraille romaine du Mans.

L'ocre des façades mancelles se déclinera sur les sols, sous forme de granit, de pavés béton et de bétons désactivés. Les mobiliers urbains : poteaux de la ligne aérienne de contact, alimentant le tram, abris, barrières, potelets, candélabres, bancs, corbeilles... se coloreront de marron d'Inde métallisé, rehaussé de touches de rouge - la couleur qui signe le mobilier urbain dans les autres quartiers du Mans.

C'est à ce moment qu'il est décidé de prolonger la ligne au Sud, au-delà du dépôt, pour franchir la ligne droite des Hunaudières et desservir, à l'intérieur du circuit des 24 heures, Antarès, la salle de basket et de spectacles et bientôt, le nouveau stade de foot du MUC72, qui évolue en ligue1. La disparition des financements d'Etat, au lancement du projet, a amené à une grande prudence dans la définition des prestations d'aménagement : la préoccupation est avant tout de trouver le bon dessin de l'espace, celui qui définit clairement, avec un minimum de moyens, le bon partage des lieux entre tous ses usagers. Ce dessin est mis en oeuvre par une palette de matériaux simples, sans ostentation ni surenchère - dans un esprit qui semble proche de celui qui anime les Manceaux.

2004 : La phase projet

En 2004, s'élabore la phase projet. Les spécialistes développent tous les composants du système technique et de l'aménagement urbain, à partir de l'avant-projet d'ensemble : assainissement et nivellement, voies ferrées, ouvrages d'art, énergie électrique, signalisation, régulation des carrefours...

Les rues du Mans connaissent les premières grandes campagnes de travaux, avec la déviation des réseaux, qui doivent libérer l'emprise du tramway, alors que la place de la République rejoint le projet : après réflexion, elle sera intégralement réaménagée et libérée de toute circulation automobile. Les entrées et sorties du parking seront accueillies dans une rampe nouvelle, hors emprise de la place et deux ascenseurs de verre mettront directement en contact les niveaux de stationnement et le vaste plateau piéton revêtu de granit ocre, ouvert à tous les événements, que devient la place de la République.

Le chantier

En 2005, les appels d'offres se déroulent dans de bonnes conditions : les marchés de travaux sont traités à un niveau de prix inférieur à ce qui était attendu et Le Mans Métropole réinjecte une part de l'économie dans les prestations d'aménagement urbain : la rue Levasseur, à côté de la place de République, sera traitée en granit ; avenue Jean Jaurès, une chaînette de pavés béton assurera le raccordement des pieds de façade aux trottoirs ; les potelets empêchant le stationnement sauvage seront flammés de rouge, etc. 2006 et 2007 sont les années chantier : des mois de tranchées, de déviations, de barrières, d'engins, de bruit, à l'issue desquels, par étapes, les rues du Mans prennent un nouveau visage.

La mise en service

Le 17 novembre 2007, soixante ans presque jour pour jour après l'arrêt du tramway précédent, la première rame orange cuivré quitte l'Université et traverse Le Mans dans la liesse populaire... Comment le tramway a-t-il pu avoir un tel retentissement ? Sans doute pour au moins trois raisons :

  1. le tramway installe dans Le Mans deux situations très identifiables et deux seulement : sa plateforme engazonnée, parcourue par les rames cuivrées et, en hyper-centre, dans les voies à forte présence piétonne, ses sols ocre ;

  2. la faible largeur de beaucoup de voies donne à ces aménagements une très forte présence ; le tramway et ses sols prennent complètement possession de ces voies ;

  3. enfin, dans cette ville difficilement lisible, manquant d'un réseau d'avenues et de boulevards, le tramway s'installe sans doute comme le grand fil conducteur qui manquait à l'agglomération.

Le tramway du Mans en chiffres

Une ligne en fourche de 15,4km
29 stations
23 rames
302M€ dont :
>> études : 13M€
>> aménagements urbains y compris voirie : 103M€
>> sous-sols infrastructures : 33M€
>> alimentation électrique : 16M€
>> matériel roulant : 55M€
>> études : 13M€
>> signalétique ferroviaire : 2M€
>> voies ferrées et appareils de voie : 25M€
>> système d'exploitation 22M€
>> communication et mise en service : 2M€
>> centre de maintenance : 18M€
+ 30M€ déviations et renouvellement de réseaux
30.000m² de granit jaune safran du Fujian
30.000m3 de béton désactivé
80.000m² de gazon
1.300 arbres (frênes, chênes, pins, savonniers du Japon...)
38.600 heures de travail pour Dubus_Richez, soit l'équivalent de 24 ans à temps plein.

Le tramway s'inscrit désormais comme le nouveau grand fil conducteur du Mans (72)
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