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Le nouveau musée d'art moderne de Lille (59), signé Manuelle Gautrand, prend forme

© Cyberarchi 2020

La restructuration - extension du musée d'art moderne de Lille à Villeneuve d'Ascq, conçu en 2001 par Manuelle Gautrand, commence à prendre forme. Le chantier, complexe, a débuté en septembre 2006 et ne sera achevé qu'en 2009. Mais le clos couvert de la partie neuve, destinée à recevoir une collection d'art brut, est quasi achevé. L'occasion de (re)découvrir ce projet.

 
 
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Le point de vue de l'architecte

Le programme comprend la restructuration et l'extension du Musée d'Art Moderne de Lille qui se situe à Villeneuve d'Ascq, dans un magnifique parc. Construit par Rolland Simounet en 1983, le bâtiment est aujourd'hui inscrit à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.

Le programme vise principalement à reconstituer une entité muséale continue et fluide, ajoutant progressivement au travelling de salles existantes, les nouvelles salles, dont le contenu sera réservé à une très belle collection d'Art Brut. Il vise ensuite à une restructuration complète du bâtiment existant, dont certaines parties qui nécessitaient une refonte assez complète.

L'architecture de cette extension vient donc se lover sur les flancs Nord et Est du bâtiment existant en un double éventail de longs volumes fluides et organiques : D'un coté l'éventail s'allonge en plis serrés pour abriter un restaurant donnant sur le patio central, de l'autre, il s'allonge en plis plus larges pour abriter chacune des cinq salles d'Art Brut.

Le souhait a été de ne jamais être "en concurrence" avec l'architecture de Roland Simounet, mais plutôt de la poursuivre, avec ses propres objectifs mais avec ma propre sensibilité : Le projet conserve les mêmes échelles de volumes, les mêmes principes d'accroche au sol, mais les interprète de manière libre.

Ainsi, grâce à l'espace disponible, aux contraintes programmatiques et à la volonté de constituer un petit monde à part, cette extension, en forme d'éventail ou de main, s'inscrit de manière fine dans les courbes de niveaux, pour constituer une sorte d'émanation de la topographie (R. Simounet utilisait d'ailleurs volontiers l'expression au plus près du sol).

Du coté du restaurant, l'extension avec son éventail de plis serrés permet un remaniement du patio, en assouplissant les relations du hall vers ces espaces de restaurant, de librairie et d'auditorium restructurés. L'idée était d'agrandir le bâtiment, mais aussi d'en rééquilibrer les fonctions, de redonner un nouveaux souffle à certains espaces devenus désuets ou sous-utilisés au fil du temps.

De l'autre coté, l'extension avec son éventail de larges plis abrite donc les salles d'exposition d'Art Brut. Dans cette partie située à l'est du bâtiment existant, toutes les salles du musée sont à présent reliées entre elles, partant de l'Art moderne, pour arriver sur l'Art Brut, en passant par l'Art contemporain, sans oublier des salles dossiers et des salles d'expositions temporaires qui s'articulent sur les autres.

Les salles d'Art brut cherchent à instaurer un rapport étroit avec le paysage, en même temps qu'un rapport adapté aux oeuvres : oeuvres atypiques, oeuvre fortes qui ne laissent pas indemnes. Ainsi, les salles forment ces plis qui les rendent moins raides et plus organiques, qui font découvrir au visiteur les oeuvres de manière progressive. L'architecture a dû s'introvertir quelque peu, pour protéger des oeuvre souvent fragiles qui nécessitent un très faible niveau d'éclairement.

Chaque extrémité de pli et donc de salle, vient chercher une grande vue magnifique sur le parc, moment de respiration bénéfique dans le parcours. Ce moment vient compenser la faible lumière naturelle des salles, en offrant tout à la fois un bain de lumière et une vue sur le parc et en rappelant aussi une des dispositions les plus généreuses de R. Simounet dans les salles existantes du musée. Les enveloppes sont sobres, béton brut et lisse, avec des modénature ou encore perforé pour protéger les ouvertures d'un trop grand soleil. Le béton est recouvert d'une lasure discrète mais nacrée dont les reflets changent de couleur suivant la lumière.

