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Jacques Mellick est aussi exigeant que bienveillant à l'endroit des architectes

© Cyberarchi 2019

Jacques Mellick, maire de Béthune (Pas-de-Calais), est en train de créer dans sa ville un parcours architectural urbain qui n'a rien d'une utopie. Comment cette ville de 30.000 habitants, ayant acquis le soutien des meilleurs architectes du moment, peut-elle multiplier ainsi les projets ambitieux ? Portrait.

 
 
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Jacques Mellick a de la suite dans les idées. L'architecte Alain Sarfati parle même d'"obstination" ; "avec un goût réel pour l'architecture", nuance-t-il. "C'est une vieille histoire", raconte Sarfati. "Il y a une vingtaine d'années, Mellick cherchait à rencontrer des architectes. Il me demande de venir le voir et me présente sa ville. 'Je voudrais que Béthune devienne une ville dynamique à travers une démonstration architecturale', me dit-il". Sarfati comprend les idées généreuses du maire mais comprend aussi qu'il n'est ni le premier ni le dernier à "vouloir repeindre toute sa ville en blanc" sans en avoir les moyens de ses ambitions. L'architecte réalise une "bricole" à Béthune et en reste là. Pas Jacques Mellick.

"On a l'habitude de penser qu'une piscine doit ressembler à une piscine, des logements sociaux à des HLM et on oublie que chaque construction nouvelle participe à l'édification de la ville enrichie de ses espaces et équipements publics", explique Alain Sarfati*. Il ne croit pas si bien dire puisque le maire pousse l'architecte à faire preuve de plus d'audace encore. "Je veux de l'architecture, quelque chose d'exceptionnel, une pierre précieuse", dit-il. Sarfati se laisse convaincre de faire de "l'exceptionnel avec deux francs, six sous". "C'est un pari qui me plaît bien ; après tout la vérité de l'économie, on ne la connaît jamais", dit-il.

Paul Chemetov, Francis Soler, Rudy Ricciotti, Frédéric Borel, Jean-Michel Wilmotte - excusez du peu - (que ceux que l'on oublie, et l'on en oublie, nous pardonnent) se sont à leur tour laissés convaincre et le parcours architectural urbain de Béthune rêvé par Mellick il y a trente ans déjà existe désormais, ne serait-ce que dans l'esprit de tous ceux appelés à le concevoir. "La priorité donnée à la création contemporaine, est ambitieuse, exigeante, mais elle a le souci de faire de chacun de nous, des acteurs de notre avenir, des inventeurs du futur", explique Jacques Mellick, 65 ans aujourd'hui. Notez le singulier. Le maire ne parle pas de l'une de ses priorités mais de la priorité (Ne devrait-il pas d'ailleurs n'y avoir jamais qu'une seule priorité ? Imaginez si ce n'était pas le cas dans le code de la route).

"Je suis naïf, je ne suis pas angélique", assure le maire. Il vient lui-même chercher le journaliste dans le salon d'un étonnant hôtel de ville, oeuvre de l'architecte Jean Allemand édifié à partir de 1920, où trône un lustre impressionnant signé de l'artiste allemand Fred Rubin (lequel a d'ailleurs les faveurs de Rudy Ricciotti). Le bureau du maire, étonnamment, ne donne pas sur la Grand'Place et son beffroi dûment classé au patrimoine de l'humanité mais sur les petites rues du centre, apparemment typiques. Après la première guerre mondiale, quand il a fallu reconstruire le centre détruit à 90%, les élus se sont inscrits dans le cadastre existant et ont conservé la trame des rues, s'appuyant sur une architecture 'néo-régionaliste' mâtinée d'Art Déco. Le charme éclectique de l'ancien dans des constructions neuves (à l'époque), la convivialité du centre en est restée. Mais Jacques Mellick, s'il rend un hommage appuyé à ses prédécesseurs -"une ville très bien reconstruite par une chaîne de générations" -, ne veut pas que Béthune devienne une "belle endormie, gentille, douce, tranquille à l'ombre de son beffroi". Le beffroi lui-même est d'ailleurs support à invention architecturale, comme en témoigne son illumination par l'artiste hollandais Krijn de Köning.

La Halle aux produits frais de Francis Soler, au pied du Beffroi justement, illustre sans doute le mieux l'aggiornamento architectural que souhaite Jacques Mellick pour sa ville. "Le beffroi à l'origine n'était pas tout seul sur la place, il y avait des bâtiments autour dont une halle aux draps. Après guerre, cette question fut déjà débattue en Conseil municipal pendant cinq ans afin de savoir si la mairie devait être reconstruite autour du beffroi ou non ; ce débat passionné existe depuis longtemps et le projet actuel permet de renouer avec la véritable histoire du beffroi", explique-t-il. En clair l'histoire n'est pas un poids mais un tremplin. "C'est une chance de s'appuyer sur cet héritage et de le faire fructifier", dit-il.

