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Le Centre Pompidou retrace l’œuvre révolutionnaire de Frank Gehry

Frank Ghery : Copyright 2020

Pour la première fois en Europe, le Centre Pompidou présente une rétrospective complète de l’œuvre de Frank Gehry. Une occasion exceptionnelle de mieux comprendre l’œuvre de l’architecte alors que deux projets relancent sa présence en France : la Fondation Louis Vuitton à Paris, qui ouvrira ses portes le 27 octobre, et la Fondation Luma à Arles, dont la première pierre a été posée il y a quelques mois.

 
 
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Les bâtiments de Frank Gehry intriguent et préservent une part de mystère. Au-delà des formes complexes, les tentatives pour comprendre la genèse de leur mise en forme semblent relever d’une gageure, tant les références sont multiples et mêlées. L’exception architecturale, ou l’univers spectaculaire et indicible des projets de l’architecte qui échappe aux conventions, appelle la métaphore. Pour le plus connu de ses projets européens, le Guggenheim de Bilbao, l’architecte californien d’origine canadienne avait par exemple réalisé un musée semblable à un cargo, dont les vêtures en écailles de titane paraissaient inspirées par son travail sur la forme organique du poisson, figure récurrente de son œuvre maintes fois déclinée dans un registre décalé, aussi bien pour la construction d’un restaurant à Kobe que pour l’aménagement d’une partie du front de mer de Barcelone.

Faire comprendre l’œuvre de Frank Gehry est pourtant le rôle que se sont assignés Frédéric Migayrou et Aurélien Lemonier, commissaires de l’exposition du Centre Pompidou qui se déroule jusqu’au 26 janvier 2015. Pour ce faire, ils ont découpé son travail en six périodes clés et ont réuni, des années 60 à aujourd’hui, 225 dessins originaux et 67 maquettes. Jamais jusqu’à présent, une rétrospective n’avait rassemblé un si grand nombre de projets pour relire et restituer cette écriture architecturale singulière.

Six périodes clés

De 1965 à 1980, durant la période nommée « élémentarisation-segmentation » par Frédéric Migayrou et Aurélien Lemonier, Frank Gehry décompose les géométries élémentaires du bâtiment comme à la Danziger house à Los Angeles. A partir de 1980, les volumes éclatent et s’autonomisent jusqu’à produire des « villages » de boites. Le concept est celui d’un bâtiment pour chaque pièce du programme (one room building).

De 1990 à 2000, refusant le collage du postmodernisme, l’architecte s’engage dans deux voies parallèles. La première, nommée « fusion-interaction » agrège les volumétries (Vitra Museum de Weil-am-Rhein, en allemagne). A l’inverse, la seconde, nommée « tension-conflit » les met en pression et en opposition (Walt Disney Concert Hall à Los Angeles).

Durant la période 2000-2010, passé maître dans la production d’espaces interstitiels complexes, Frank Gehry explore les notions de flux et de continuité des enveloppes comme au DZ Bank Building de Berlin. Enfin, la période de 2010 à 2015 montre une recherche sur la singularité de l’objet et l’unité architecturale (IAC Building à New-York).

Un grand urbaniste

Mais l’un des aspects les plus intéressants de l’exposition réside dans les deux thèmes qui recouvrent l’exploration chronologique : le calcul informatique et l’urbanisme. Relativement connu, le premier thème transversal montre comment Frank Gehry s’est confronté au problème de modélisation de ses surfaces complexes en utilisant le logiciel Catia, issu de l’aéronautique, puis en développant son propre outil informatique grâce à sa filiale Gehry Technologies (Digital Project). Moins connu, le second thème aborde la vision de la ville de l’architecte. A ce sujet, Aurélien Lemonier déclare : « Frank Gehry est d’abord un urbaniste. Dès les années soixante, en Californie, il a abordé la question de la rénovation urbaine. On ne peut pas comprendre le travail de Gehry sans comprendre son travail sur l’urbanisme. »

De fait, à Bilbao, c’est bien Frank Gehry qui a choisi l’emplacement du musée Guggenheim sur une friche industrielle. A Prague, le Nationale-Nederlanden Building, aussi déstructuré soit-il, vise à connecter les quartiers. A Los Angeles, les interstices spatiaux du Walt Disney Concert Hall intensifient l’énergie urbaine, sa circulation et ses flux. Selon Frédéric Migayrou et Aurélien Lemonier, « l’architecte s’est toujours opposé à l’identité inerte, figée de l’objet architectural. "Ses sculptures" se greffent parfaitement à la ville. » Et d’ajouter que deux éléments essentiels fabriquent l’univers de Gehry : « Cette recherche sur la forme, extrêmement technologique, et cette vision urbaine qui permet que le projet soit réussi. »

Tristan Cuisinier

Plus d'infos : Frank Gehry, exposition jusqu’au 26 janvier 2015, galerie sud, niveau 1 du centre Pompidou, à Paris 4 - de 11h00 à 21h00 sauf le mardi – Tarif « musée & exposition » : 10- 13 euros

Le Centre Pompidou retrace l’œuvre révolutionnaire de Frank Gehry
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