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Le chantier du grand stade du Havre rentre dans la dernière ligne droite

© Cyberarchi 2020

60 ans après la reconstruction du stade Jules Deschaseaux, endommagé par les bombardements de la seconde guerre mondiale, l'agglomération havraise achève au pas de course une nouvelle enceinte sportive.

 
 
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Plus que 2 mois avant la livraison du nouveau stade du Havre. En tout et pour tout, 44 mois seulement auront été nécessaires pour mener à bien ce projet d'équipement sportif présenté comme le premier stade français à énergie positive par la CODAH, la Communauté d'agglomération havraise, son principal contributeur financier. Et le temps presse encore. L'inauguration est prévue pour le 12 juillet alors que l'équipe de France de football affrontera l'Uruguay le 15 août, en match amical.

Des délais quasiment incompressibles

« 02 octobre 2008 : date de la délibération entérinant le choix du site et une procédure de conception-réalisation. 16 juin 2009 : remise des offres par les différents groupements en lice. 30 octobre 2009 : dépôt du permis de construire. 07 juillet 2010 : ordre de service pour le début des travaux. ». Jean-François Caux, directeur du projet pour la maîtrise d'ouvrage, est incollable sur le planning et l'organisation. La durée du chantier ? « 430 jours ouvrés. Ce qui représente des délais quasiment incompressibles », précise-t-il encore. On l'aura compris, le projet de la nouvelle enceinte sportive principalement destinée à accueillir les matches de l'équipe de football locale, le Havre Athletic Club (Le HAC), est une affaire rondement menée. Jean-François Caux l'assume : « La vitesse est primordiale ». Et d'ajouter que « tout est une affaire de méthodologie ».

Côté spectacle, les supporters havrais n'auront pas trop à regretter leur ancien stade Jules Deschaseaux de 1951, nonobstant la présence de tribunes dans les virages. Le choix s'est porté sur une typologie « à l'anglaise », autrement dit sur un stade où « les gradins suivent au plus près les limites du terrain » selon la définition avancée par Jean-François Caux. « Il n'y a pas de piste d'athlétisme, l'aire de jeu se trouve au même niveau que le spectateur le plus bas, rien ne sépare l'équipe de son public, il n'y a ni fosse ni grillage », indique-t-il. Sur place, le résultat est probant : la vision est excellente en tout point sans pour autant ramener chaque place assise à la même valeur contextuelle, grief si souvent porté à l'encontre des grands stades multifonctionnels où les spectateurs, qu'il soient situés en haut ou en bas, ont toujours le sentiment de se trouver au même endroit, ni loin ni proche de l'action mais en dehors d'elle.

Couleurs froides pour ambiance chaude

L'atelier d'architecture SCAU, qui compte à son actif la conception du Stade de France auquel on reproche justement sa tiède ambiance, a en quelque sorte pris sa revanche sur l'Histoire. Associé au sein du groupement à KSS Architects, une agence dont la nationalité britannique tombe à point, SCAU a dessiné un stade havrais qui présente de nombreuses similitudes avec le Stade du Hainaut de Valenciennes inauguré l'année dernière. Même budget : 80 millions d'euros HT environ. Même capacité d'accueil : 25.000 personnes. Même opacité de l'enceinte sportive hormis la transparence du niveau d'accès : couverte d'écailles en inox à Valenciennes, mais constituée d'une simple peau en ETFE tendu qui arbore, au Havre, les couleurs bleu clair et bleu marine de l'équipe du HAC.

Jean-François Caux ne cache pas sa satisfaction devant l'ouvrage bientôt terminé : « Les prestations et les dispositions spatiales sont de qualité. Installée au dernier niveau sous une partie singulière de la toiture, la presse dispose par exemple d'un bel espace dédié qui lui permet de rejoindre la zone mixte sans se mélanger au public ». Energie positive et gestion rigoureuse du budget obligent, les salons de réception ne bénéficieront pourtant pas de la climatisation et les supporters se laveront les mains à l'eau froide. « Mais était-ce bien indispensable ? », interroge-t-il. Le nouveau stade du Havre est une affaire de choix tout autant qu'une affaire de méthodologie. Et la réussite se juge aussi à l'aune du budget et des délais. La balle est désormais dans le camp de l'équipe du HAC, qui peine à s'extraire du milieu de tableau de la ligue 2 mais qui, dès l'année prochaine, bénéficiera d'un équipement idoine et de quoi refroidir les ardeurs des partisans des équipes adverses avec des ambiances lumineuses dont les températures de couleur atteindront ponctuellement les 14.000 kelvins.

Tristan Cuisinier

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