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Ile-Séguin : quatre projets pour une façade enveloppe

© Cyberarchi 2020

Nouvel épisode dans une saga à rebondissements. La mairie de Boulogne-Billancourt (92) a présenté début mai 2004 les quatre derniers projets encore en compétition pour le mur qui remplacera la façade des anciennes usines Renault. Présentation.

 
 
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Ces différents projets ne concernent que le mur d'enceinte qui va enserrer pratiquement l'ensemble des futures constructions de l'île. Cette 'façade-enveloppe', haute de onze mètres, devait respecter cinq grands principes: garder le socle de l'Ile-Séguin, relevé à l'origine contre le risque de crue centennale de la Seine ; créer une promenade piétonne entourant l'île ; réinterpréter la façade enveloppe ; créer au centre de l'île un jardin d'environ quatre hectares ; enfin aménager un certain nombre de vues dans cette façade pour garder des transparences. A partir de ce cahier des charges, les quatre candidats ont chacun présenté une vision singulière d'un mur destiné à remplacer celui des anciennes usines Renault, considérées comme une véritable forteresse.

Ainsi, Dominique Perrault parle d'un projet «exubérant», qui «pourrait être obtenu en se servant du mur de onze mètres comme d'un tremplin à une série de jets d'eau». Ceci animerait «ainsi tout l'extérieur de cette partie de l'île Seguin vue des rives opposées». Rappelant que l'aspect des usines Renault est reconnu par tous comme étant d'une grande beauté, l'architecte l'assimile pourtant à «celui d'une prison» et a donc cherché à valoriser cette beauté «en lui ôtant son aspect figé, son aspect forteresse imprenable et lui donner au contraire un aspect qui invite à découvrir ce qui se passe à l'intérieur».

A l'opposé, les esquisses signées Arm Poitevin-Reynaud, Stéphane Maupin et Jérôme Sans, présentent une «une façade floue pour un projet incertain». Et les concepteurs d'expliquer : «notre projet repose sur une attention au stimuli, tenter de méduser par la révélation. C'est un concept lourd de sens qui globalement fera fuir le politique». Pour cela, l'équipe propose un dispositif de rampes et d'escalier autonome permettant de relier cette nouvelle promenade haute à la promenade basse et à la terrasse jardin de l'Ile-Séguin.

Quant à l'équipe de Nicolas Michelin, elle propose en tant qu'enveloppe «une résille structurelle continue, légère et immatérielle». Composée de câbles en tension en acier inox et de barres de compression en acier, bois et verre, elle se veut «invisible de face» et, selon l'architecte, «lisible de biais en fonction de la densité variable des éléments qui la composent».

Plus audacieux, le dernier projet, fruit des recherches de Bernard Tschumi et Michel Crespin, se démarque de ses concurrents en proposant non pas de surface continue mais, au contraire, un «ouvrage discontinu, environ 200 lames espacées tous les dix mètres». Les deux partenaires veulent que «les lames s'étendent au-delà du périmètre du pré-programme pour venir jusqu'à la pointe aval de l'île».

Il semble désormais loin le temps où la polémique faisait rage entre élus, architectes et gardiens du temple ouvrier sur l'avenir de l'ancien site industriel fermé en 1992. Rappelons qu'en 1999, un premier projet de l'architecte Bruno Fortier, axé sur de petits îlots d'espaces verts et de chemins piétonniers capotait deux mois après son approbation. Jean Nouvel avait d'ailleurs contribué à torpiller l'idée de son confrère dans une tribune incisive publiée à l'époque dans les colonnes du quotidien Le Monde.

S'érigeant en défenseur de la mémoire des lieux, Jean Nouvel dénonçait alors pêle-mêle la disparition du «krak des ouvriers, ce vaisseau de pierre aussi beau que le Krak des Chevaliers» en Syrie mais aussi, comme l'a rappelé le quotidien Libération, fustigeait le «dédain giscardien du monde ouvrier» de Jean-Pierre Fourcade et la «légendaire insensibilité énarquienne» de Louis Schweitzer, PDG de Renault.

Depuis, l'architecte a semble-t-il mis de l'eau dans son vin puisqu'il est membre du jury qui a désigné les quatre candidats, bien que les projets présentés s'éloignent de ce qu'il appelait en 1999 des «architectures nées des hasards, des nécessités et des contraintes». En effet, aucun des quatre projets ne semble prendre en compte cette mémoire ouvrière. Un choix assumé par le maire de Boulogne, qui explique à l'AFP qu'on ne peut «ni tout garder ni tout raser» et qu'un lieu de mémoire des usines Renault serait édifié sur l'île.

Enfin, ces projets de façades ne concernent qu'une fraction des futurs aménagements de l'île, puisqu'elle doit accueillir trois pôles, sur une superficie totale de 180.000 m². Sont prévus entre autres une Cité des Arts - la Fondation Pinault, confiée à l'architecte japonais Tadao Ando -, une Cité Scientifique et une Cité internationale pour artistes et étudiants. Bref, un programme qui s'inscrit dans la durée, J-P Fourcade estimant qu' «il faudra douze ans au total pour tout achever, donc à l'horizon 2015-2016».

Christophe Leray

Cliquez ici pour voir l'album photo "Une enveloppe à choix multiples pour l'Ile-Séguin"

Ile-Séguin : quatre projets pour une façade enveloppe
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