• Accueil
  •  > 
  • La France : un territoire de plus en plus artificiel
Rejoignez Cyberarchi : 

La France : un territoire de plus en plus artificiel

Dans un communiqué publié fin février, l'Institut français de l'environnement (Ifen) offre une analyse peu rassurante des résultats 2000 issus de l'enquête annuelle Teruti que le service statistique du ministère de l'Agriculture réalise depuis 1969. Principale conclusion : les bâtiments, jardins et pelouses, routes et parkings, ce que l'Ifen nomme l'artificialisation du territoire, s'étendent désormais sur près de 8% du sol métropolitain, un phénomène qui connaît une croissance rapide depuis 1992.

 
 
A+
 
a-
 

Cette rapide évolution est caractérisée principalement par le bâti (25%), les infrastructures routières ou ferroviaires (39%) et les infrastructures non bâties (jardins, pelouses, chantiers, terrains vagues, décharges, carrières). Plus inquiétant, pour l'essentiel ces zones artificielles supplémentaires sont prises essentiellement sur des zones "naturelles" telles que les prairies permanentes (1 520 km2, soit 30%), les landes (420 km2, soit 8%) ou les forêts de feuillus (360 km2, soit 7%), mais aussi sur des friches (630 km2, soit 13%), des chemins de terre ou enherbés provisoirement (590 km2, soit 12%), des surfaces en blé (430 km2, soit 9%) ou en maïs (340 km2, soit 7%).

Après l'étude de l'Insee en collaboration avec la direction régionale de l'équipement, parue le mois dernier et montrant que le Languedoc-Roussillon s'est autant urbanisé "en 20 ans qu'en 20 siècles" et doit donc absolument "limiter son étalement urbain", l'étude de l'Ifen conclut qu'artificialisation et évolution démographique ne vont pas forcément de pair. En effet, depuis 1992, tous les départements ou presque ont accru leurs surfaces artificielles (sauf les Alpes-de-Haute-Provence). La Dordogne, l'Ille-et-Vilaine, la Vendée, l'Hérault, le Morbihan, le Finistère et le Loiret sont en tête de liste avec chacun plus de 120 km2 d'augmentation. Ces départements ont certes parfois connu une forte croissance démographique (comme l'Hérault ou l'Ille-et-Vilaine), mais le lien entre artificialisation et démographie n'est pas significatif.

Ainsi, les infrastructures autoroutières ou ferroviaires, qui représentent près du tiers de la superficie des zones artificielles, ne sont pas toutes liées à l'habitat et ne traversent pas uniquement des régions en croissance démographique ou économique.

Enfin, l'artificialisation progresse, même en zones rurales. Le document de l'Ifen, qui étudie en particulier les deux régions les plus opposées en termes de population et d'urbanisation (l'Ile-de-France -un espace essentiellement urbain à 21% artificiel- et le Limousin où les surfaces artificielles couvrent seulement 6% du territoire) montre que dans les deux régions, l'artificialisation progresse au détriment de la plupart des aires de culture ou de nature : +15% en Limousin et +6% en Ile-de-France. Seule différence, en Ile-de-France, contrairement au Limousin, les mouvements au sein des sols déjà artificiels sont importants : ainsi, les sols nouvellement bâtis ont été en grande partie alimentés par des anciens espaces verts artificiels. Ce qui n'est pas rassurant en soi.

Pour consulter l'enquête complète :
www.ifen.fr

Mot clefs
Catégories
Article précédent  
Article suivant  
< Une  
CYBER