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La réhabilitation de la tour Ariane ne manque pas de profondeur

© Cyberarchi 2021

Alors que la problématique de la rénovation des tours d'ancienne génération, à La Défense en particulier, est aujourd'hui un vrai sujet, les architectes Silvio Petraccone et Michel Vodar ont montré à quel point, malgré des défis techniques particulièrement contraignants, quelques interventions bien conçues pouvaient redynamiser une tour désuète. Dossier.

 
 
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"Evidemment la tour fonctionnait - 4.000 personnes devaient entrer et sortir de la tour tous les jours - et il nous a fallu trouver des solutions assez habiles je dois dire", explique, sans forfanterie, l'architecte Michel Vodar. Une habileté cependant issue d'une longue collaboration avec Unibail, ainsi qu'avec d'autres groupes (Generali Immobilier, GE Real Estate), concrétisée par de nombreux projets de rénovation d'immeubles à Paris, puis, à La Défense (la tour Europe, la Fondation Polytechnique et, aujourd'hui, la tour Ariane). "Nous sommes devenus spécialistes de ces histoires d'entrée et de la valeur symbolique d'un hall", ajoute-il en souriant.

Un peu d'histoire. Edifiée en 1972 par l'architecte Jean de Mailly (1911-1975), en collaboration avec Robert Zammit, la tour Ariane, 57.000m² de bureaux, est emblématique de la première génération des tours de La Défense. Située au coeur de l'axe historique de l'Esplanade de La Défense, la tour Ariane bénéficie d'une forte visibilité, particulièrement à partir de la Place de l'Etoile. Propriétaire de la tour, Unibail-Rodamco, conscient de son vieillissement, a lancé en 2001 une campagne de rénovation des plateaux de bureau. En 2004, la tour Ariane disposant de 24 plateaux rénovés capables de répondre aux attentes de sa clientèle, Unibail-Rodamco organise un concours restreint visant à moderniser l'aspect extérieur de la tour dont l'image ne correspondait plus à sa réalité intérieure. Parallèlement, son objectif consistait à améliorer les accès au bâtiment et à reconfigurer l'espace extérieur privatif situé le long du Parvis de La Défense. Ce sont les propositions des architectes Petraccone et Vodar qui sont retenues.

Leur projet s'appuyait sur la reconnaissance de la position dominante occupée par la tour Ariane au sein de l'assemblée de La Défense due notamment à sa localisation au milieu du Parvis, à son orientation singulière qui privilégie une implantation parallèle au Parvis et à ses dimensions (60 mètres de long, 30 mètres de large, 130 mètres de haut) contenues dans un volume simple. Surtout, il rendait grâce "à la qualité de fond de la composition de Jean de Mailly qui a su conférer à cet édifice de grande dimension non seulement un équilibre général harmonieux, mais aussi une grande légèreté due, pour une large part, à la mise en place d'une seconde peau", précisent les architectes. "Ce procédé simple, qui consiste en la mise en place de boucliers en aluminium, donne à l'ensemble des façades une profondeur, une épaisseur et un modelé d'une grande subtilité".

Sauf que, en dépit de ses qualités architecturales, la tour Ariane renvoyait effectivement une image d'elle-même désuète. Pour plusieurs raisons : rôle indéterminé du parvis, interruption de la seconde peau autour de l'assise et du couronnement de la tour ainsi qu'au droit de chacun des plans de façade, sous dimensionnement des deux sas d'accès et absence d'un accueil V.I.P. digne de ce nom. "Le programme d'Unibail-Rodamco, dans son exigence de voir imprimer un caractère contemporain à la tour Ariane posait, sur un plan théorique, la question de la nature de la modernité et de ses attributs, souvent associés aux formes conflictuelles qui parcourent notre époque", notent les architectes. En vertu de quoi, se sont-ils attachés à "mettre en évidence la sérénité que peut revêtir la modernité" et fonder le projet "sur certaines valeurs qui font la beauté de notre monde moderne : potentiel des moyens techniques et industriels, nouveaux rapports entre l'homme et son lieu de travail, nouveaux rapports entre le bâti et le cadre où il s'inscrit".

Bref, c'est bien d'une rénovation qu'il s'agit, dont le lobby n'est que l'élément le plus immédiatement visible - une nécessité puisque l'image de la tour était l'une des motivations clé de ce projet -. En effet, l'agence a également réhabilité le restaurant interentreprises (RIE) et redonné toute sa légèreté à la façade, conçu un espace VIP donnant accès au lobby, transformé un espace en cafétéria et doit encore construire une passerelle de liaison entre un parking et la tour. Chacun de ces éléments est, de fait, un projet en soi (et chacun aurait mérité seul un article, d'où cette présentation sous forme de dossier). Encore le maître d'ouvrage n'a-t-il pas - et quel dommage ! - retenu le belvédère qu'avaient initialement proposé Silvio Petraccone et Michel Vodar.

Bien que séparés et invisibles les uns des autres, ces différents éléments du programme s'inscrivent bien dans un seul projet, les architectes, grâce à la couleur notamment, étant parvenus à offrir une vraie cohérence à l'ensemble.

Enfin, au-delà des difficultés intrinsèques à ce type de réhabilitation rencontrées durant le chantier, les architectes tiennent à souligner la qualité du maître d'ouvrage. Certes nul n'est dupe de l'objectif final de ces travaux - louer plus vite et plus cher à la satisfaction des clients - mais Michel Vodar explique avoir travaillé avec un maître d'ouvrage disposant d'une "vraie expertise technique", ce qu'il appelle "la promotion faite avec intelligence". Et l'intelligence paie : à l'issue d'une campagne de communication sur la tour rénovée - plateaux et lobby, etc. - Unibail a loué une vingtaine d'étages à une société américaine.

Christophe Leray

Lire également nos articles :

  • 'L'entrée de la tour Ariane' ;

  • 'La façade, les boucliers et l'enseigne' ;

  • 'Ascenseurs - Lobby - Parking' ;

  • 'Le restaurant interentreprises (R.I.E)' ;

  • 'Cafétéria' ;

  • 'La passerelle' ;

  • 'Spécificités des interventions' ;

  • 'Fiche technique'.
'Réhabilitation de la tour Ariane : une question d'image pour Petraccone&Vodar'
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