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Le temple de Nice - Réhabilitation du Fort du Mont Alban

Après avoir oeuvré pour la sauvegarde de la Gare du Sud à Nice - ce qui lui valu en 2004 d'être reçu au Ministère de la Culture - le jeune architecte Mario Basso entame une nouvelle croisade pour la réhabilitation - contemporaine bien sûr - du Fort de Mont Alban, un édifice historique sur les hauteurs de Nice aujourd'hui désaffecté. Saura-t-il de nouveau se faire entendre ?

 
 
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Le projet d'intentions ci-dessous est signé Mario Basso

Historique et présentation :

A Nice, un engouement croissant pour la conservation du patrimoine de la ville se fait jour et les niçois prennent conscience du potentiel architectural dont ils disposent. Parmi les bâtiments anciens, récemment sauvegardés ou presque, nous avons :

- Le Palais de la Méditerranée, dont la façade a été conservée. (Promenade des Anglais)
- Le Musée de l'agriculture, qui va subir une réhabilitation. (Promenade des Anglais)
- La gare du Sud, sauvée depuis peu et classée monument historique (Avenue Malausséna)

Au sommet du Mont Alban, le Fort culmine à 220m au-dessus du niveau de la mer. D'une hauteur de 15m, il s'inscrit dans un carré de 45m de côté. Sa position et son accès difficile pour l'époque n'ont pas nécessité l'édification d'un fort de plus grande capacité. Dans l'ensemble, le Fort n'a pas subi de dommages très importants, mis à part les constructions en superstructure gravement touchées pendant la seconde guerre mondiale et démolies en 1948.

Le Fort est situé dans une zone naturelle protégée, l'une des plus élevées du littoral niçois. De plus, cette zone est entourée de quartiers résidentiels. De ce fait, cet emplacement lui procure des privilèges en terme d'environnement paysagé et de décors visuels. Datant du XVIe, il reste un véritable héritage architectural pour la ville de Nice.

Le domaine du Fort du Mont Alban reste l'un des lieux les plus pratiqués par les Niçois. Il offre un cadre de vie et de détente de qualité aux habitants, de part son belvédère à 360°, ses sentiers, et sa végétation luxuriante. Aussi, je pense qu'il est important de proposer un véritable projet fondé sur la valorisation de son patrimoine naturel et culturel.

Intentions :

Aujourd'hui, la capacité d'accueil du Fort reste modeste. Les locaux, peu spacieux, et les couloirs d'accès, assez étroits, ne facilitent pas l'exposition d'oeuvres et la réception du public. Ce constat restreint les possibilités de projet à l'intérieur du Fort. Il y a deux orientations pour aborder ce problème :
- soit on procède à une réhabilitation légère et peu coûteuse de façon à permettre l'accueil d'un petit nombre de personnes, pour une simple visite du Fort.
- soit on procède à une réhabilitation lourde et onéreuse. Dans ce cas, il existe une possibilité de proposer un projet orienté vers une reconversion totale du bâtiment. Cette solution, bien que coûteuse, ouvre de nouvelles perspectives. Elle permettrait de transformer l'édifice en un espace culturel plus adapté à la réception du public et offrant une plus grande capacité d'accueil et d'exposition.

La seconde orientation est complexe, notamment d'un point de vue patrimonial. En effet, ce choix impliquerait la reconfiguration totale du volume intérieur du bâtiment. Or le Fort reste l'un des édifices militaires de ce type les mieux conservés de France. (Bien sûr, chaque projet proposé sera soumis à l'avis de l'ABF et de l'ACMH).

Je pense qu'il y a deux questions fondamentales à se poser :
- les espaces intérieurs existants ont-ils vraiment un intérêt historique et architectural ?
- ou est-ce l'enceinte du Fort et son impact sur le site qui en ont?
A ce niveau là, les avis seront partagés. Toutefois, quelle que soit la réponse à ces questions, c'est le type de projet choisi qui permettra de trancher.

Pour ma part, je choisis la seconde orientation. Celle-ci m'amène à développer une problématique qui permettra de définir les bases de recherches concernant la conception architecturale du projet.

Problématique :

"Quels types d'activités pourraient être susceptibles d'apporter une solution à l'évolution de cet édifice?"
Le domaine du Mont Alban est un lieu très fréquenté, qui brasse tout type de population alors que le Fort du Mont Alban lui-même reste un édifice sans vie. A ce niveau, la nécessité de renforcer l'identité du bâtiment, devient l'un des paramètres principaux.

"Comment apporter un nouveau regard sur cet édifice?"
L'aspect 'respect du site sans le dénaturer' est à prendre en compte car l'implantation du projet s'effectue dans un quartier qui présente un fort passé historique. L'insertion d'un projet architectural dans un site tel que celui-ci mérite une attention particulière en terme de relation esthétique vis à vis de son environnement.

On pourrait aussi choisir le parti inverse, en ne se préoccupant pas de l'environnement afin de créer un impact architectural apte à marquer une différence. Ce parti est intéressant car il relève l'idée de la provocation et, donc, le sentiment de curiosité. Tout le monde ne réagit pas de la même manière mais le fait de provoquer une émotion par le biais d'une architecture, quelle que soit l'émotion, peut convaincre le public d'aller voir ce qu'il se passe à l'intérieur.

"Est-il nécessaire de s'insérer dans l'édifice ou au contraire de marquer la différence en provoquant un sentiment d'étonnement et de curiosité envers la population ?"
Le Fort du Mont Alban est classé monument historique. Une des difficultés principales du projet réside dans le fait de prendre les bonnes décisions en termes de choix du parti fondamental, qui guidera la conception du projet.

