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L’art de Bernard Ropa et l’essai transformé du nouveau Méliès

Luc Boegly : Copyright 2019

À Montreuil, commune limitrophe de Paris, le Méliès qui ne comptait que trois salles de cinéma a été entièrement reconstruit sur une nouvelle parcelle, face à la Mairie. Ce cinéma d’art et d’essai est présenté comme « le plus grand cinéma public d’Europe. »

 
 
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L’attente fut longue et l’aventure fut douloureuse, mais, depuis le 19 août 2015, Montreuil possède son nouveau Méliès, un cinéma de six salles classées art et essai avec les labels « recherche et découverte », « jeune public » et « répertoire et patrimoine ». Après une gestation de près de 11 ans, ce projet municipal – qui a notamment fait l’objet d’une contestation en justice par UGC et MK2 pour concurrence déloyale – a pris forme sur la place Jean Jaurès, face à l’Hôtel de Ville et au Centre dramatique national de Dominique Coulon. Une adresse idéale, en périphérie du complexe commercial érigé par l’architecte Dietmar Feichtinger dans le cadre de l’opération Cœur de Ville.

 

Ce sont Bernard Ropa et ses associés, lauréats d’un concours en 2010, qui ont été chargés d’aménager ce cinéma de 4700 m2 dans une « coque froide » construite par l’agence de Feichtinger et achetée en VEFA par la Ville de Montreuil. Un volume brut non isolé, enveloppé d’une peau en polycarbonate de 10 mm d’épaisseur, dans lequel l’architecte montreuillois, inspiré par la nature expérimentale de la programmation cinématographique, a imaginé un univers aux antipodes d’un multiplexe.

 

« L’envers du décor »

 

Déroutant, le hall d’entrée résume l’ambiance de l’équipement qui, par la justesse et la richesse de ses matériaux bruts, évoque un atelier de fabrication et propose une expérience spatiale originale. Sans crainte du symbole, un dôme géodésique sérigraphié, réalisé par l’artiste Hans Walter Müller, est suspendu au centre de ce vaste hall cubique qui mesure 14 mètres de côté. Il représente une lune géante, référence explicite au film de 1902 du pionnier des effets spéciaux, Georges Méliès, qui, hasard de la géographie, avait fait construire le premier studio français de cinéma à quelques hectomètres de là.

 

L’enveloppe à la lumière diaphane a été renforcée thermiquement et acoustiquement par une seconde peau intérieure en polycarbonate de 40 mm d’épaisseur. L’ossature originelle en acier a été complétée par une structure en bois pour supporter de nouvelles surfaces de plancher. Apparente et ostentatoire, cette structure en lamellé-collé traduit une volonté de s’intéresser à l’essentiel, de montrer « l’envers du décor ». Un parti pris très éloigné de celui du monde décoratif, fantasmé et fini des Gaumont d’Ora-ïto, par exemple.

 

« Lieu des possibles »

 

Mais cette mise en valeur des éléments constructifs, gage d’une certaine vérité spatiale, a été volontairement brouillée par l’architecte qui a fabriqué des lieux peu lisibles, constitués d’une grande juxtaposition de matières et de mises en œuvre. Un « film d’auteur » ne se livre pas facilement. Pourquoi en serait-il autrement d’un cinéma d’art et d’essai ? À l’image du Lucernaire du sixième arrondissement de Paris, le Méliès est pensé comme un grand bouillon de rencontres et de cultures où le contenant, marginal et sans règle absolue, s’affirme symboliquement et spatialement comme « le lieu des possibles ».

 

Un mur toute hauteur du hall d’entrée est ainsi recouvert d’un troublant miroir qui renvoie l’image de l’escalier et de la place Jean Jaurès. Le plafond tendu réfléchissant de la « nef centrale » du premier étage démultiplie les passerelles et la coursive d’accès aux salles de cinéma. La structure en bois, elle-même, est composée de poutres dédoublées - dont certaines sont étagées comme dans un temple japonais - qui viennent « moiser » les poteaux. Quant au programme, il est riche d’un restaurant associatif, d’un espace pédagogique pour les enfants et même d’une petite bibliothèque où, sans passer par la case billetterie, les visiteurs peuvent consulter plusieurs centaines de livres…

 

Tristan Cuisinier

 

Fiche technique :

 

Maîtrise d’ouvrage : Communauté d’agglomération Est-Ensemble

Maîtrise d’ouvrage déléguée : Ville de Montreuil

Architecte d’intérieur et maître d’œuvre d’éxécution : Ropa & associés / Nadia Lory, chef de projet études / Laurent Blondel, chef de projet chantier

BET : SAS Mizrahi (structure, TCE), Jean-Paul Lamoureux (acousticien), CAV (scénographe)

SHON : 4 689 m2

Montant des travaux : 9,5 M€ H.T. + 4,57 M€ H.T. (achat de la coque froide en VEFA)

Calendrier : septembre 2010 (concours), septembre 2013 (démarrage du chantier), août 2015 (livraison)

L’art de Bernard Ropa et l’essai transformé du nouveau Méliès
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