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La Brock Commons Tallwood House, University of British Columbia, Vancouver

Ostry Architects & University of British Columbia : Copyright 2017

 

La Brock Commons Tallwood House est, à ce jour, le plus haut bâtiment jamais réalisé en bois. Ses 18 étages abritent, depuis juillet 2017, quelque 404 étudiants et sa réalisation soulève autant d’espoirs qu’elle suscite d’interrogations concernant le futur de ce type de construction.

 
 
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Une commande innovante et ambitieuse


Fidèle à la réputation des universités canadiennes en matière de soutien à l’architecture d’avant-garde (on pense ici à la Simon Fraser University d’Arthur Erickson)  la British Columbia University a commandé à la firme d’architectes Acton Ostry un bâtiment à bien des égards visionnaire pour compléter son parc d’habitations étudiantes. L’immeuble offre donc 404 lits répartis dans 33 chambres et 273 studios meublés, des cuisines tout équipées et des espaces communs chaleureux. Le loyer, de 924 à 1116 dollars canadiens (soit 627 à 757 euros), ne devrait pas décourager les futurs locataires dans une ville connue pour la flambée des prix de son immobilier.

 
Le bois, un matériau rentable et dans l’air du temps

 
Dans un pays qui compte presque 400 millions d’hectares de terres forestières, la construction en bois se place au cœur des enjeux économiques, mais aussi écologiques.

Si, contrairement au béton, le bois a la propriété de stocker le dioxyde de carbone plutôt que d’en émettre lorsqu’il est utilisé dans une structure, c’est aussi un matériau peu polluant à produire et qui se recycle facilement. Tout l’enjeu du projet d’Acton Ostry Architects Inc. était donc de démontrer le potentiel structurel d’une telle construction, qui bénéficie des avantages écologiques et économiques d’un matériau poussé par une industrie forestière qui voit d’un bon œil l’essor de ce type de proposition.

Posée sur une base en béton, la construction hybride de 53 mètres de hauteur s’articule autour de deux colonnes en béton qui accueillent les escaliers de secours et les ascenseurs. Les 17 étages en bois prennent appui sur des colonnes en laminé et sont surplombés par une canopée en bois laminé croisé (cross laminated timber, ou CTL) qui court sur toute la longueur du bâtiment. Le toit est composé de poutres d’acier, d’un revêtement en métal et d’une membrane destinée à étanchéifier rapidement la structure au moment de la construction. L’ensemble de l’immeuble est recouvert d’un système de panneaux préfabriqués revêtus d’un stratifié à haute pression en fibre de bois.

 
Le pragmatisme plutôt que l’idéalisme au service de la cause

Si le bois a été mis en avant sur l’extérieur de la structure, il est en revanche quasiment invisible sur les murs intérieurs. Pour expliquer ce choix, Russel Acton, le designer principal du projet, met en avant le caractère pragmatique de cette décision. En effet, si le bois s’avère tout aussi sécuritaire que le béton contre les risques d’incendie, la technique est encore peu répandue dans des bâtiments de cette envergure et les législations et les normes ne sont donc pas encore actualisées pour refléter ces performances. Plutôt que de s’entêter à défendre un projet 100% bois en prenant le risque de voir le chantier extrêmement ralenti par les délais d’obtention des permis émis par les différents comités de sécurité de la ville, la firme a fait le pari audacieux d’une structure hybride afin de démontrer le caractère porteur d’un projet de ce type. Mener le chantier à son terme rapidement et efficacement dans le respect des délais et du budget impartis était, aux yeux d’Acton Ostry, le moyen le plus efficace de promouvoir et de développer le futur de la construction en bois de grande envergure. C’est aussi dans cette optique que la firme a misé sur la capacité des entrepreneurs locaux pour produire les éléments préfabriqués utilisés lors de la construction. Finalisée en 4 mois de moins que des projets similaires, la tour Brock Commons Tall Wood s’impose effectivement comme une référence en matière de rentabilité.

 

Construire une vision durable autour du bois

 

Si la démarche et la performance finale de l’édifice suscitent l’intérêt et stimulent les ambitions en matière de construction en bois de grande envergure, l’expansion de ce type de projet ne va pas sans son lot d’interrogations quant à la provenance du matériau de base. En effet, il est difficile d’imaginer que le bois pourra continuer à se prévaloir de ses qualités environnementales si l’on ne se pose pas dès maintenant la question de la pérennité des ressources forestières. Le projet a joué la carte de la provenance locale de ses matériaux. Comment ce positionnement pourra-t-il être transposé dans des pays qui ne possèdent pas les mêmes ressources que le Canada ?

 

Elsa Bourdot

 

Construction progress
Concrete cores and wood structure
Prefab panel production
Mass wood structure
Glulam panel installation
Glulam column bracing
CLT panel placement
Lateral section
Longitudinal section
Floor plans
Location plan
Hybrid structure and encapsulation
CLT to spline connection
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