Il n'est d'ailleurs pas seulement question d'architecture. "Le centre ville ne doit pas être franchisé", dit-il. Une halle permet en effet aux petits commerçants de primeurs de continuer à travailler en ville alors même que le prix du foncier dans le centre devient prohibitif pour eux. Les déplacements sont également modifiés et le chantier d'un vaste parking, juste sous le beffroi et la future Halle, est en cours. Un parking en centre ville ne risque-t-il pas d'amener encore plus de voitures ? Jacques Mellick a opté pour un 'ring' autour du centre (en référence à celui de Gand) et une seule route pour entrer et sortir du parking, sans pour autant d'interdiction draconienne de circulation dans le centre. Il confiait cette halle au moins-disant pour une parodie kitch d'architecture traditionnelle, personne n'y aurait vu à redire. C'est Francis Soler qui a gagné le concours en septembre 2003 avec un projet à la hauteur de l'enjeu. "Je me complique la vie", sourit Jacques Mellick.

Jacques Mellick a découvert l'architecture avec les responsabilités. Il concède une sensibilité artistique parce que ses parents le "traînaient" dans les musées mais son amour de l'architecture n'est pas né d'une passion, d'un dépit plutôt. Dans "une vie antérieure", soit dans les années 70', directeur adjoint d'une société HLM, il fut "heurté de la pauvreté architecturale produite au nom de la rentabilité". "Je n'étais pas fier", dit-il aujourd'hui. Mais c'est "le manque d'exigence vis-à-vis des architectes", qui l'a frappé. "Tout le monde faisait au plus simple. Je me souviens me poser la question : mais qu'allons-nous laisser ?", dit-il. Une fois élu, il s'est donc intéressé plus avant à l'architecture, "en profane". Il avait besoin d'un centre commercial. Une vieille rotonde de la SNCF - ce n'est pas banal, un centre commercial rond - fit l'affaire et fut sa première "réalisation", s'il est permis de l'écrire ainsi. "Je me suis battu, je voulais du verre, pas du plastique, quelque chose de qualité, avec des matériaux nobles", se souvient-il. "Dans le bassin minier, Béthune est une des rares villes avec une histoire et le patrimoine est une responsabilité. Pour que ce patrimoine soit de grande qualité, je ne peux pas faire appel à n'importe qui". En 1992, juste avant de quitter la scène municipale, il confie le Centre dramatique national à Manuelle Gautrand.

Jacques Mellick est socialiste mais même ses convictions politiques sont passées à la moulinette de l'urbanisme. A ce titre, il passe outre, en 1984, l'avis du ministre du logement et fait imploser le collectif HLM. Il s'engage plus tard avec enthousiasme dans le projet Banlieue 89 de Roland Castro, persuadé encore aujourd'hui "qu'il faut changer la peau pour changer la tête", en clair que les conditions de vie affectent la vie même. Il est sans doute l'un de ceux qui y croit avec le plus de sincérité. Pierre Habourdain, architecte à Béthune, s'en souvient bien. "Je sortais de l'école et ce maire faisait confiance aux jeunes architectes. J'ai commencé à travailler sur le quartier du Mont Liébaut", dit-il. 20 ans plus tard, il y travaille encore. Le quartier change en effet et Jacques Mellick a décidé d'en conserver une tour, mémoire du lieu, à charge pour Pierre Habourdain de lui donner une nouvelle jeunesse. Ce n'est donc qu'amère ironie que le maire soit condamné des années plus tard en tentant de sauver la mise d'un éphémère ministre de la ville. Au moins, est-il permis de penser aujourd'hui, que la contrepartie espérée ne l'était à fin personnelle mais pour Béthune. Pierre Habourdain parle d'une "volonté opiniâtre qui force le respect". "Tout doucement, je construis la ville de demain", nuance Jacques Mellick.

Pendant la période "où je n'étais pas élu", Jacques Mellick a l'opportunité de travailler avec une société d'investissement dans un Lander de l'ex-Allemagne de l'Est pour laquelle sa mission est de "rechercher des architectes". "J'ai fait des rencontres importantes qui m'ont permis de m'enrichir intellectuellement", dit-il. "Si je reviens... ", pense-t-il alors. En 2002, c'est chose faite. Mais les choses ne sont plus tout à fait les mêmes. "C'est la qualité de l'homme qui fait la différence, pas l'institution", dit-il aujourd'hui. "Je ne fais pas d'inauguration. Je l'ai fait". Il faut aimer l'architecture et, plus encore sa ville, pour accepter que le temps de l'une et l'autre ne s'accordera jamais plus avec celui du maître d'ouvrage. Sa carrière politique nationale derrière lui (il fut ministre délégué auprès du ministre de l'équipement, du logement, des transports et de la mer, chargé du logement, du gouvernement Rocard 2 et Secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Défense en 1992), il peut désormais se consacrer à la Polis. "Aujourd'hui je veux être utile", dit-il.

