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Le STAC : le béton à l'usage du design

© Cyberarchi 2019

L'innovation de Christian Tambon, fabricant marseillais, participe au retour du béton comme matériau noble d'architecture. Ainsi le STAC, fait de ciment béton et de bois, est en passe de devenir un élément prisé par les architectes, notamment pour l'aménagement intérieur commercial ou privé. Découverte.

 
 
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Le béton n'est pas qu'un simple matériau de construction. Le secteur du BTP en a certes usé (et parfois abusé) au point d'en avoir perdu toute noblesse dans l'esprit de nombre d'architectes et du grand public. Il n'en a pas toujours été ainsi. En témoigne les travaux de l'architecte Auguste Perret (1874-1954) ou encore Le Corbusier (1887-1965). Ces deux architectes considéraient au contraire le béton comme un élément 'noble', propre à magnifier leurs réalisations. Une vision avant-gardiste aujourd'hui reconnue puisque l'une des plus importantes applications d'Auguste Perret, le centre-ville du Havre, reconstruit après la seconde guerre mondiale, est candidat à un classement par l'UNESCO en tant que patrimoine mondial de l'humanité (pour plus de précisions sur Auguste Perret et le Havre, consultez notre article 'Le Havre de Perret, candidat au patrimoine mondial de l'UNESCO'), tandis que les travaux de Le Corbusier sont préservés par une fondation à son nom.

«Le STAC est une formulation composée à 80% de ciment béton, le reste étant un support en bois», explique le concepteur. «Je l'ai mis au point en m'inspirant du tadelak», un revêtement mural à base de chaux mélangée au ciment, issu du savoir-faire marocain. «Sauf que le tadelak ne supporte pas la dilatation et se fissure», précise Christian Tambon. «Le STAC supporte au contraire de fortes chaleurs et il se patine avec le temps».

Christian Tambon, basé à et originaire de Marseille (13), n'en est pas d'ailleurs à son coup d'essai. Au cours de son parcours particulièrement atypique - études aux Beaux-arts avec pratique du métal et des métiers du bâtiment pour devenir en 1987 un industriel spécialisé dans la transformation des mousses polyuréthanes, avant de se lancer en 1999 dans la conception de meubles provençaux -, ce dernier à déjà quelques innovations à son actif. Citons par exemple la création à la fin des années 80 d'un coussin, composé de matières viscoélastiques, destiné au milieu hospitalier.

Le STAC, matériau composite réalisé de manière artisanale, est plus léger que le béton traditionnel et offre une multitude d'applications. Ainsi, le matériau se présente, en premier lieu, sous forme de grandes dalles (90x90cm) pour le revêtement des sols. Disposant d'un brevet de l'Institut national de la protection intellectuelle (INPI), celles-ci «sont prêtes à coller», assure Christian Tambon. «La pose pour une pièce de 30 m² se réalise en une journée», assure-t-il.

Ce n'est pas le seul intérêt de ce produit puisque le STAC peut également servir pour la création de plans de travail pour cuisines, de revêtements muraux, notamment pour les salles de bain, ainsi que du mobilier moderne. Le tout sur mesure, décliné en six couleurs (gris, anthracite, noir, brique, beige et bronze) avec une variété de finitions, puisque le maître d'ouvrage ou le maître d'oeuvre peut opter pour une finition de surfaces «très lisse, agréable au toucher» ou encore choisir de mettre en valeur l'aspect 'brut' de la matière, «comme si elle était talochée», se réjouit le fabricant. «Les couleurs sombres sont les plus utilisées car le STAC en vient à ressembler à de la laque chinoise», constate-il. Avis à qui souhaite marier ambiance orientale et création contemporaine.

En matière d'utilisation justement, les projets utilisant le produit de Christian Tambon sont variés. En effet des aménageurs professionnels de magasins, banques, cabinets dentaires, et des particuliers à Nice (06), Paris (75), Cannes (06), Aix-en-Provence (13), en Corse et, bien sûr à Marseille, se sont déjà laissés convaincre, tant pour des dallages de sol que des revêtements de mur. Une boîte de nuit de Calvi en Corse a même utilisé le STAC pour l'aménagement complet de l'intérieur : sol, mur, tables et même... le bar.

Aujourd'hui, la SARL de Christian Tambon a conclut des partenariats avec des professionnels de la cuisine, de la salle de bain et des promoteurs de la construction puisque le STAC peut servir également à la réalisation de plans de travail et crédences pour cuisines, de consoles, de bacs de douche et des colonnes de douche pour salles de bain. D'autres applications restent sans doute à inventer en fonction de l'imagination des concepteurs et designers.

Seul écueil, la difficulté de faire passer le message d'une nouvelle matière en béton auprès du grand public. «Lors de sa sortie, le STAC n'a intéressé que les médias spécialisés et les architectes d'intérieur ; peut-être est-il encore trop tôt», concède Christian Tambon qui espère toutefois corriger la tendance avec l'ouverture d'un show-room dans la cité phocéenne. Pour l'instant, ses meilleurs clients restent les architectes puisqu'il travaille en collaboration, à ce jour, avec six agences rien que dans la région PACA. On peut faire pire en matière de prescriptions...

Christophe Leray

Pour plus de renseignements, concernant le STAC, cliquez ici.

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