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L’architecture fantastique de Stéphane Maupin

© Julien Labrosse : Copyright 2019

 

Certains la qualifient d’atypique, d’autres d’excentrique, une chose est sûre : l’architecture de Stéphane Maupin ne laisse pas indifférent. Mais est-ce vraiment volontaire ? Bienvenue dans le monde merveilleux de l’architecte.

 
 
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Dans l’agence de Stéphane Maupin au 8, rue d’Enghien, tout est ordonné et organisé. C’est dans cet environnement calme que l’architecte nous livre ses impressions. Tout d’abord sur son travail mais aussi sur la production architecturale et urbaine qui l’entoure.

 

Le résultat est une conséquence

 

Parler de soi n’est pas dans les habitudes de Stéphane Maupin, pourtant quand on regarde son architecture, on peut être tenté de croire à l’inverse. Malgré tout, l’architecte reste assez discret. Mais pourquoi donc des réalisations qui tranchent autant avec le reste ? La réponse de Stéphane Maupin est sans équivoque : il s’agit d’une réponse aux diverses exigences qu’elles soient de la part des maîtres d’ouvrage, des utilisateurs des lieux ou tout simplement en accord avec le terrain. Nous apprenons ainsi que la forme ou même les couleurs de ses projets sont la conséquence de discussions tenaces et non pas un « coup de folie » d’un architecte qui tente coûte que coûte à affirmer sa personnalité.   

Parlons du projet parisien de pôle de formation des métiers de la voie, une réalisation coincée entre un canal, des entrepôts et le périphérique, un environnement atypique et un décor particulier mais surtout des données pratiques qui ont poussé l’architecte à élaborer une forme qui sied au contexte. Et puisque le bâtiment regroupe divers programmes sur six étages, la tâche de trouver une unicité était loin d’être gagnée. « Je ne souhaitais pas réaliser un édifice en verre comme des bureaux » raconte Stéphane Maupin qui a fini par trouver l’inspiration dans une forme triangulaire où chaque métier des voies a trouvé son étage dédié. Même la présence de l’hélice sur le toit est expliquée. Non, il ne s’agit pas de la lubie d’un architecte qui veut à tout prix sortir des normes mais plutôt la réponse énergétique que le propriétaire convoitait. La construction a été nommée au prix européen Mies Van Der Rohe 2011 et a été lauréate du Green Good Design 2013.

 

Le résultat est un cheminement

 

Changeons de registre et allons à la découverte du projet qui consiste à superposer un foyer de jeunes travailleurs (128 chambres et quelques locaux collectifs) sur le squelette d’anciens bâtiments qui se trouvent le long du boulevard Macdonald à Paris. « Je voulais faire un panier à frites » souligne l’architecte avec le plus grand sérieux. En effet, le projet qui forme un volume régulier sur cinq niveaux a fini par subir divers changements dès la conception jusqu’à la réalisation. De ce fait, la façade du foyer des jeunes travailleurs, qui aujourd’hui détonne par sa présence, est composée à partir d’un motif répétitif inspiré de fleurs et de damiers. Un hasard ou un coup de tête ? Ni l’un, ni l’autre répond l’architecte qui explique que la diversité des couleurs, des formes et des finitions est due encore une fois à l’évolution du projet. Une évolution spectaculaire dont l’artiste explique les causes avec dextérité. Ce cheminement changeant ne serait-ce pas finalement le sort de tout projet architectural voire urbain? En effet, l’architecte est l’exécuteur d’un programme réglementé qui devrait répondre à certaines demandes en respectant les normes actuelles. Toujours est-il que l’image que renvoient certains projets de Stéphane Maupin peut être trompeuse. Aussi différente qu’elle soit son architecture, l’homme de l’art ne cherche pas la révolution.

Et que dire de l’immeuble d’habitation singulier en forme de M que l’architecte a signé à Paris ? Caractérisé par deux façades à gradins qui se font face, l’ensemble est adossé au cimetière des Batignolles, un lieu atypique où dix équipes d’architectes ont eu pour mission la réalisation d’immeuble de logements sociaux. Encore une fois, l’architecture de Stéphane Maupin se démarque par son originalité. Et, encore une fois, la réponse au programme est radicale. N’empêche que, mis à part la triple orientation et le confort standard, le projet octroie une généreuse terrasse privative à chaque famille. 

 

Le résultat d’un parcours édifiant

 

L’architecte, diplômé également de l’UPMC (L'université Pierre-et-Marie-Curie), a passé un an à Los-Angeles pour peaufiner son Master en Architecture et a donné de nombreuses conférences aux quatre coins du monde. Il enseigne aujourd’hui à l’école supérieure d’architecture Paris Val de Seine (ENSAPVS) et ne nous cache pas qu’il aimerait bien changer certains préceptes en apportant des nouveautés dans le monde enseignant. L’homme, qui s’est installé au Japon grâce au programme Villa Médicis Hors les murs et a travaillé pendant trois ans pour Philippe Starck, a fini par fonder sa propre agence avec une équipe de cinq architectes. Un parcours édifiant tout aussi original qui a probablement forgé son caractère. Ce dernier se révèle par moments dans les réalisations de l’agence mais surtout à travers les diverses propositions. Des suggestions osées qui s’éloignent de la standardisation architecturale ambiante.

Stéphane Maupin revendique une architecture fantastique conçue et orchestrée par l’Architecte avec un grand A. De l’égocentrisme ? Non, il s’agit plutôt de la passion vis-à-vis à une discipline qui, selon lui, perd petit à petit ses atouts. Pendant ce temps, le monde merveilleux de Stéphane Maupin est peuplé de belles intentions.

 

Sipane Hoh 

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