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La Bow-House ou comment habiter l’espace public

Laurent Clement : Copyright 2019

Une maison sans propriétaire, ouverte toute l’année pour accueillir des nomades à l’image d’un abri à la fois léger et flexible, adossé à une façade aveugle en brique : telle est la dernière conception de l’architecte Stéphane Malka réalisée à Heerlen aux Pays-Bas. Découverte d’un extraordinaire projet qui tente à sa manière de relancer le débat qui lie architecture et espace public.

 
 
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Stéphane Malka est un architecte hors norme qui, cette fois-ci, se réfère à la citation suivante du rappeur NAS : « The world is yours » pour créer une maison qui se greffe sur un habitat existant et se déploie sur l’espace public. Un projet qui défie toute logique architecturale formatée par les lois de construction et les codes d’urbanisme. C’est la façon de Stéphane Malka de se rebeller contre les contraintes bureaucratiques qui entravent souvent toute liberté architecturale, que ce soit en France ou dans le monde.

Véranda sur mine

La Bow-House se trouve à Heerlen, une ville qui a connu dans le passé une forte croissance lors du développement des activités minières puis elle a été sujette à la crise suite à l’arrêt de cette activité. C’est en quelque sorte une ville de friches, donc un terrain de jeu favori pour l’architecte qui y a installé son projet.

Comme une extension du bâtiment existant, la maison grignote l’espace urbain environnant et s’y installe confortablement. De l’extérieur, la construction ressemble plus à un échafaudage où un savant assemblage de fenêtres et de portes qui, à première vue semblent installés aléatoirement, créent un espace de vie atypique mais fonctionnel. Les baies assemblées en patchwork sont composées de fenêtres de tout genre, ouvrants à la française ou à l’anglaise, coulissantes ou pivotantes, aux verres teintées ou pas, seul point commun entres elles c’est leur provenance, elles sont toutes le produit de récupération.

Une propriété publique à usage privé

Et bien que de nombreuses fenêtres et portes constituent l’assemblage, aucune porte d’entrée n’est envisagée pour la maison qui, bien au contraire, reste ouverte comme une invitation à l’utilisation par tous. Un paradoxe qui pousse encore plus loin le concept de son architecte en le plaçant dans un registre à part où l’espace privé mis à disposition de tous devient temporairement un lieu intime.

Le mur, sur lequel s’adosse la construction, est couvert de graffiti donnant d’une part à l’ensemble une singulière touche décorative et d’autre part à la ville un tableau à grande échelle à contempler. Le projet a été monté très vite : une fois l’idée conçue, deux jours ont été suffisants pour accomplir le travail et réaliser l’assemblage.

La Bow-House qui se trouve aujourd’hui aux Pays-Bas restera sur place pendant un an. C’est la concrétisation d’une des idées présentées par Stéphane Malka dans son ouvrage Le Petit Pari(s)* paru le 15 avril 2014. Nous pouvons dire qu’il s’agit d'un manière habile, et orchestrée par une main de maître, de placer la réinterprétation de l’espace public sous les projecteurs. Si le concept ne pourra pas changer radicalement l’avis des gens, il aura au moins participé au chamboulement de certaines idées reçues.

Sipane Hoh

* Le Petit Pari(s) paru le 15 Avril 2014 aux Editions Courtes et Longues.

Pour plus d’informations sur l’ouvrage, voir : ici.

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