Propos de Lille Métropole, Maître d'Ouvrage de l'Opération

Le caractère exceptionnel du voisinage des trois collections d'art moderne, d'art brut et d'art contemporain avec des activités connexes est sans conteste la donnée centrale de l'extension du Musée d'art moderne.

Si la conception du Musée par Roland Simounet s'inscrivait clairement dans le contexte de la construction de la ville nouvelle de Villeneuve d'Ascq, la commande de l'extension du Musée s'inscrivait, en 2001, dans celui d'une métropole transfrontalière. C'est ce qui contribue à expliquer la jeunesse des équipes sélectionnées pour le concours de 2002 et ce qui a poussé Lille Métropole Communauté Urbaine à choisir le projet le plus audacieux, celui de Manuelle Gautrand, pour répondre au plus près à la commande :

  • présenter de manière permanente les collections d'art brut de la donation L'Aracine ;

  • développer les fonctionnalités et les espaces permettant la montée en puissance des expositions du Musée, sa démarche scientifique, pédagogique et culturelle ;

  • renforcer l'attractivité du Musée en améliorant la qualité d'accueil et le confort de la visite par la mise en place d'installations et d'activités ;

  • composer au plus juste avec l'architecture de Roland Simounet.

Plastiquement éloigné de l'architecture du Musée existant, le projet de Manuelle Gautrand en est paradoxalement proche par l'analyse attentive de la topographie du lieu et contribue au renouvellement de son image en lui ajoutant des qualités et des ambiances inédites.

Ainsi, le mouvement plissé de la résille de béton de Manuelle Gautrand qui prolonge la trame orthogonale de Roland Simounet constitue un geste architectural à la fois ample et discret. Le projet d'extension représente 3.200m² de superficie dont 2.700m² de surface utile. 1.100m² seront dévolus à l'art brut et 1.100m² seront consacrés aux expositions temporaires (ces dernières salles se répartissant à la fois sur le bâtiment de Roland Simounet et sur l'extension conçue par Manuelle Gautrand). Les espaces dédiés à la conservation des oeuvres occuperont quant à eux 1.000m² (réserves et autres ateliers de restauration, encadrement, mise en quarantaine).

Fiche technique

Les superficies
Parc : 23.000m²
Bâtiment de Roland Simounet : 7.800m²
Extension : 3.200m² dont 2.700m² de surface utile
Surface totale du Musée agrandi : 11.000m²
Salles d'art brut : 1.100m²
Salles d'art moderne : 950m²
Salles d'art contemporain : 600m²
Salles d'expositions temporaires : 1.100m²

Les coûts et financements

Le coût de la modernisation et de l'extension du Musée (chantier sous maîtrise d'oeuvre du groupement dirigé par Manuelle Gautrand) est estimé à 17M€ TTC valeur décembre 2000.

Le coût des mesures conservatoires et de la restauration (chantier sous maîtrise d'oeuvre du groupement dirigé par Etienne Sintive) est estimé à 3,8M€ TTC valeur décembre 2000.

Le coût du réaménagement du parc (chantier sous maîtrise d'oeuvre du groupement dirigé par AWP) est estimé à 1M€ TTC valeur décembre 2000.

Enfin, le coût des prestations effectuées sous maîtrise d'oeuvre interne est estimé à 2,1M€ TTC valeur décembre 2000.

Soit un coût final prévisionnel de 23,9M€ TTC valeur décembre 2000 pour l'ensemble de l'opération. LMCU a conventionné jusqu'à présent avec les différents financeurs pour recevoir en subventions 5.228.636,67€ : pour la rénovation du bâtiment inscrit à l'Inventaire : 1,1M€ du Département du Nord pour la modernisation et l'extension du Musée, 1,5M€ de l'Europe (FEDER), 1.503.266,67€ de la DRAC, 218.444€ du FNADT, 906.926€ du Département du Nord.

Consulter également notre album-photo 'Une matrice généreuse et subtile au service de l'art brut : scènes de naissance'.

Le nouveau musée d'art moderne de Lille (59), signé Manuelle Gautrand, prend forme
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