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« Gueule de bois » : une congruence désarticulée

Julien Lanoo : Copyright 2020

Pendant les « JAV », plus de 450 maisons ou extensions de maisons sont ouvertes au public dans toute la France. Une occasion pour tout un chacun de découvrir la belle « Gueule de bois » de Nicolas Gaudard (MIR architectes) et de Nicolas Hugoo.

 
 
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Juin est le mois du rapprochement des architectes avec leur clientèle potentielle. Les 6 et 7 juin, pour la première fois à l'échelle nationale, les architectes ont ouvert les portes de leur agence à l'initiative des conseils régionaux de l'Ordre. Les 13, 14 et 15 juin, ainsi que les 20, 21 et 22 juin, ils se tournent de nouveau vers le grand public. Cette fois-ci, ils font visiter des projets d'habitat dans le cadre de la 14e édition des « JAV », les Journées d'« Architectures à vivre », organisées par le magazine éponyme et l'association « 123 Architecte ». Présenté en avant-première, l'un des projets les plus marquants se trouve à Paris, à deux pas de la Place d'Italie.

« Gueule de bois ». C'est ainsi que, sur son site internet, l'architecte Nicolas Gaudard surnomme son projet d'extension de maison : par un anthropomorphisme qui restitue assez bien la forme et l'esprit. Toute en bois, cette surélévation se présente en effet comme un volume désarticulé avec une grande fenêtre excentrée. Mais, aussi complexe et contorsionné soit-il, le volume n'en est pas moins limpide. Il est le fruit d'un beau travail de composition. En élévation, comme en plan, ses multiples facettes rendent congruents différents objectifs : dessiner un espace intérieur en double hauteur en bonne intelligence avec la mezzanine, composer avec la réglementation du PLU et se raccorder subtilement à l'immeuble mitoyen.

 

Maître d'œuvre choisi

A l'origine ? « Une maison banale avec un étage et une couverture à deux pentes que les propriétaires souhaitaient surélever pour y habiter convenablement avec leur deux enfants », dit Nicolas Gaudard. Et une chance : les maîtres d'oeuvre ont été choisis pour ce qu'ils réalisent, et non pas par hasard (professionnels de l'immobilier, les clients avaient remarqué la qualité de leur précédente surélévation, qualifiée d'héliotrope, dans le XXe arrondissement de Paris). Et à l'architecte d'ajouter : « Le budget était raisonnable et le maître d'ouvrage ne courrait pas après les mètres carrés. » Des données d'entrée appréciables lorsque l'on considère que le bourrage de parcelle à moindre frais est le lot commun de la plupart des opérations parisiennes.

Mais c'est dans ce cadre presque idyllique de la commande que les choses se compliquent. Très rapidement, les architectes se rendent compte que la maison existante repose sur des carrières et que la maçonnerie est hétérogène et de mauvaise qualité. Résultat : « Un cinquième du budget est passé dans des travaux de comblement du sous-sol et de reprise en sous oeuvre », explique Nicolas Gaudard. La structure a dû être renforcée au moyen d'un cadre périphérique de répartition et de poteaux métalliques cachés dans les doublages. Pour des raisons évidentes de poids, comme pour des raisons de souplesse de conception volumétrique, l'extension a été imaginée entièrement en bois résineux (plancher bas en bois massif, murs et toiture en ossature bois).

 

Symétrie intérieur-extérieur

Côté intérieur, le premier étage, qui accueille les chambre des enfants, est resté globalement inchangé. Le rez-de-chaussée, lieu de vie principal dans le bâtiment d'origine, s'est mué en chambre parentale. Dans l'extension, au deuxième et au troisième étage, les architectes ont donné toute la mesure de leur savoir-faire en réalisant une double hauteur partielle de 6,50 m qui dilate l'espace du séjour sans casser l'intériorité du salon de la mezzanine et de sa petite terrasse orientée au sud-est.

Dans la forme comme dans les matériaux, l'intérieur et l'extérieur sont pensés de manière équivalente. Les contours intérieurs de l'habitat sont les mêmes que ceux de l'enveloppe extérieure bardée de Douglas : « L'espace ne souffre d'aucun faux plafond ; les rampants sont simplement isolés et habillés de panneaux de bois pour la finition », dit Nicolas Gaudard. Une générosité et une justesse d'approche qui se retrouve dans les deux grandes baies entièrement escamotables, l'une ouverte sur les platanes d'une avenue calme, et l'autre sur le ciel de Paris…

 

Tristan Cuisinier

 

Fiche technique :

Maîtrise d'oeuvre : Nicolas Gaudard (MIR architectes) et Nicolas Hugoo
Maîtrise d'ouvrage : privée
Coût : 375 000 € H.T. (hors cuisine et comblement de carrière)
Surface SHAB : 109 m2 (existant) + 81 m2 (surélévation)
Calendrier : prise de contact en avril 2011 / livraison en octobre 2013
Entreprise charpente bois : Charpentes du Gâtinais

Pour en savoir plus sur les « JAV »

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