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Le LMD ne peut s'envisager sans l'indispensable contribution des praticiens

Le 1 juin dernier, les responsables des instances de l'Ecole d'Architecture de Toulouse (EAT) signaient un texte qui prenait une position claire dans le débat sur le LMD. Ils estiment en effet que, dès lors qu'une décision politique impose un an de plus au cursus dans le cadre de la maîtrise d'oeuvre, les praticiens, «incontournables», doivent être associés à cette mesure. Tribune.

 
 
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· 1) l'EAT milite depuis l'éclatement de l'ENSBA en 1968 contre l'isolement de l'enseignement de l'architecture vis à vis de l'enseignement supérieur et pour son rapprochement avec le monde universitaire. C'est la raison pour laquelle l'école s'est positionnée pour la mise en oeuvre de la réforme L.M. D dans son intégralité.

· 2) Tout au long du processus de concertation initié à Rouen en novembre 2002, le souci constant exprimé par l'EAT a été que les grades L, M et D ainsi que les diplômes qui seront attribués dans le domaine de l'architecture ne souffrent d'aucune différence de valeur et de reconnaissance avec leurs homologues délivrés par les universités françaises et européennes. À cet égard, l'EAT n'a cessé de dénoncer en particulier la formule ambiguë et dévalorisante « valant grade de ».

· 3) Au plan des objectifs de la formation sur cinq ans aboutissant au Master d'architecte, l'EAT s'est prononcée pour que les contenus dispensés tout au long du cursus intègrent l'ensemble des éléments conférant les compétences ne dissociant pas conception de réalisation en architecture.

C'est la raison pour laquelle l'école a manifesté son opposition à l'établissement d'une 6ème année, qui aurait également pour conséquence d'affaiblir la valeur du master. Nonobstant, la décision politique ayant été prise par la DAPA de mettre en place une formation à la capacité à exercer la maîtrise d'oeuvre en architecture, l'EAT a alors exprimé son point de vue qui consiste à distinguer - dans l'offre de formation diversifiée - les formations de 3ème cycle de spécialisation
(Master de 2ème niveau) de la préparation à la capacité d'un exercice professionnel spécifique.

Dans cette logique et de l'avis de l'EAT, cette préparation devrait être conduite dans le contexte d'un partenariat étroit avec le monde professionnel, impliquant celui-ci à tous les niveaux de la formation et de la délivrance de la reconnaissance de cette capacité, et sans confusion avec les modalités académiques de délivrance de crédits et de diplômes. A cet égard l'EAT a fait des propositions de modifications du projet d'arrêté à la capacité à exercer la maîtrise d'oeuvre, ayant pour objet de marquer le caractère spécifique de cette formation et d'alléger le poids de l'encadrement.

· 4) En ce qui concerne la voie conduisant à la préparation du doctorat (le D de la réforme), l'EAT s'est constamment prononcée pour que les textes de la réforme, d'une part permettent aux écoles de délivrer un master recherche, d'autre part que les formations se déroulent dans le cadre des écoles doctorales interdisciplinaires en partenariat avec les universités et autres grandes écoles habilitées.

Dans ce contexte, l'EAT a toujours exprimé un scepticisme prononcé à l'encontre du concept d'école doctorale spécifique en architecture qui aurait pour conséquence d'enfermer et marginaliser la recherche architecturale en la coupant de l'ensemble de la communauté scientifique.

· En conclusion, l'EAT s'est associée sans ambiguïté au processus de réforme engagé par la DAPA, en affichant dès le premier jour une position politique qui lui paraissait ambitieuse et cohérente avec les attendus du LMD, éloignée de tout corporatisme et de maintien du simple statu quo. Elle a ainsi exprimé dans un but constructif - au gré des rencontres, des débats et des projets de texte - son accord et désaccord sur chacun des points cruciaux traités au plan national.
Longtemps isolée dans sa conception de la réforme, l'EAT constate aujourd'hui que nombre d'écoles commencent à réagir et à défendre des points de vue similaires à ceux qu'elle avance depuis dix huit mois.

Le rapprochement avec l'enseignement supérieur ne peut être pour l'architecture synonyme de perte d'identité, la création de filières doctorales ne saurait se concevoir dans un splendide isolement, l'introduction du droit à exercer la maîtrise d'oeuvre ne peut s'envisager sans l'indispensable contribution des praticiens.

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