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La petite ville perdue, les champs et le collège…

Charly Broyez : Copyright 2019

Depuis la rentrée des vacances de la Toussaint, les adolescents de Sissonne et de ses environs disposent d’un nouvel équipement scolaire : le collège Froëlicher. Un édifice de 5400 m2 signé Daudré-Vignier & associés où les courbes extérieures masquent une grande rectitude intérieure.

 
 
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Les terrains de construction sont plus ou moins inspirants. Certains sont même de véritables déserts pour l’imagination. Tel est le cas du site dont l’architecte Daudré-Vignier a hérité en bordure de Sissonne, petite ville anonyme de 2000 habitants, située dans le département de l’Aisne, à une demi-heure de route de Reims. Là, presque au milieu de nulle part, entre les habitats pavillonnaires et les vastes champs de culture s’étendant jusqu’à une lointaine base militaire, il lui fallait édifier un collège de 400 élèves à l’adresse d’une quinzaine de communes rurales.

 

« Bâtiment-paysage »

 

Antoine Daudré-Vigné, fondateur de l’agence éponyme en 1994, n’en affirme pas moins avoir réagi de manière contextuelle : « L’idée était de se positionner face au tableau des champs », raconte l’enfant du pays, intarissable sur les batailles qui se sont jouées dans les plaines de Picardie et de Champagne durant la guerre de 14-18. Le reste est presque une affaire de logique. Le bâtiment forme un U autour d’une cour de récréation ouverte au sud sur les terres cultivées. Toute la surface de terrain disponible est utilisée pour limiter la hauteur de l’équipement à un étage sur rez-de-chaussée et, comme animées par une mystérieuse force tellurique, les toitures ondulent et se parent d’un manteau végétal pour mieux se fondre dans le territoire désespérément plat de cette partie de l’Aisne.

 

Dans ce « bâtiment-paysage », toutes les façades sont en bois en écho aux massifs forestiers qui bordent les champs. Des montants en Douglas scandent l’ensemble verticalement et jouent ponctuellement le rôle de brise-soleil devant les baies vitrées. Bien que la structure porteuse du bâtiment soit en béton « pour des raisons de sécurité incendie », les façades sont réalisées en ossature bois et sont recouvertes de panneaux 3 plis en mélèze lasuré. L’auvent qui enserre la cour et qui forme un préau continu présente des sous-faces en 3 plis de hêtre.

 

Pragmatisme vs idéologie

 

La séquence d’entrée est marquée par une belle continuité intérieur-extérieur. Depuis le hall en double hauteur, une grande traversante passe par la cour pour rejoindre l’entrée de service qui dessert les cuisines du réfectoire dont le plafond suit les ondulations de l’auvent. Mais, tirés au cordeau, la plupart des intérieurs contrastent fortement avec la douceur des courbes des espaces de plein air. Les plafonds sont rectilignes et les circulations sont franches (80 mètres pour la plus longue d’entre elles). Selon l’architecte, « un équipement public est l’expression du pouvoir (…). Les salles de cours sont alignées pour qu’un surveillant puisse voir d’un seul coup d’œil ce qui se passe dans les couloirs. Un élève ne se comporte pas de la même manière lorsqu’il sait qu’il peut être vu. »

 

La salle du surveillant est ainsi calée stratégiquement entre la salle de permanence et la cour de récréation. La façade principale des toilettes de cette dernière est entièrement vitrée de manière à pouvoir « surveiller » sans devoir entrer. N’y a-t-il pas là une forme d’obsession sécuritaire ? « Je ne suis pas un idéologue de l’architecture », explique, pragmatique, Antoine Daudré-Vignier qui s’est engagé auprès de l’UNSFA en qualité de vice-président chargé du juridique. Et l’architecte éclectique de conclure et de justifier la dichotomie entre l’extérieur et l’intérieur du collège : « Toutes les aventures architecturales m’intéressent. »

 

Tristan Cuisinier

 

Fiche technique :

 

Maîtrises d’ouvrage : Conseil général de l’Aisne

Maîtrise d’ouvrage déléguée : SEDA

Architecte : Daudré-Vignier & associés

BET : CAB ECO (économiste), BEG THUROTTE (gros œuvre), TEC BOIS (structure bois), FTE (chauffage, plomberie, ventilation), CONCEPT ELEC PLUS (électricité), AREA (VRD), ETAMINE (HQE), PEUTZ (acoustique)

SDP : 5 440 m2

Montant des travaux : 9,4 M€

Calendrier : avril 2014 (début des travaux), octobre 2015 (livraison)

 

La petite ville perdue, les champs et le collège…
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