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Le Maroc veut mettre de la lumière dans Paris

Oualalou+Choi : Copyright 2020

 

Incongru, le projet de Centre culturel marocain à Paris (CCMP) ? Peut-être. On peut en effet comprendre que sa composition en damier interpelle les habitants du quartier. Il aura en tous cas le mérite, à sa livraison en 2018, d'insuffler de la vie dans « ce quartier un peu triste ».

 
 
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Tarik Oualalou, fils de l'ancien ministre et maire de Rabat Fathallah Oualalou, a choisi un mélange hybride entre les architectures marocaine et française. Ce futur centre culturel sera composé « de cubes translucides en décrochement, avec effet de damier lumineux », décrit l’architecte. D'où l'idée d'un Rubik’s Cube repris dans la presse et par les habitants du quartier.

L’agence Oualalou+Choi (New York, Paris, Casablanca) a choisi d'élever sur les 1.360 mètres carrés de la parcelle un bâtiment de huit étages sur dix mètres de large avec des plans inclinés et divers degrés d’opacité. En façade, un revêtement de verre en damier vient faire pénétrer la lumière.

 

Ruelle médiévale

 

Le Centre Culturel du Maroc à Paris (CCMP) souhaite faire rayonner la culture marocaine contemporaine et animer la production culturelle de la communauté Marocaine en France. Trait d’union entre les deux pays, il jouit d'un emplacement idéal en plein coeur du quartier latin, au 115 boulevard Saint-Michel (5e).

Il fallait contourner les architectures « symboliques et anachroniques ». Les concepteurs se sont donc « intéressés à des expériences communes dans la grande tradition architecturale et urbaine marocaine et le tissu parisien ». Point d'ancrage, commun aux deux cultures : la ruelle médiévale, « c’est à la fois un passage mais aussi une expérience spatiale de compression et de verticalité. » Le bâtiment devient territoire traversé, le rez-de-chaussée étant dédié aux galeries d’exposition.

La tradition savante de l’architecture marocaine, explique l'agence, est aussi une réflexion intime sur la composition de l’espace par l’agencement de ses parties, du motif de la surface, à la pièce, au bâtiment et à la ville : la ville est une maison et la maison est une ville. Ce qui se traduit par « l’accrétion d’une dizaine de volumes qui s’articulent à la fois dans la profondeur de la parcelle et dans la verticalité. »


Incongru

 

L’historien d’art et d’architecture François Loyer a qualifié le projet d’incongru. Critique reprise par la Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France (SPPEF). Quant aux ABF, les Architectes des Bâtiments de France, ils espéraient voir quelques aménagements apportés.

Tarik Oualalou rassure : le projet a reçu le soutien de l’État, de la préfecture, de la Ville de Paris, de l’arrondissement, et même de l’Académie d’Architecture, « et ne soulève aucune remarque de la part des Architectes des Bâtiments de France, ni de la commission du Vieux Paris ». Il n'y aura donc pas d'aménagement à la version du projet présenté mi-février à l'Institut du Monde Arabe (IMA).

Jusqu’aux années 80, le 115 Bd Saint-Michel abritait le siège de l’Association des étudiants musulmans nord-africains (AEMNA). Vétuste, le bâtiment actuel sera démoli au profit du nouveau projet.

 

Maîtrise d’ouvrage: Ambassade du Maroc à Paris 

Maîtrise d’oeuvre: OUALALOU+CHOI

Lieu: 115 Bd Saint-Michel, Paris 75005

Surface: 1.360 m2 

Budget: 7M€

Livraison : 2018

 

Laurent Perrin

 

Centre culturel marocain
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