• Accueil
  •  > 
  • L'extension acier d'une résidence pour jeunes travailleurs à Paris
Rejoignez Cyberarchi : 

L'extension acier d'une résidence pour jeunes travailleurs à Paris

© Cyberarchi 2019

C'est à l'occasion de la remise des prix du concours étudiant Construir'acier - construire la ville sur la ville - à la Cité de l'architecture que l'architecte Suzel Brout présentait l'extension en acier de la résidence pour jeunes travailleurs Denis Diderot à Paris, 12ème arrondissement. Une réalisation exemplaire qui avait été nommée à l'Equerre d'argent en 2011.

 
 
A+
 
a-
 

La résidence Denis Diderot pour les jeunes travailleurs est composée de la restructuration et extension d'un ancien foyer de jeunes filles construit dans les années 70 sur le domaine de la Fondation Eugène Napoléon, ensemble de bâtiments classés. La restructuration et l'extension du bâtiment R+9, en structure béton avec refend tous les 2.50m, ont été construites en charpente métallique, pour la flexibilité future des locaux et pour minimiser les nuisances et les délais.

« La résidence est posée dans le domaine sans référence à la composition symétrique. C'est un ensemble de bâtiment datant de 1950 de l'architecte Jacques Ignace Hittorff. Pour l'anecdote, l'impératrice était revenue avec son mari et les marchands lui ont offert un collier. Paris était exsangue, avec les différents changements de régimes, elle offre donc ce collier afin de construire une fondation pour les jeunes orphelines. Hittorf a repris dans son dessin la forme trapezoidale du collier », raconte Suzel Brout.

Un concours est lancé en 2006 par la RIVP (Régie Immobilière de la Ville de Paris). Le nombre de chambres s'élève alors à 150, il faut en conserver le même nombre. Ces chambres font 11 m2 avec un sanitaire commun par étage. « Notre réponse a été une métamorphose du bâtiment qui englobe l'extension dans une nouvelle géométrie unique », résume l'architecte, AJAP 1989 (Albums des jeunes architectes et des paysagistes) avec Laura Carducci-Artenisio.

Structure acier contre culture du béton

Trois hypothèses ont été retenues pour cette réalisation. « Le bâtiment n'était pas très intéressant - même si c'est prétentieux de dire cela - avec une capacité dépassant le gabarit parisien, il ne fallait pas en garder de traces visibles. Le jardin est un luxe inouï à Paris, il fallait donc construire compact pour ne pas le fragmenter. Enfin, on ne peut pas résoudre les problèmes avec le mode de pensée et de faire qui les a créés, donc il fallait changer de mode construcif pour le métal », poursuit la directrice de l'agence aasb - agence d'architecture suzelbrout.

« En France nous avons la culture du béton, les ouvrages en structures métal se doivent donc d'être exceptionnels, afin de pousser le matériau à sa limite, et être mis en scène », ajoute-t-elle encore. L'équipe d'architectes a du passer par une phase de déprogrammation : « trouver le sujet qui nous aide à traiter les problématiques, afin de construire l'extension d'un bâtiment des années 70 dans Paris, par rapport au contexte historique », précise l'architecte, prix de la Première oeuvre 1992.

Pour cette résidence pour jeunes travailleurs, c'est un travail sur la répétition, la série, qui a mené les travaux des architectes. Un décalage permet de rendre la chambre visiblement plus grande que ses 16 m2, avec des cloisons non porteuses. Une mise à distance du jardin, en fond de scène, avec une façade ouest retirée pour le chantier, a permis de monter les coques de salles-de-bain préfabriquées.

La forme ne suit pas la fonction

« La structure acier est un remplissage de vides, contrairement au béton qui travaille dans le plein. De plus, la structure acier n'est pas surfacique, avec une disparition des attributs architecturaux classiques, au bénéfice de la structure. Un même matériau se retourne en sous-face, jusqu'à retomber en façade pour que tous les éléments communs appartiennent au jardin et pas à l'intérieur », précise Suzel Brout, diplômée de l'ENSA Paris-Belleville en 1986.

« On élimine ainsi les registres et un dogme moderne - "la forme suit la fonction". Les ouvertures ne correspondent pas aux ouvrants, on retrouve une certaine liberté, des transparences, des vues... », conclut l'architecte, nommée à l'Equerre d'argent 2011 pour ce projet.

 
Laurent Perrin

L'extension acier d'une résidence pour jeunes travailleurs à Paris
L'extension acier d'une résidence pour jeunes travailleurs à Paris
L'extension acier d'une résidence pour jeunes travailleurs à Paris
L'extension acier d'une résidence pour jeunes travailleurs à Paris
L'extension acier d'une résidence pour jeunes travailleurs à Paris
L'extension acier d'une résidence pour jeunes travailleurs à Paris
Mot clefs
Catégories
CYBER