"Comment concevoir avec un bâtiment ancien ?"
De ces idées fondamentales découleront des choix structurels et architecturaux. Mon approche s'oriente vers des choix plutôt modernes, tout en respectant l'esprit historique de l'édifice. Ceci complexifie d'autant plus le projet, car il ajoute une difficulté supplémentaire, qui est d'intégrer une architecture moderne dans un bâtiment ancien.

Après un regard problématique sur l'ensemble du sujet, il en résulte une question essentielle :
"Comment créer un lien entre mémoire et modernité ?"

Comme je l'ai exposé auparavant, deux choix s'offrent à nous : soit garder l'intégralité (à la fois l'intérieur et l'extérieur), soit ne garder que l'enceinte extérieure. Il est important de souligner que recomposer l'espace intérieur de l'édifice historique ne veut pas dire que l'on ne conçoit pas avec le passé. Bien au contraire. En témoignent :

-Le Collège de France à Paris de Wilmotte et Huet : Temple du savoir, depuis sa création par François 1er, cet édifice a vu passer quelques beaux esprits de ces derniers siècles. Composé de bâtiments du XVIII° et du XX°, il a dû faire l'objet d'une nouvelle réhabilitation en 1996. Le but de celle-ci était d'augmenter les surfaces tout en préservant le bâtiment d'origine. Vu l'importance des superficies et la contrainte historique à respecter, les architectes ont opté pour une extension en sous-sol. L'enracinement du projet s'est fait par la prolongation des façades existantes sur une profondeur de 15m. Ainsi les espaces creusés en sous-oeuvre ont permis d'abriter deux amphithéâtres de 420 et 150 places, et un grand foyer de réception. (Jean-Michel Wilmotte Editions du Regard Auteur : Francis Rambert p50 ISBN : 2-84105-026-2

-Le Musée des Beaux arts de Lille de Ibos et Vitart qui passe pour être le plus remarquable des musées de Province en France. La particularité de ce musée, outre la restauration complète de l'intérieur, reste son extension située à l'extérieur du bâtiment avec un raccordement en sous-sol. Cette connexion invisible en surface crée le lien entre la partie ancienne et la partie moderne. (L'architecture transformée Editions Seuil Auteur : Kenneth Powell p200 ISBN 2-02-037201-0)

La présentation de ces trois références n'est pas innocente, car elles vont permettre d'orienter les choix et donner une première direction au projet.

L'identité du projet

Le cadre de vie et les paysages représentent l'identité et l'image de marque de la ville de Nice et sont aujourd'hui un atout de plus en plus important de son développement touristique. Il faut une activité muséographique avec un grand thème : le comté de Nice. Racontant à la fois, les grands thèmes de Nice comme l'histoire, la culture, le folklore, le tourisme, l'architecture, la peinture, la musique, la danse, le carnaval, la cuisine, le patois nissart, le foot, etc.

Le musée du Comté de Nice : Le potentiel d'un site et d'un bâtiment ancien

Tout d'abord, situé sur l'un des points les plus hauts de la ville (et peu desservi par les transports publics), le site dispose d'un emplacement de choix. Il est aussi l'un des lieux les plus arborés de la ville et proche du littoral. On y demande qu'à s'y arrêter mais aucune activité n'a été créée pour inciter le public à profiter du lieu. Le site et l'édifice désaffecté s'inscrivent tous deux dans un fort passé historique, à sauvegarder donc et à mettre en valeur, par l'intermédiaire d'une réhabilitation générale. En effet, le Fort dispose d'une superficie assez grande pour accueillir une partie des espaces développés dans le programme. Pour le reste des espaces, il y a la possibilité d'étendre le bâtiment existant sur la partie Sud, et en sous-sol. Par la suite, un parking pourra être aménagé en surface. Il sera de type minéral et arboré, avec des pergolas en bois, afin d'apporter un peu d'ombre.

Le musée du Comté de Nice : Nouveau pôle d'activités urbain

Le Musée du Comté de Nice devra offrir un espace ouvert sur la ville. L'une des ambitions du Musée est de constituer un nouveau centre de vie dans le quartier du Mont Alban, et dans la ville par la suite. Le musée entend redynamiser le parc et le Fort du Mont Alban, en invitant les promeneurs des alentours, touristes et Niçois, à se retrouver dans les nouveaux espaces mis à leur disposition.

Le musée du Comté de Nice : la programmation

La recomposition du volume intérieur du Fort va permettre de développer quatre niveaux d'expo, d'environ 200m² chacun, dont un en sous-sol grâce à des reprises en sous-oeuvre. Ces travaux vont donner lieu à une extension qui, elle, sera à l'extérieure du Fort et toujours souterraine. Le Fort et l'extension seront donc reliés par une sorte de tunnel d'expositions. Il fera office de cinquième espace d'expo.

L'extension sera dédiée à trois fonctions majeures :
- l'accueil du public, avec une boutique, des banques d'information. Une exposition permanente sur le Fort du Mont Alban. Les visiteurs pourront ainsi admirer l'épopée fantastique de ce Fort qui a résisté à toutes les attaques depuis plus de quatre siècles.
- l'administration du Musée
- les conférences et projections, le Musée pouvant ainsi accueillir toutes sortes de manifestations culturelles sur le thème du Comté de Nice

Mario Basso, janvier 2006

Lire également notre article 'La Gare du Sud de Nice : un monument historique à plus d'un titre'

Le temple de Nice - Réhabilitation du Fort du Mont Alban
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