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Le collège néerlandais retrouve sa jeunesse

Paul Raftery : Copyright 2017

 

Après quatre années de restauration, le Collège néerlandais, édifice emblématique de la Cité internationale universitaire de Paris, a été inauguré. Imaginé par l’architecte Willem Marinus Dudok en 1927, l’enjeu de cette restauration était de « redonner au monument son lustre d’origine ».

 
 
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Le Collège néerlandais est la seule réalisation en France de Willem Marinus Dudok, l’un des architectes les plus éminents de l’école hollandaise de l’entre-deux-guerres.

Situé en limite nord-ouest de la Cité internationale, le bâtiment d’une surface de 6 731 m² répartie sur 7 étages dans l’aile nord, 5 étages dans l’aile ouest, est un quadrilatère dont les façades nord et ouest bordent le boulevard Jourdan et la rue Emile Faguet.

« Sa forme orthogonale, son imbrication de volumes géométriques et son dépouillement décoratif en font un témoignage majeur courant architectural moderniste des années 1920 », peut-on lire dans un communiqué de la Cité internationale universitaire de Paris.

Quelques éléments renvoient également à la culture néerlandaise comme la tour d’angle qui évoque « les beffrois médiévaux des villes du nord des Pays Bas ».

A l’intérieur du bâtiment, deux patios constituent un véritable « piège à lumière » et offrent des ambiances chaleureuses qui contrastent avec l’austérité des façades.

 

Redorer l’image de ce bâtiment emblématique

 

L’intérêt des architectes pour ce bâtiment ne date pas d’hier. Dessiné en 1927 par l’architecte Willem Marinus Dudok, il a été inauguré en 1938.

En 1998, l’agence d’architecture néerlandaise Van Hoogevest a réalisé une importante étude monographique du bâtiment intitulée « DUDOK in Parijs/à Paris » grâce à l’appui financier du ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas. Ce nouvel élan d’intérêt aboutit au classement au titre des monuments historiques du Collège néerlandais en mars 2005.

En 2011, sa restauration a été confiée à Hervé Baptiste, architecte en chef des monuments historiques, puis à partir de juillet 2013, à Radu Medrea et Marc Ferauge, architectes du patrimoine, en coopération avec un comité scientifique franco-néerlandais.

Si les travaux de restauration ont duré quatre ans, le projet aura nécessité une période d’études, de recherches et de diagnostics de plus de quinze ans : le « temps archéologique » du chantier.

« Cette étape est indispensable avant la restauration de tout monument historique pour fournir aux maîtres d’œuvre une connaissance approfondie du bâtiment », précise la Cité internationale.

« Elle a permis de comprendre la genèse du bâtiment, c’est à dire l’histoire de sa production dans le contexte culturel de l’époque, et de comprendre les orientations programmatiques initiales de l’architecte », ajoute-t-elle.

 

Conserver les caractéristiques d’origine

 

L’un des objectifs du projet de restauration était de redonner au bâtiment ses caractéristiques d’origine conformément au projet de Dudok.

Les travaux, d’un coût de 21 millions d’euros, ont compris la restauration complète du bâtiment, incluant les façades, les toitures et les espaces extérieurs, ainsi que la réhabilitation des espaces intérieurs (chambres et espaces communs).

Les menuiseries extérieures en PVC ont été remplacées par des menuiseries métalliques. L’ensemble des façades et des soubassements a été restauré, et l’étanchéité des terrasses a été reprise.

Concernant les chambres, le mobilier dessiné par Dudok, a été restauré, en partie sur place. Les travaux ont permis d’accroître la capacité d’accueil de la résidence de 134 à 141 logements, dont 7 accessibles aux personnes à mobilité réduite.

Les baguettes filantes qui font partie du décor des chambres étaient à l’origine peintes ou en bois naturel. Les architectes ont ajouté de nouvelles baguettes autour des cabines de douche intégrées au volume de la chambre. La même démarche a été adoptée pour les garde-corps ou l’escalier de secours sud nouvellement créés.

Outre la mise en conformité des locaux et équipements par rapport aux règles de sécurité, cette réhabilitation a amélioré le niveau de confort des chambres (sanitaires privatifs, électricité, internet, acoustique etc.), et le fonctionnement des espaces communs.

Des cuisines plus spacieuses ont également été créées afin de favoriser les échanges entre les étudiants.

 

Ce projet d’envergure a été financé par le Royaume des Pays-Bas, le Ministère français de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le Ministère de la Culture et de la Communication, la Région Île-de-France, la Fondation nationale de la Cité internationale universitaire de Paris, ainsi que de nombreux mécènes.


R.C

 

 

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