Car "créer ici la ville contemporaine" est une chose, encore faut-il qu'elle soit habitée, au sens physique et immatériel. Le développement de Béthune s'inscrit nécessairement dans la logique de celui de la métropole lilloise et dans celle de la reconversion du bassin minier. Mellick accepte l'augure du partenariat mais pas au risque de la perte d'identité. "Pas question de 'nébuleuse banlieusarde'. Ce n'est pas la métropole qui va dicter notre urbanisme ou notre architecture. Je ne veux pas subir", dit-il. Le Pas-de-Calais n'a pas de grandes villes (Calais compte 70.000 habitants) et le risque est grand en effet que prévale une "vision d'aménageurs". Aussi, quand il choisit un architecte, s'il cherche aussi des alliés, Mellick attend surtout des "hommes de caractère". "Je n'aime pas ce qui est incolore, inodore et sans saveur", dit-il.

De fait, ses architectes ont intérêt à être solides. Rudy Ricciotti n'en revient toujours pas. "On n'a pas affaire à des types faciles. Il a fallu refaire l'économie du projet de complexe de loisirs et le couper de 30%. J'avais un mois, j'ai pris une hache", dit-il. Ce qui n'empêche pas à ce programme de patinoire, cinéma, loisirs près de la gare, outre d'être immanquablement signé avec jubilation par un Ricciotti au sommet de son art, d'offrir un mur de 140 mètres de long, chaleureux comme un aveugle qui aura retrouvé la vue, visible seulement par ceux qui arrivent en train. Les montages financiers sont complexes, le maire est exigeant, les architectes sans concession. Du coup les entreprises/bailleurs (les baux emphytéotiques trouvent ici une vraie justification) estiment que c'est Mellick qui leur complique singulièrement la vie. "Je dois faire le curé", se marre Ricciotti. Les explications entre les uns, les autres et le maire ne sont visiblement pas que des discussions de salon. Béthune a du foncier, un levier puissant vis-à-vis de promoteurs tenus dès lors à avaler avec le sourire les couleuvres architecturales. Le maire ne le cède en rien quand seuls des intérêts financiers sont en jeu. "Pour chaque opération privée, je donne une liste d'architectes, ensuite ils choisissent celui qu'ils veulent dans la liste", sourit Mellick. Les architectes ne sont pas les derniers à faire de la résistance : "J'ai déjà bouffé tous mes honoraires depuis deux ans que je suis sur ce projet de 1.000m², ce n'est pas pour céder aujourd'hui", se marre Soler à propos de la halle. Il a pourtant remplacé les lentilles de Fresnel de son projet initial par des panneaux photovoltaïques. Et il bouffe ses honoraires de nouveau avec la construction de trois petites tours en verre (tertiaire et une soixantaine de logements) bientôt construites au-dessus, littéralement, de vestiges archéologiques qui seront donc visibles par les passants. Les cadres de grands groupes de la construction, qui tendent à se prendre pour des seigneurs, ont quitté furieux et dépités plus souvent qu'à leur tour le bureau donnant sur la ruelle.

Cette ville contemporaine qu'habiteront les Béthunois - ah ces logements de Borel dans le pôle gare - n'est pourtant pas faite que pour eux, même si c'est dans leur intérêt bien compris. Jacques Mellick a bien évidemment suivi de près le concours du Louvre Lens et s'il est conscient de "l'effet Bilbao", ce n'est pas benoîtement. "Il faut préparer Béthune par rapport à Lens qui, une fois le musée construit, comme à Bilbao, n'aura plus les moyens d'un aménagement. Comment retenir les visiteurs ?", dit-il. Lui pense avoir, avec son parcours architectural urbain, trouvé la solution. Mais pour que l'idée fonctionne, il lui faut des signatures. C'est alors qu'il prend son bâton de pèlerin (son téléphone) et s'entoure de convertis. Ecoutez Soler : " [La volonté de Jacques Mellick] correspond à la nécessaire évolution de la démarche architecturale et de l'aménagement urbain. Aujourd'hui, dans notre monde chaotique, il est important de ramener de la cohérence à la ville en y posant des points forts. Lorsque vous quittez un centre ville, souvent il n'y a plus rien pour retenir votre regard. En faisant appel à des vrais architectes, et pas à des faiseurs mais bien à des créatifs, on installe des repères comme des lampadaires qui, tout au long d'un parcours, contribuent à réunifier la ville. Et ce n'est pas plus cher ! Les bonnes architectures ne sont pas plus onéreuses que les mauvaises !"**

