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Habiter demain dans des modules d'architecte choisis sur catalogue ?

© Cyberarchi 2017

Quelles sont les évolutions plausibles et prévisibles pour la maison individuelle ? Julien Brengues, jeune architecte de l'Hérault, avait choisi pour son diplôme un sujet casse-cou : maison individuelle et densité. Ses réponses - habitat modulaire, industrialisation, notamment, sont également risquées. D'où leur intérêt.

 
 
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Comment construira-t-on demain ? Mutation des modes de vie, nouveaux usages de l'habitation, évolution des pièces de vie, nouvelles techniques de construction et développement durable sont autant d'évolutions déjà observées, et qui devraient profondément transformer le secteur du bâtiment. Or, on constate une réelle inertie de celui-ci malgré des recherches incessantes par des organismes tels que PUCA ou Europan sur les nouveaux modes d'habiter et de produire la maison, et sa production ne cesse de stagner.

Cette immobilité commence même à être assez dérangeante, surtout si l'on observe le décalage entre les modes de vie de notre société en éternelle mutation et les lieux de vie de la population.

REPENSER LA MAISON

Très en vogue dans beaucoup de pays tels que les Etats-Unis, le Canada ou la Suisse et l'Allemagne, le logement préfabriqué et modulaire fonctionne particulièrement bien. De nombreux exemples existent et leur utilisation se banalise. La mise en place de sites Internet et de catalogues permet une grande diffusion et une construction facilitée de ces modules. Le grand inconvénient de ces typologies est l'idée d'espaces figés et très restreints provoqués par ces volumes d'habitation.

Le concept de modules servirait alors de volumes intégrant soit les espaces de communs (cuisine, WC, salle de bain, dressing...), rangements (garage, atelier, buanderie...), les espaces privés (chambres, dressing, salle de bain, bureaux personnels...), les espaces de travail (bureau professionnels, atelier...) ou les espaces de loisirs (salle multimédia, home cinéma...). Les lieux de vie seraient alors les espaces interstitiels entre les modules. Ces nouveaux lieux ont une relation privilégiée avec l'extérieur car ils se trouvent être eux-mêmes en dehors des modules.

La conception d'un catalogue comprenant des volumes pensés pour une situation donnée (module nuit, enfants, bureau, service, voiture) et d'un système constructif les accueillant est une solution alternative et possible. Celui-ci permettrait de choisir, changer et ajouter de nouveaux espaces tout au long de la vie du bâtiment.

A LA RECHERCHE DE DENSITE

La seule alternative à l'étalement urbain est sans aucun doute la densité. Mais cette densité a plusieurs facettes, du logement collectif à la maison en bande. Or, aujourd'hui, nous savons que le tout collectif n'est pas envisageable, de part l'envie des futurs acquéreurs mais aussi par les problèmes générés par les grands ensembles. A ce jour, nous sommes à la recherche de densité mais les règlementations urbaines mises en place bloquent énormément la densification du logement individuel.

En effet, le fait de pouvoir développer en limite de parcelle permettrait des espaces de type patio au coeur même des espaces bâtis. De plus, les constructions basses ne dérangent en aucun point le voisinage, bien au contraire, elles permettent de créer des espaces tampons entre elles. Comment convaincre les futurs acquéreurs du bien fondé de la densification malgré un terrain plus petit et un logement plus proche voire accolé au constructions voisines ?

Si l'on observe le fonctionnement d'une parcelle de maison individuelle, on peut voir que l'utilisation de celle-ci n'est pas complète. En effet, que se soit le fond ou les côtés du terrain, ils sont peu, voire pas du tout, exploités, donc inutiles et consommateurs d'espace. Proposer une habitation utilisant chaque mètre carré du terrain, jusqu'à dire que l'on habite totalement la parcelle peut être un atout important. Cela voudrait donc dire que la maison et son terrain ne font qu'un, que le séjour et le jardin ne forme qu'une seule et unique pièce à vivre...

