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La modélisation 3D : du virtuel au tridimensionnel

© Cyberarchi 2019

Des maquettes en relief d'une précision, dans des délais et des prix insoupçonnés... C'est ce que propose la société Artéa SA, basée à Nancy, Metz et prochainement Paris, créée par Philippe Nazet, un ingénieur (un passionné) en nouvelles technologies féru d'architecture. Ou quand la 3D numérique trouve son illustration physique.

 
 
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"Je ne suis pas un tueur". Si Philippe Nazet, créateur de Artéa, se défend ainsi, c'est que sans doute des maquettistes bien installés dans leurs compétences lui sont tombés sur le râble. Sa crainte n'a pas lieu d'être ; autant sinon en vouloir aux inventeurs de la grue, de l'ascenseur ou de... l'ordinateur. Ceci dit, d'aucun comprend assez facilement l'inquiétude du maquettiste d'architecture qui découvre pour la première fois la maquette du château de Chambord de 2mx2m, au 1/200 avec une précision dont l'unité de travail (les couches ) est le 1/100 de millimètre en comparaison du 1/10 de la concurrence (stéréolythographie ou poudre), et bientôt de l'ordre du micron, réalisée par Artéa en... 72 heures. Ou la maquette urbanistique de l'hôpital Cochin (2,8mx1m), construite en 96 heures à peine à partir d'un simple fichier autocad archi plus.

Avant de passer pour un tueur, Philippe Nazet passait pour un doux rêveur en déposant son brevet à l'INPI en 2000. Ingénieur TECH ART, il travaille dans l'esprit d'un cuisinier, qui "combine des éléments pour créer des saveurs nouvelles", en l'occurrence le mariage des nouvelles technologies et d'une passion pour l'architecture. Il lui fallu ensuite se démener pour créer sa société (initialement) spécialisée dans la réalisation de maquettes physiques, tant dans le domaine architectural que celui de l'urbanisme, et convaincre que sa technologie n'était pas de la science-fiction ; même si le capitaine Kirk lui-même n'aurait jamais pu imaginer des maquettes d'un tel degré de précision, de l'infiniment petit - un détail de façade de la taille d'une gomme - à l'infiniment grand - un prototype de 14mx10m de la ville de St Etienne, avec les toits et les cheminées réels, et qui s'inscrit à l'échelle dans le relief du terrain.

Plus précisément, "les imprimantes 3D permettent de visualiser, analyser, présenter les projets avec fidélité en partant des plans (autocad, catia, archi+, etc.) avec un export 3D, même si le fichier numérique n'existe pas, à partir de simples fichiers d'archi avec élévation donc. En monochrome ou en couleur, à l'échelle 1/2000 ou 1/30, les matériaux utilisés permettent un post assemblage pour la réalisation de grandes maquettes. De même pour l'architecture d'intérieure, chaque pièce peut être décorée en utilisant des techniques traditionnelles de recouvrement : peinture, papier, bois, verre, métaux..."

Et voilà. En 48 heures à peine, la maquette de la Villa Leihorra, avec son volume par coupe et par pièce façon puzzle (maquette dite fonctionnelle pédagogique), simple export STL à partir d'un banal fichier 3D volumique, est réalisée. "Cette technologie, permet de travailler sans laser et très peu en 'post-traitements'. L'état de surface est très lisse Elle permet, par rapport aux systèmes traditionnels (usinage bloc de polystyrène ou découpe laser plexi) une grande rapidité, une précision inégalable et, surtout, un moindre coût", dit-il. Il ne blague pas. Coût de la Villa Leihorra ? 1.500 euros. La Tholo de Delphes ? Réalisée en quatre heures pour 500 euros. La technique vaut également pour des modèles de meubles (standistes) ou des prototypes industriels (sport, bijouterie, ....). Du coup Artéa est en contact aussi bien avec de grands cabinets d'archi qu'avec le ministère de la Culture, de la Défense ou qu'avec Bull.

Philippe Nazet se défend donc de "tuer" le métier traditionnel. Au contraire, à l'heure où les projets sont de plus en plus complexes - des tours torsadées de 300 m par exemple - et quasi impossibles à construire physiquement avec des allumettes et des bouts de carton (pour grossir le trait), il estime ouvrir de nouveaux marchés et offrir aux architectes des outils inespérés de validation et présentation de projet. "Le jeune architecte ou urbaniste peut ainsi rivaliser avec une multinationale", dit-il pointant par ailleurs que dans un domaine où le temps vient souvent à manquer, la vitesse d'exécution se révèle un atout primordial. "Un architecte très bon mais lent a aujourd'hui moins de chances que celui qui est moins bon mais rapide", assure-t-il, à juste titre sans doute. Les maquettes sont d'ailleurs souvent remboursées dans le cadre d'un appel d'offre, un concours archi par exemple. D'ailleurs, de son point de vue, il ne fait "qu'émanciper" ces nouvelles technologies pour les mettre à la portée de tous.

De fait, passion oblige, ses propres projets se confondent avec ceux de sa société. "Je rêve de réaliser une maquette complète du Louvre ", dit-il, "et d'utiliser les gigaoctets de données des photogramètres par exemple qui restent inexploitées sur des centaines de serveurs puisque nous savons aujourd'hui interpréter les données géo-satellitaires en mode physique et spatial". En clair, permettre à quiconque - particulier ou institution - de créer des oeuvres tridimensionnelles de sa maison, son quartier ou du château de versailles. Ce n'est pas tout, il dispose désormais d'un grand écran plat à imagerie spatial en relief qui permet de visualiser un projet en 3D quel que soit l'angle de vue, et sans lunettes.

Bref ce n'est pas tant la fin qu'un nouveau souffle donné au métier de maquettiste. "Le maquettiste est un collaborateur à part entière et non un simple exécutant manuel avec pour seule qualité : la patience. La profession de maquettiste, très passionnante, est faite de beaucoup d'efforts, de recherches, d'analyses et de réflexions. Les Grecs, les Egyptiens, les Romains, se servaient de maquettes. Léonard de Vinci en a réalisé beaucoup puis il y a eu les plans-reliefs sous le règne de Louis XIV...", dit-il. Les nouvelles technologies d'Artéa s'inscrivent dans le sens de l'histoire.

Consulter également notre album-photo 'Artéa : Du réel à la maquette physique'

En savoir plus :
Artéa
Tel : 03.83.31.76.55
Web : www.e-artea.com

La modélisation 3D : du virtuel au tridimensionnel
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