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L'activité de la construction affiche des résultats contrastés

© Cyberarchi 2020

Dans un contexte d'activité en dents de scie depuis 2000, le secteur des fournisseurs de la construction connaît des résultats contrastés selon les filières, selon un dossier du Ministère de l'Economie, réalisé à l'occasion du Salon Batimat. Extraits.

 
 
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Si aucun ministre ne s'est déplacé sur le salon cette année, le ministère de l'Economie était néanmoins présent avec la publication d'un dossier très complet de 34 pages des chiffres clés (de 1997 à 2004) des fournisseurs de la construction. Impossible en un article d'analyser et communiquer tous ces chiffres et les dizaines de graphiques qui composent l'ouvrage, voici donc en exergue ceux qui concernent le secteur du gros oeuvre. Où l'on s'aperçoit d'ailleurs que les secteurs du bâtiment qui sont gagnants sont ceux qui innovent, généralement parce qu'ils ont les plus forts taux d'investissement, notamment en recherche et développement.

Préambule : 2.800 entreprises de plus de 20 salariés, tel est le nombre de fournisseurs produisant les matériaux et éléments divers utilisés pour l'activité du bâtiment. Avec un chiffre d'affaires de plus de 50 milliards d'euros et une représentation de plus de 270.000 emplois, ce secteur, qui se distingue par une forte présence des groupes, rivalise de par son poids avec celui de l'industrie automobile. Principale faiblesse : ce secteur connaît une forte dépendance vis-à-vis de l'activité de la construction.

La filière béton illustre au mieux cette dépendance totale, à laquelle s'ajoute une contrainte liée à la proximité des chantiers, les produits de la filière étant difficilement transportables. D'où un taux d'exportation particulièrement faible (3%). Les marchés sont donc régionaux dans le cas du ciment, voire locaux, dans le cas du béton, où les sites de production doivent se situer à proximité des lieux de consommation. Ce qui n'empêche pas ce secteur de se montrer particulièrement innovant et capable de s'adapter et de répondre aux exigences croissantes des entreprises. En témoignent notamment la mise au point des bétons autoplaçants et autonivelants, d'utilisation plus simple et plus rapide sur les chantiers. Les bétons à ultra haute performance - autre exemple de ce savoir-faire - favorisent quant à eux des fondations plus légères lors de la construction et un raccourcissement de la durée du chantier.

S'il s'exporte difficilement, le transport maritime constitue cependant une alternative. Seuls les granulats, le ciment et les éléments en béton font l'objet d'échanges extérieurs mais la hausse continue des importations et la stabilité des exportations induisant de fait un déficit commercial depuis 2000.

Le respect de l'environnement est enfin un enjeu important pour la filière, dans l'extraction de granulats et la production de ciment en particulier ; les cimenteries à elles seules représentaient en France en 2003 12% des émissions de C02 de l'industrie. A noter cependant que la consommation d'énergie fossile a diminué de 26% entre 1993 et 2003.

S'agissant de la filière bois, il convient de noter que l'activité de charpentes et menuiseries en bois (fabrication de portes, fenêtres, volets, escaliers, charpentes et hangars agricoles) réalise, en 2003, 43% du chiffre d'affaires et emploie 40% des effectifs de l'ensemble du travail du bois. 2/3 des entreprises ont moins de 50 salariées et les entreprises industrielles se localisent essentiellement sur la façade atlantique, notamment dans les Pays de la Loire et dans la région Champagne-Ardenne. Le taux d'exportation ne représente que 3% du chiffre d'affaires soit un des taux les plus faibles de l'industrie manufacturière. Une atomisation du secteur et la nature pondéreuse des productions pénalisent les performances des entreprises.

Pour pallier cela, les professionnels du secteur jouent la carte du partenariat pour répondre aux offres d'achats publics et représenter des capacités de production appropriées. De plus, la modernisation des outils a permis de réduire notablement les délais de fabrication. En terme d'activité, la menuiserie prédomine loin devant la charpente (18%). A l'intérieur de la menuiserie, la catégorie des portes et blocs-portes menuisées et planes se détachent (26%), suivies de la catégorie fenêtres et portes-fenêtres (19%) puis des portes planes (12%), portes de placard (7%) et des escaliers (7%). Toutefois, dans ce domaine, le PVC et le métal devancent le bois. Néanmoins les professionnels réagissent en communiquant sur la nature écologique des produits via, par exemple, l'écocertification. Dans ce contexte, les entreprises devraient bientôt pouvoir bénéficier des nouvelles recommandations d'écoresponsabilité dans le nouveau code des marchés publics.

Le secteur de la fabrication de constructions métalliques assure dans le BTP, la production de grands ensembles destinés à la construction d'immeubles ou de bâtiments industriels tels les ossatures, les hangars, mais aussi des menuiseries métalliques (panneaux, cloisons, abris, vérandas...). Il intervient aussi dans le domaine des travaux publics et les ouvrages d'infrastructure (ponts, pylônes,...). Ces derniers représentent 20% de l'ensemble de l'activité du secteur. Ce secteur de la fabrication de constructions métalliques est composé essentiellement de PMI de moins de 50 salariés (2/3). Les ossatures de bâtiment représentent la plus grosse part de fabrication du secteur (34%) avec un chiffre d'affaires de plus d'un milliard d'euros en 2004. Suivent ensuite les autres constructions (26%), les menuiseries diverses (25%), puis les panneaux et murs rideaux (9%) et enfin les cloisons et faux plafonds (7%).

A noter que, dans ce secteur, le solde commercial continue de se creuser, conséquence d'une augmentation des importations et d'une stagnation des exportations (-276 millions d'euros), déficit encore aggravé par la différence nette en ce qui concerne les menuiseries et fermetures métalliques (-150 millions d'euros).

Situation inverse pour les secteurs de la fabrication de tuiles et de briques, qui connaissent une croissance continue, et dont les soldes commerciaux sont excédentaires. (En moindre proportion depuis quelques années cependant du fait de la détérioration du marché allemand). A noter que dans le secteur de la tuile, la France est le premier exportateur mondial et que les industriels investissent dans la R&D ainsi que dans la modernisation de leurs outils de production.

Une démarche payante donc d'autant plus que ces secteurs se sont également impliqués très tôt dans une démarche HQE, comme en témoigne notamment le développement du marché pour la brique monomur. Qui plus est, l'innovation se révèle là encore un axe gagnant. L'introduction de technologies avancées dans les phases de séchage, de cuisson et de manutention ont permis d'offrir de nouvelles gammes de produits aux coloris élargis.

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