• Accueil
  •  > 
  • Le rêve fabuleux de l'architecte Zoppini
Rejoignez Cyberarchi : 

Le rêve fabuleux de l'architecte Zoppini

© Cyberarchi 2020

De L'Ile à hélice de Jules Verne, écrit en 1895 à l'île d'AZ, il y a plus d'un siècle d'écart, un gouffre que l'architecte Jean-Philippe Zoppini, associé avec Alsthom, a allègrement franchi. De l'oeuvre d'imagination à la réalisation, il n'y a plus qu'un pas.

 
 
A+
 
a-
 

L'île d'AZ qui tient autant du paquebot de croisière que de l'île flottante, empruntant sa technologie autant à l'un qu'à l'une, est un projet monumental. Conçu comme un complexe touristique de 4.000 cabines, la base de cette île, d'un tirant d'eau de 12 mètres, a une forme ovoïde de 300m de large, 400m de long. Des structures hôtelières et de service surplombent, 78m au-dessus du niveau de la mer dans sa partie la plus haute, un lagon au centre de l'île, des ports accessibles à des ferries et aux voiliers de plaisance, des promenades (dont l'une d'un kilomètre de long) et un monorail. Ce coeur du projet de 10.000m² est un endroit de repos, de détente, de loisirs inondé de soleil.

L'île, qui compte gymnases, pistes cyclables, terrain de tennis, commerces, restaurants et tout ce que compte ordinairement une station balnéaire terrestre, pourrait accueillir jusqu'à 10.000 occupants.

Entièrement autonome, à l'image des grands navires de croisière, sa vitesse de déplacement est de 10 noeuds, lui permettant ainsi de s'écarter des zones dangereuses. Etudiée pour une sécurité maximum de ses occupants et du personnel, cette île artificielle peut résister à des conditions difficiles, affronter des vagues de 20m et résister à des typhons. Des conditions que l'on peut rencontrer dans l'océan Atlantique.

Elle préfigure, selon son concepteur, une nouvelle génération de structures flottantes utilisées pour les loisirs et pouvant se laisser glisser le long des côtes dans un total respect de la protection de l'environnement. En fonction de l'organisation des séjours, il est possible de rester amarré d'une semaine à plusieurs mois dans un site, avant de repartir vers d'autres destinations.

Le gouffre qui sépare maintenant l'oeuvre d'imagination de la construction, s'il ne sera pas franchi aussi facilement, n'est pas insurmontable.

Il met en exergue que le développement immobilier de nombreux sites (de Monaco, du Japon, de Singapour, de Hong-kong, de la Malaisie, du Bruneï, de la Floride, du Qatar, des Emirats arabes Unis, du Koweit, etc.) à travers le monde doit se faire sur la mer et en conclut que l'objectif de franchir toutes les étapes qui permettront de concrétiser un tel projet n'est donc pas utopique.

De fait, l'ensemble des constituants est composé d'éléments modulaires qui permettent, selon lui, un assemblage relativement simple. Le flotteur peut être réalisé dans les chantiers de SaintNazaire (44), par éléments de 30m par 40m. L'assemblage des 7 éléments de 400m constituant la base du navire se fait en pleine eau, dans un endroit protégé de la houle.

Les éléments architecturaux qui forment l'ossature extérieure du projet sont des éléments simples et répétitifs. La volonté étant, à partir d'éléments modulaires simples, de recréer de "très beaux espaces, de grandes transparences, des lieux d'intimités et de tranquillité afin de faire oublier l'importance de ce complexe hôtelier".

En effet, une étude de faisabilité réalisée par Alstom n'a pas fait apparaître de difficultés majeures de construction, sinon des problèmes de logistique et de maintenance inhérents, mais non irréalisables, à une structure de cette dimension.

Reste que le coût de construction n'a pas été chiffré par les Chantiers de l'Atlantique d'Alstom, pourtant maître en la matière (ils livreront en 2003 le Queen Mary 2, le plus grand navire de croisière jamais construit). Et si la viabilité économique du projet n'est pas avérée, Jean-Philippe Zoppini estime que ce gros navire, ancré au large des côtes, offrira de nombreux avantages et une capacité d'accueil importante dans le cas de certaines manifestations nationales et internationales à travers le monde qui devraient permettre sa rentabilisation.

Casino flottant, territoire offshore, condos de luxe ou résidence secondaire pour urbanistes en mal de vent du large, l'usage de l'île d'AZ peut être aussi multiple que le permet l'imagination. Enfin et ce n'est pas rien, Jean-Philippe Zoppini est en discussion avec un leader du BTP afin de monter un partenariat qui permettrait de réduire les coûts.

Prochaine étape, la réalisation de la maquette et de l'animation vidéo. Initialement prévues pour mars 2003 à l'occasion du salon Sea Trade de Miami, elles devraient être prêtes dès décembre prochain pour le salon nautique. "Quand on passe à la maquette, c'est qu'on n'est plus dans l'utopie", se réjouit Zoppini. C'est la preuve également qu'Alstom prend ce projet très au sérieux. L'île d'AZ n'est pas encore tout à fait réalité mais si Zoppini y est pour quelque chose, elle le sera bientôt. "Je me donne tous les moyens pour que ce projet aboutisse", conclut-il.

Lire également nos articles :
>> 'L'habitat flottant est déjà une réalité' ;
>> 'L'océan, nouvelle frontière de l'urbanisme'.

Christophe Leray

Le rêve fabuleux de l'architecte Zoppini
Le rêve fabuleux de l'architecte Zoppini
Le rêve fabuleux de l'architecte Zoppini
Le rêve fabuleux de l'architecte Zoppini
Le rêve fabuleux de l'architecte Zoppini
Le rêve fabuleux de l'architecte Zoppini
Mot clefs
Catégories
Article précédent  
Article suivant  
< Une  

Recevez la newsletter

CYBER