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Grues et typographies pour une expression lumineuse

© Cyberarchi 2020

"Aucun support signalétique n'est créé et l'architecture se présente comme espace inscrit", souligne Ruedi Baur qui a conçu... la signalétique de la médiathèque de Strasbourg. "Le projet d'aménagement de la presqu'île est à l'échelle du paysage dans lequel se dessinent les silhouettes des grues", précise rppb. Ruedi Baur et rppb expliquent ici l'esprit de leur intervention.

 
 
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La Médiathèque André Malraux, Strasbourg - Signalétique Integral Ruedi Baur

L'espace de la nouvelle médiathèque réalisée par Ibos & Vitart est le support de textes échappés des livres alentour et sélectionnés en fonction du projet de signalétique. A même le sol, enveloppés autour des piliers et se déplaçant jusque sur les murs, ces écrits ponctuent les espaces, révèlent les matériaux qui constituent le bâtiment.

Mis en valeur par des encadrés de couleurs, les mots nécessaires à l'orientation apparaissent plus fortement. Les phrases demeurent en arrière plan, légèrement affaiblies par effacement d'une partie de chaque lettre. Ici, la signalétique fait s'articuler les références, le contenu des textes eux-mêmes et l'architecture magnifiée comme texture. En outre, différents styles typographiques renforcent la particularité de chaque section (littérature, bande dessinée, jeunesse, etc.) et expriment ainsi les fonctions qui définissent une médiathèque.

Aucun support signalétique n'est créé et l'architecture elle-même se présente comme espace inscrit. Ce principe se décline du mobilier aux sols sur lesquels, à la sortie des cages d'ascenseurs et d'escaliers, les inscriptions s'étalent sous une résine de protection, sur des surfaces rouges relevant de l'intervention graphique des architectes. Dans l'entrée et ponctuellement dans le bâtiment des textes sont imprimés à l'envers et se lisent dans des miroirs.

A l'extérieur, les textes se répartissent avec légèreté sur les façades du bâtiment. Celui-ci exprime sa fonction par cette intervention sans qu'il soit nécessaire d'insister davantage sur sa nomination. Le texte dans son étendue s'inscrit à même la façade et l'art du phrasé s'accorde avec les formes de l'architecture.

Dans un temps ultérieur, le processus d'inscription de textes pourra devenir rituel : certains des espaces de la médiathèque accueilleront des fragments de textes d'invités qui complèteront alors le processus pour progressivement densifier la proposition.

Equipe IRB Paris : Ruedi Baur, Simon Burkart, Eva Kubinyi, Wanja Ledowski, Thibault Fourrier, Valentin Abad, Jérôme Corgier.

Des grues sur la presqu'île André Malraux - rppb (Rémi Pascal & Pierre Bouillon · architectes) | groupement Emch+Berger

Projet scénographique des grues dans le cadre de l'aménagement des espaces publics autour de la bibliothèque de Strasbourg

L'histoire a su préserver le caractère industriel qui qualifie le site de la presqu'île André Malraux à Strasbourg. La grande bibliothèque s'y est installée et renouvelle l'usage des bâtiments qu'elle occupe. Les grues existantes y sont conservées pour constituer, par leur seule présence, un lien avec le passé.

Le projet d'aménagement de la presqu'île est à l'échelle du paysage dans lequel se dessinent les silhouettes des grues. Ces gros outils, machines dont les mouvements et le mécanisme permettaient de lever, charger, dresser, faire glisser ou balancer les masses et les volumes les plus variés, sont aujourd'hui inanimés.

Ces structures métalliques, éléments de la mémoire du site, signalent aujourd'hui deux lieux stratégiques de son aménagement en cours : le parvis de la bibliothèque ainsi que le passage transversal médian. Une étrange dialectique qui joue à la fois sur la transparence, la présence et le reflet, anime ces objets. Dématérialisés par la légèreté physique et visuelle de l'acier, leur encombrement est compensé par la discrétion et la précision de leur structure : une structure réticulée, constituée d'éléments réunis en réseau.

Repeint d'un gris argenté, ce système tridimensionnel de liaisons transversales s'efface dans le ciel pendant que son reflet se délite dans l'eau des bassins. De jour, le temps qui passe se lit par l'ombre portée qui se déplace sur son support. Une ombre s'est figée, le temps s'est arrêté, une ombre des grues est inscrite sur le sol. Une ombre, c'est une absence de lumière, une zone sombre limitée par le contour plus ou moins déformé d'un corps qui l'intercepte, une silhouette, une présence immatérielle.

De nuit, chaque grue se définit comme une constellation, un groupe apparent de points lumineux qui présente un aspect reconnaissable, un ensemble permanent ou accidentel de lignes entrecroisées plus ou moins régulièrement, une répartition des éléments d'une organisation en différents points liaisonnés pour constituer un réseau.

Il ne s'agit pas ici d'éclairer mais de donner aux deux grues une expression lumineuse qui se fait présence à part entière.

Lire également notre article 'A Strasbourg, l'art d'Ibos&Vitart inséparable d'un moyen mécanique d'expression' et consulter notre album photo 'La médiathèque de Strasbourg de Ibos&Vitart en images'.

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