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Île de Nantes, fin de l'acte I

© Cyberarchi 2019

Nantes, an 2000. Le nouveau millénaire débutait par deux inaugurations remarquées : le centre culturel « Le Lieu Unique » de Patrick Bouchain et le Palais de justice de Jean Nouvel. Ce dernier donnait alors le départ d'ambitieux travaux sur la ZAC de l'Île de Nantes. Depuis, sous la direction d'Alexandre Chemetoff et Jean-Louis Berthomieu, ils n'ont pas cessé, redonnant peu à peu vie à cette ancienne friche industrielle de plus de 330 hectares au coeur de la ville. En juillet 2010, la nouvelle maîtrise d'oeuvre a été confiée pour 6 ans à l'équipe de Marcel Smets, architecte-urbaniste belge. Le point à mi-parcours sur un vaste chantier qui devrait s'achever à l'horizon... 2020.

 
 
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Préserver l'âme du lieu

La volonté de préserver les bâtiments existants, en particulier le patrimoine industriel, apparaît clairement, sans pour autant verser dans une nostalgie mièvre. La halle des fonderies, les nefs des anciens chantiers navals et les cales de lancement des bateaux sont sans conteste les vestiges les plus impressionnants, que ce soit par leur volume ou par leur histoire, tout comme les 25 000 m2 du site Alstom, bientôt transformé en pôle de recherche et d'enseignement. Les aménagements contemporains dans l'espace public intègrent tout naturellement l'héritage du passé. Ainsi, les rails dans le sol, les pavés disjoints des rues et les bancs faits de bois de récupération rappellent aux passants les anciennes activités de l'Île. Le lien avec le fleuve tout proche n'est pas oublié : création de nombreuses promenades le long des rives, réhabilitation des pontons et des estacades, mise en place de navettes fluviales. Enfin, deux nouveaux ponts signés Marc Mimram et Marc Barani ont été récemment inaugurés à la pointe ouest de l'Île.

La trilogie mixité, diversité, créativité

Arrivant du centre-ville par la passerelle Schoelcher, le badaud marche de surprise en surprise : accueilli solennellement par le Palais de justice de Jean Nouvel, il est bientôt saisi par l'aspect monumental des nefs (réhabilitées par Alexandre Chemetoff), se dressant au coeur des anciens chantiers navals, avant de tomber nez à « nez » avec... le fameux éléphant des « Machines de l'Île » ! Toute la balade sur l'Île, ensuite, conforte cette première impression. Car mixité, diversité et créativité sont les maîtres mots de l'opération d'envergure lancée par la communauté urbaine Nantes-Métropole sous la houlette du maire Jean-Marc ayrault réélu depuis 1989. Mixité sociale en premier lieu ( avec 25% de logement social et 20% de logement « abordable » (c'est-à-dire inférieur au prix du marché), mais aussi démographique avec des logements réservés aux étudiants et aux personnes âgées. Diversité des fonctions ensuite : logements, bureaux, et commerces s'insèrent dans des pôles d'activités organisés autour de l'enseignement et de la recherche, de la santé (extension du CHU) et des affaires (Euronantes).

Enfin, diversité des formes architecturales, les réalisations des agences « locales » (crèche par Topos Architecture, Maison des avocats par Forma 6, logements et bureaux par Tetrarc...) n'ayant rien à envier à celles des « célébrités » (Ecole d'architecture par Lacaton & Vassal, centre commercial Beaulieu réhabilité par Patrick Bouchain...).


Effervescence culturelle

Dans la continuité de la politique de la ville, l'opération accorde aussi une attention toute particulière au monde des arts et de la culture. Après l'Ecole d'architecture, ce sont les Beaux-Arts et « La Fabrique » (centre culturel consacré aux musiques actuelles et aux arts numériques) qui s'installeront sur le site. Les immenses animaux tractés des « Machines de l'Île », (souvent utilisés par la célèbre compagnie de théâtre de rue « Royal de Luxe »), animent le site des anciens chantiers navals. De même, de nombreuses oeuvres d'art pérennes créées pour les manifestations « Estuaire » 2007 et 2009 (biennale d'art contemporain in situ) ont été disséminées ça et là dans l'Île pour le plus le grand plaisir du promeneur ; citons les néons de François Morellet sur la façade des Mutuelles Harmonie Atlantique, « Les anneaux » de Daniel Buren ouvrant une double perspective le long du quai des Antilles, ou encore la bulle-café de Joep Van Lieshout jouxtant l'Ecole d'architecture.

En 10 ans, l'Île a connu près de 80 opérations immobilières et s'est dotée de 63 hectares d'espaces publics. Restent à aménager le secteur sud-ouest (où sera regroupé le CHU) et à compléter le réseau de circulation : autant de défis que devra relever la nouvelle équipe de Marcel Smets. Malgré cela, l'Île, plébiscitée par les Nantais et les touristes, compte déjà parmi les nombreuses attractions de la ville, au même titre que le Château des Ducs de Bretagne, la Folle journée et le Lieu Unique !

Marie-Clarté Mougeot

Île de Nantes, fin de l'acte I
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