Le volontarisme du maire, voire "sa marche forcée en avant", pour citer un architecte, n'est pas sans susciter d'inquiétudes. Que des architectes connus fassent les uns à côté des autres, dans un tout petit périmètre - on peut aller à pied d'un projet à l'autre - assaut de surenchère ne risque-t-il pas de produire un urbanisme incohérent ? Des erreurs seront sans doute commises mais la cohérence globale du projet est indéniable, ne serait-ce parce qu'en l'occurrence, l'effet Bilbao est démultiplié et polymorphe, mais surtout parce qu'il ne s'agit pas, ici, d'un caprice d'élu. "La différence inquiète tout le monde, y compris les entrepreneurs. C'est le rôle de l'élu de rassurer mais aussi de se mettre en danger. Dans le fond, le désintérêt des Français pour la politique vient du fait que les Français perçoivent cette volonté de ne pas se mettre en danger. Or nous sommes dans une situation où il faut prendre des risques", souligne Alain Sarfati.

Certes des architectes locaux peuvent avoir le sentiment parfois de regarder passer le train mais Pierre Habourdain, pour sa part, voit plutôt des avantages en ce qui concerne sa pratique. "L'émulation est réelle et a pour conséquence de familiariser les gens avec la lecture et l'écriture architecturale", dit-il. "Ensuite, quand ils viennent nous voir, on peut leur proposer des projets plus audacieux". Ca vaut aussi pour les partenaires institutionnels. "Le logement social est généralement assez convenu. Mais nous pouvons désormais nous appuyer sur l'image des logements sociaux réalisés Salman&Kother, une agence hollandaise, et faire passer nos idées, ces architectes sont pour nous des défricheurs".

"Je ne suis pas dupe, les forces économiques de la ville s'y retrouvent. Je sais imaginer l'avenir, c'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai été réélu", souligne Jacques mellick. "Nos concitoyens vivent une période de peur et d'inquiétude, se recroquevillent sur eux-mêmes et ne voient pas leur environnement changer. Il faut 'dire' la volonté, se donner les moyens d'avoir des arguments, se donner les moyens d'oser. La force de conviction finit par avoir une influence sur les esprits". Il sait aussi que ses détracteurs auront beau jeu de lui renvoyer dans ses esquisses ses démêlés judiciaires, sauf que le temps n'a plus de prise sur lui. Il insiste pour que les noms de ses architectes soient gravés dans la pierre de leurs bâtiments, pas sur une plaque trop facilement démontée. "Pour ce qui me concerne, il n'y a pas de débat métaphysique, je ne suis pas là pour laisser des traces", dit-il. "Son projet est une chance pour la commune, il est plus facile de détruire que de construire", note Ricciotti.

Dans le bureau de Jacques Mellick, des livres d'architecture épars, traitant de la question urbaine, de photovoltaïque, du développement durable et des monographies d'architectes. Les projets abondent (trois résidences par Lipsky-Rollet par exemple), un bowling/piste de karting en plein centre ville - Ricciotti a déjà un formidable projet dans la tête pour ce bâtiment -, une oeuvre de Zaha Hadid un jour, peut-être Bernard Reichen pour la réutilisation de l'immeuble de la SERNAM, etc. Un Grand Ecoquartier sur le site de l'Horlogerie, sur le site de l'ancienne usine Testut, devrait également bientôt voir le jour. L'objectif est de réaliser en France l'une des plus importantes opérations d'urbanisme mettant en application les principes du développement durable et de la HQE (gestion alternative des eaux, matériaux sélectif enterré). Sur cette ancienne friche de six hectares seront édifiés dans un premier temps 240
logements collectifs et 160 logements individuels (maisons à étages avec jardin). La conception sera réalisée par différents architectes afin de garantir une grande variété de styles. A terme ce quartier devrait accueillir un millier de maisons et d'appartements.

"Je n'abandonne jamais", conclut Jacques Mellick.

Christophe Leray

Lire également notre article 'La Halle aux produits frais de la Grand'Place de Béthune, signée Francis Soler' et consulter notre album-photo 'Un "effet Béthune" protéiforme et polymorphe'

*In Béthune Métropole, Numéro 1, septembre 2004
** In Ville de Béthune (2003)

Jacques Mellick est aussi exigeant que bienveillant à l'endroit des architectes
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