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'La Cité épiscopale d'Albi' au Patrimoine Mondial de l'Humanité (UNESCO) ?

© Cyberarchi 2019

Le 27 janvier 2009, l'Etat français a officiellement proposé 'La Cité épiscopale d'Albi' pour être inscrite sur la liste du Patrimoine Mondial de l'Humanité (UNESCO) en juillet 2010. La Cité épiscopale est le coeur d'Albi, une richesse collective précieuse, un lieu d'émotion, un véritable bien commun à partager.

 
 
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Le périmètre du bien retenu

Ensemble urbain de briques organisé autour d'un groupe épiscopal monumental du XIIIe siècle, la Cité épiscopale d'Albi comprend :

  • la cathédrale Sainte-Cécile, seule cathédrale entièrement peinte en Europe et chef-d'oeuvre du gothique méridional ;
  • le Palais de la Berbie, qui abrite le musée Toulouse-Lautrec ;
  • l'église Saint-Salvi et son cloître ;
  • le pont-vieux.

    Elle s'étend sur quatre quartiers d'origine médiévale :

  • le Castelviel ;
  • le faubourg des Combes ;
  • le Castelnau ;
  • le bourg Saint-Salvi.

    La Cité épiscopale d'Albi, un site unique au monde

    Pour être inscrits au Patrimoine Mondial de l'UNESCO, les sites doivent avoir une valeur universelle exceptionnelle et unique au monde en satisfaisant à au moins un des dix critères de sélection, qui sont fixés dans un texte intitulé 'Orientations', devant guider la mise en oeuvre de la Convention du patrimoine mondial.

    Cinq critères justifient l'inscription de la Cité épiscopale d'Albi au patrimoine mondial :

    Exemple éminent d'établissement humain
    La Cité épiscopale d'Albi est un ensemble urbain de brique exceptionnel, marqué par la prééminence d'un groupe épiscopal monumental très original du XIIIe siècle. Elle s'est formée autour du groupe palais-forteresse / cathédrale. Cette gémellité monumentale correspond d'ordinaire à la concurrence des pouvoirs temporel et spirituel. Mais, à Albi, elle s'unit dans un pôle qui affiche de manière spectaculaire la détention de ces deux pouvoirs par les évêques.

    La Cité épiscopale s'est ensuite progressivement mise en place, quartier par quartier, autour de cet ensemble majeur. Le Castelviel, le faubourg des Combes, le Castelnau et le Pont-vieux, marquent les étapes successives de ce développement urbain.

    Un bourg très nettement individualisé s'est développé autour de la collégiale Saint-Salvi avant de se fondre dans l'espace de la Cité.

    Exemple éminent d'un type de construction
    Une utilisation particulière d'un savoir-faire commun à une grande partie de l'humanité, l'architecture en terre et en particulier la construction en brique, ce matériau caractérise la physionomie urbaine de la Cité épiscopale depuis le Moyen-Age aussi bien dans les habitations communes que dans les édifices monumentaux.

    Il s'agit d'une brique d'un module spécifique, de grand format et de dimension originale (37 x 22 x 5,5cm), nommée brique foraine, qui ne se rencontre que dans le Midi toulousain. La mise en oeuvre de la maçonnerie est elle aussi tout à fait exceptionnelle : elle est utilisée en grands plans uniformes sans aucun ornement, sous la forme de remplissage pour les murs à armature de pans de bois, en soubassement, en dallage ou comme élément de modénature pour les encadrements de baies, cordons, ou corniches.

    Témoignage d'un échange d'influences considérable
    La Cité épiscopale est le fruit de nombreuses influences entre la France du nord, la France méridionale et la Catalogne, aboutissant à la définition d'une architecture gothique profondément originale. Face à la dissidence religieuse des 'Albigeois', aujourd'hui dénommés 'cathares', la puissance de la cathédrale Sainte-Cécile et du château des évêques proclame l'autorité et la pérennité de l'Eglise, suite à un événement marquant de l'histoire universelle : la croisade contre les 'Albigeois'.

    La cathédrale Sainte-Cécile retourne contre la dissidence cathare les principes de cette dernière : rigueur et austérité, cette architecture, 'le gothique méridional' est propre au Midi de la France, Sainte-Cécile en constituant le chef d'oeuvre absolu. Sa grammaire formelle particulière est associée à des structures dérivées du gothique européen.

    La cathédrale et le palais de la Berbie participent d'une architecture militaire fondée sur la défense passive par la hauteur et l'épaisseur des murs, scandés par de puissants contreforts hémicylindriques. L'utilisation de la canne catalane (1.555m) comme unité modulaire souligne la participation de maîtres catalans à la construction.

    Par ailleurs, dans les années 1470-1515, les évêques ont sollicité tous les foyers artistiques des dernières décennies du XVe siècle et du début de la Renaissance pour établir dans la cathédrale trois chefs d'oeuvre :

  • une peinture monumentale représentant le Jugement dernier, le plus grand du monde, réalisation médiévale sans comparaison, présentant des parentés stylistiques avec la peinture flamande du XVe siècle ;
  • un immense ensemble de fresques ornant les voûtes et les murs, réalisés par des peintres venus d'Italie, faisant de Sainte-Cécile la plus grande cathédrale entièrement peinte en Europe ;
  • un choeur intégralement conservé où se déploie une statuaire prodigieuse par son abondance et sa qualité et qui associe les manières stylistiques des principaux imagiers français de l'époque.

    Authenticité et intégrité
    Au fil des siècles, la Cité épiscopale d'Albi a su éviter toute destruction importante. La qualité exceptionnelle des maçonneries en brique ont aussi permis à cet ensemble de traverser le temps. La Cité épiscopale est, depuis 1993, réglementairement préservée du fait de sa situation au sein d'un secteur sauvegardé, soumis à un règlement strict de protection et de mise en valeur.

    Ainsi, une unité chromatique, un regroupement harmonieux autour d'un pôle monumental fortement affirmé et la confluence majeure d'influences artistiques participant d'une aire très large, spécificités dont chacune est en elle-même exceptionnelle, donnent à la Cité épiscopale d'Albi une dimension humaine, monumentale et artistique unique au monde.

    Le Comité national des biens français du patrimoine mondial a reconnu la très grande qualité de cette candidature. Le dossier a été déposé par la France auprès de l'Unesco en vue d'un examen par le Comité du patrimoine mondial en 2010, au terme des 18 mois de procédure habituelle.

    Pour mémoire, les candidatures qui seront examinées par le prochain Comité du patrimoine mondial, en juin 2009, sont l'oeuvre architecturale et urbaine de Le Corbusier et le paysage culturel des Causses et des Cévennes.

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