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I Love Gitmo

© Cyberarchi 2019

En réaction à la déclaration du futur Président des Etats-Unis Barack Obama le dimanche 16 novembre 2008 sur CBS, où il a confirmé son intention de fermer le Centre de Détention de Guantanamo, zerOgroup présente le projet 'I Love Gitmo' pour la transformation de l'enclave américaine en destination de tourisme de masse. En route pour Sunny&Sexy Cuba.

 
 
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Préambule

zerOgroup est une structure multidisciplinaire travaillant dans les domaines de l'architecture, la culture et l'urbanisme.

zerOgroup est basé à Manaus/Bruxelles (Brésil/Belgique) et a été fondé par l'architecte Laurent Troost.

Le projet 'I Love Gitmo' fait partie des propositions élaborées lors du workshop 'Con Embargo Sin Embargo' organisé par Supersudaca, grâce à l'aide du Fonds Prins Claus, qui s'est déroulé au IaaC de Barcelone (Institut d'Architecture Avancée de Catalogne) en septembre 2008.

'Con Embargo Sin Embargo' a généré une production de scénarios créatifs pour un territoire hautement spécifique et possédant une forte identité sociopolitique, sujet à de profonds changements dans l'idée d'une levée de l'embargo économique. Le sujet a été développé à plusieurs emplacements et échelles, générant des investigations et des propositions dont les approches varient entre prototypes et contextuelles, entre abstraites et concrètes*.

I Love Gitmo - zerOgroup [Laurent Troost]

>> Cuba est une des plus importantes destinations du tourisme sexuel ;
>> Cuba est situé au centre des destinations les plus extrêmes pour 'Springbreak' ;
>> Cuba est la destination 'illégale' attirante pour les Américains qui adorent essayer d'y entrer ;
>> Cuba est l'endroit des faux cigares, du faux rhum et autres marchés noirs ;
>> Cuba est, de nos jours, entouré de pays et d'îles rivalisant en nombres de casinos et fut l'une des destinations les plus importantes liées aux jeux d'argent et à l'alcool dans les années 50, lorsque ces derniers étaient illégaux aux Etats-Unis.

Il semble dès lors insensé d'essayer de nier et d'effacer cette image liée aux vices et à la prohibition. Mais la situation politique actuelle de Cuba ne permet plus l'éclosion de marchés qui sont illégaux dans les pays voisins, comme aux Etats-Unis par exemple.

Non seulement les Institutions de l'Armée Américaine, mais aussi le Président-élu Barack Obama, considèrent sérieusement fermer le Centre de Détention de Guantanamo. Et pour la première fois depuis la création du centre en 2002, l'Armée Américaine parle ouvertement et officiellement de reconversion du site. Certes, une fermeture du Centre n'est pas synonyme d'une fermeture de la base navale, mais ouvre le débat sur le futur potentiel de ce site.

Guantanamo, de par ses caractéristiques géopolitiques, est l'endroit parfait pour la coexistence de deux modèles politiques dans un endroit où tous les vices pourraient coexister simultanément.

A l'échelle du pays, la double destination Santiago-Guantanamo pourrait jouer le rôle de contrepoids économique par rapport à l'autre double destination de l'île, La Havane-Varadero, qui attire la majorité du marché touristique cubain.

Les paysages et la nature de Guantanamo n'ont rien à envier aux autres cartes postales de l'île ; la baie de Guantanamo est un lieu totalement scénique.

Probablement, un des avantages majeurs de Guantanamo est qu'y sont déjà rassemblées les conditions pour accueillir un tourisme de masse : trois aéroports internationaux, une infrastructure navale pour bateaux de croisière, une infrastructure routière efficace, un court de golf et plusieurs fast-foods. Guantanamo possède également un grand potentiel pour de futurs développements territoriaux sur terre ou sur mer et, aussi, une caractéristique inhérente pour le développement d'un tourisme 'militaire'.

En effet, on y trouve de nombreux bunkers, des postes de tirs, des camps d'entraînement, des salles de traitement par rayons X, etc. Il est aisé d'y imaginer la création de musées : Musée des relations Cuba/USA, un musée-mémorial en hommage au Centre de Détention, entre autres. Un avantage supplémentaire et non négligeable de la base navale est son autonomie énergétique depuis 1964, quand Castro coupa l'alimentation en électricité et en eau de la base américaine.

Mais, sans aucun doute, l'intérêt principal du développement de la base américaine en destination de tourisme réside dans la combinaison de deux systèmes politiques en un même lieu, générant des cohabitations culturelles inédites.

En parallèle, l'image négative de l'endroit doit être effacée. Pour ce faire, une stratégie de 'branding' se doit de promouvoir une autre appellation: 'Gitmo' (surnom donné à la base par les soldats américains). Le 'branding' de Gitmo est chose aisée dans le sens où cette nouvelle destination rassemble les principaux intérêts d'un certain type de touristes américains : excès, vices, 'illégalités',... combinés à l'image plus 'typique' du tourisme à Cuba : plages, révolution, cigares, salsa, prostitution, rhum, etc. Et en plus, Gitmo possède un autre élément vendeur : son passé militaire !

zerOgroup

* Pour plus d'informations concernant :
>> zerOgroup, Investigation & Production in Architecture, Culture and Urban Design : www.zerogroup.org ;
>> Supersudaca : www.supersudaca.org ;
>> le workshop 'Con Embargo Sin Embargo' : www.sinembargo.org.

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