Cette typologie de lotissements denses situés en zone urbaine couvre environ le tiers, voire la moitié, de la ville compacte. Celle-ci se perdra avec les nouveaux moyens de transports et de télécommunications qui offriront la possibilité d'acheter plus loin, plus grand et moins cher. Cette manière d'habiter en profondeur de la parcelle et cette nouvelle typologie de modules permet de proposer une même orientation à tous les logements et de créer un sens de circulation de l'espace public à l'espace privé. Plus on s'enfonce dans la parcelle, plus l'intimité se fait ressentir. La disposition des modules de rangements (garage...) et de services en continuité sur la rue permet de procurer une sensation de protection, alors que les modules chambres se retrouvent dans un espace intime en fond de parcelle.

CONSTRUIRE DIFFEREMMENT

On peut facilement s'apercevoir que l'homme a réussi à industrialiser pratiquement tous les produits et objets dont il avait besoin. Aujourd'hui, il lui manque seulement le logement.
L'industrialisation du logement permettrait sans doute, de faire baisser les coûts de construction d'une habitation mais aussi de réduire les temps de production de ce secteur.
De plus, cela peut également offrir une meilleure gestion à long terme du parc immobilier, en travaillant sur des bâtiments entièrement modulables, voire démontables et réutilisables, ou encore recyclables.

L'ECOLOGIE ET LE DEVELOPPEMENT DURABLE INCONTOURNABLES

Ce projet a pour obligation de se confronter aux questions de développement durable et d'écologie. Cela suppose des réflexions à deux échelles, une première sur le thème urbain et une seconde sur le bâtiment même.

La notion de ville durable gravite aujourd'hui autour des idées de densité. En revanche, une forte densité engendre localement une congestion et une concentration de pollution atmosphérique, une minéralisation accrue du sol et une augmentation de température, voire une saturation de l'espace bâti qui peut réduire ses capacités d'évolution. La densité forte apporte donc des bénéfices à un niveau global mais crée des contraintes locales importantes.
Ce paradoxe nous invite à nous interroger sur les moyens d'atteindre la compacité souhaitée et sur la forme à lui donner. Fixer une densité élevée revient à n'offrir la possibilité de construire qu'à ceux qui ont des moyens financiers élevés, ce qui est contraire aux principes d'équité et de dynamisme économique.

Le second thème doit s'appliquer à la construction en tant que telle. Toutes les questions sur les énergies passives et actives, les matériaux écologiques, l'impact sur le site ou l'utilisation de modules préfabriqués doivent être relevées.

L'avantage incontestable de la préfabrication est le plus faible impact généré sur le site mais aussi l'optimisation en temps, qualité et finition de l'objet final. Les modules préfabriqués et autostables permettent de faire évoluer l'habitat sans pour autant produire de gros travaux, et de réutiliser les modules changés soit en les revendant, soit en les recyclant. Ceux-ci s'apparenteraient presque au même système de recyclage des automobiles, des frigos ou des téléviseurs. Des boîtes parfaitement isolées, additionnées à des éléments préfabriqués recherchant soit de l'inertie, soit une grande isolation permettraient de créer des espaces agréables et économes en énergie.

CONCLUSION

L'enjeu de ce travail reste très vaste car le secteur du bâtiment en général, et de la maison individuelle en particulier, génèrent beaucoup de questions aujourd'hui. Les nouveaux usages de la maison, l'évolution des pièces de vie, les mutations des modes de vie, les nouvelles technologies... n'ont de cesse de se confronter à un système relativement figé. En effet, les règlementations du marché de la construction ont tendance à bloquer toute évolution possible de la maison, ce qui induit une grande inertie dans le domaine de l'habitation individuelle.

Une grande réflexion commune reste donc à mener, dans laquelle ces contraintes doivent être gommées ou modifiées afin de tester de nouvelles solutions. Si nous n'évoluons pas aujourd'hui, un énorme fossé va se creuser entre notre manière de vivre et notre lieu de vie.

Ce travail de fin d'études avait pour but de relever ces questions, d'en faire une synthèse et de produire une ébauche de réponse plausible.

Julien Brengues

Consulter également notre album-photo 'Nouvelles typologies constructives et parcellaires pour la maison individuelle ?'

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