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Hamonic + Masson et Comte Vollenweider crèvent le plafond parisien

Takuji Shimmura : Copyright 2019

A la suite d’une révision du règlement d’urbanisme en novembre 2011, la hauteur des constructions a été déplafonnée pour le secteur Masséna-Bruneseau dans le 13e arrondissement de Paris. Il y est désormais possible de construire des immeubles d’habitation de 50 mètres de haut (au lieu de 37 m). Les agences d’architecture Hamonic + Masson et Comte Vollenweider viennent de livrer le premier exemple du genre. Il s’agit du plus haut immeuble d’habitation réalisé dans la capitale depuis les années 70 !

 

 
 
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Culminant à 50 mètres, l’œuvre d’Hamonic + Masson et de Comte Vollenweider se situe à l’extrémité de l’avenue de France, une voie de 40 mètres de large, bordée par des constructions récentes dont les toitures semblent avoir été uniformément taillées à la serpe. En bref, un environnement froid marqué par la régularité - et finalement sans échelle - auquel il convenait d’apporter un peu d’imprévu, voire un souffle manquant.

 

Au 56 de l’avenue de France, les architectes parisiens et niçois ont donc proposé un bâtiment hybride composé d’une tour et d’un immeuble à gradins qui émergent d’un socle commun. L’enjeu ? « Passer de la ville horizontale à la ville verticale en montrant que la hauteur permet non seulement d’apporter de la densité mais de grandes qualités de vues et de lumières », souligne Gaëlle Hamonic.

 

Extériorité

 

De fait, le vide ménagé entre l’immeuble à gradins et la tour permet de laisser passer la lumière en cœur d’îlot. Profitant de l’absence de vis-à-vis sur l’avenue de France, la majorité des appartements offrent une vue imprenable sur Paris et sa banlieue. Et, chose non négligeable, l’ensemble ménage l’appréhension des parisiens vis-à-vis de la grande hauteur : la taille du projet – qui totalise 188 logements pour 13 500 m2 de droit à construire - ne vire pas à la démesure grâce à la richesse de traitement de la verticalité.

 

Mais ce qui caractérise peut-être le mieux l’opération, qui repose sur 333 boites à ressorts pour éviter les vibrations du réseau ferré de la gare d’Austerlitz, est la recherche d’extériorité : « De nombreuses personnes aspirent à vivre dans un habitat individuel, de type pavillonnaire », déclarent les architectes dans un communiqué. « Les raisons de ce désir sont multiples, mais deux paramètres reviennent sans cesse : le premier est celui de l’identité de son logement – son chez soi -, et le second, c’est de pouvoir déjeuner dehors, avoir un rapport direct à l’extérieur et posséder son propre sol. » Et d’ajouter que « ces envies doivent être intégrées à l’échelle des appartements d’un immeuble collectif. »

 

Façades caméléon

 

A dessein, Hamonic + Masson et Comte Vollenweider ont réalisé des surfaces annexes importantes : « A peu près tous les appartements ont un espace extérieur de 20 à 30 m2 », explique Gaëlle Hamonic. Les terrasses de l’immeuble à gradins – qui compte 95 logements en accession – sont tournées vers le sud et effectuent, d’étage en étage, une légère rotation pour éviter la vue frontale sur la tour. Un dispositif en éventail ingénieux qui associe la qualité d’ensoleillement à la liberté de regard sur l’horizon.

 

Du côté de la tour de 16 étages, qui accueille 93 logements sociaux acquis en VEFA par la RIVP, les architectes ont imaginé un empilement de balcons dont la périphérie alterne les garde-corps, les filets en acier inox de type X-Tend, les barreaudages et les verres colorés de la hauteur d’un étage. Un jeu de meccano qui « permet d’obtenir une grande diversité de rapport avec l’extérieur », se félicite Pierre-André Comte. Mais aussi une manière de traiter les façades sans complexe qui trouve un écho dans le choix du bardage aluminium laqué, doré ou argenté, couvrant l’ensemble de l’opération : « Nous n’avons pas peur de ce qui se voit. Nous avons choisi un aluminium laqué avec 80 % de brillance au lieu des 30 % pour un bardage classique. Les bâtiments changent constamment de couleur en fonction du temps », conclut Gaëlle Hamonic du haut de son immeuble de 50 mètres qui, dans quelques mois, sera flanquée de la « tour de la biodiversité » d’Edouard François et de ses bouquets de végétaux. En attendant que débutent les travaux de la tour Duo de Jean Nouvel qui, à la limite d’Ivry-sur-Seine, devrait culminer à 180 mètres…*

 

Tristan Cuisinier

 

 

* Le déplafonnement du secteur Masséna-Bruneseau permet de construire des tours de 180 mètres de haut lorsqu’il s’agit de bureaux.

 

 

Fiche technique :

 

Maître d’ouvrage : Bouygues Immobilier

Maîtrise d’œuvre : Hamonic+Masson (architectes mandataires), Comte Vollenweider (architectes associés), Sibat ( BET TCE et HQE)

Urbaniste coordinateur : Ateliers Yves Lion

Aménageur : Sémapa

Surface SHON : 13 500 m2

Coût : 24,5 M€

Hamonic + Masson et Comte Vollenweider crèvent le plafond parisien
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