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Grands Moulins de Pantin, dernier témoignage de l'activité industrielle de Paris

Durant de nombreuses décennies, les Grands Moulins de Pantin ont fourni en farine la plupart des boulangeries françaises. Aujourd'hui réhabilité, le site est devenu un pôle d'activité tertiaire, fier de son passé.

 
 
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C'est au début des années 20 que l'entreprise des Grands Moulins de Pantin, sous l'impulsion d'Abel Leblanc fils, décide de s'installer en grand au bord du canal de l'Ourcq, à deux pas des lignes de chemin de fer de l'est parisien. Son ambition, devenir une des premières minoteries de France et surtout celle qui alimente la capitale. Les architectes hollandais Haug et Zublin construisent alors un moulin haut de huit étages, inspiré du modèle alsacien caractéristique des minoteries de l'époque. Cette première construction est suivie de l'installation d'un silo à grains d'une capacité de 10 000 quintaux.

Tout au long de son histoire, jusqu'à sa fermeture définitive en 2001, le site ne cessera d'évoluer sous la férule notamment du technicien Albert Guillou, qui n'a de cesse d'en améliorer la productivité et les capacités d'innovation. L'architecture des Grands Moulins de Pantin témoigne de cette volonté de s'inscrire dans la performance. Les bâtiments de production et de stockage suggèrent par leur élévation la circulation verticale des hommes et des produits, alors que les passerelles de liaison horizontales avaient pour vocation d'assurer la cohérence et la lisibilité du lieu. Le béton armé, paré de briques, est choisi pour l'ensemble de l'édifice, suggérant un parfait équilibre entre la solidité et l'esthétique. La structure se compose de travées de stockage vertical, surmontées d'un étage coiffé d'un toit à croupes culminant à plus de 52 m, tel une tour de contrôle. Quasi-militaire, le vocabulaire architectural se veut aussi le reflet de la vision industrielle du moment.

Une histoire sublimée

Après une histoire mouvementée, le site d'une superficie de 50 000 m2 est vendu à Bnp Paribas par le groupe Soufflet, dernier propriétaire du lieu, au cours de l'été 2004. Le cabinet d'architectes Reichen et Robert & associés engage alors un vaste chantier de protection du patrimoine et de rénovation, qui s'achèvera en 2009. Coût annoncé : 115 millions d'€. Particulièrement attentifs à l'histoire du site, sans pour autant en faire un principe fétichiste, les architectes ont eu le souci permanent d'en laisser lisible chaque période. Les éléments les plus caractéristiques comme le Grand et le Petit Moulin et les toitures à pans brisés sont conservés, tandis que les bâtiments neufs s'inscrivent dans la logique de stratification et de composition de l'ensemble. La recomposition se développe ainsi autour d'un axe principal, conçu comme une large rue intérieure reliant la rue du Débarcadère au Petit Moulin.

Une place centrale tient lieu d'espace unitaire entre les bâtiments anciens et les immeubles neufs. Les parties neuves sont organisées autour de cours ouvertes ou intérieures, et reliées les unes aux autres par le biais de passerelles largement vitrées, rappelant les structures industrielles d'antan. La brique a été conservée comme matériau de prédilection, donnant à l'ensemble une réelle cohérence. Quant à la chaufferie, qui était un des éléments emblématiques du site industriel, elle a été mise en valeur en se transformant en grand atrium au coeur des bureaux qui accueillent désormais plus de 3000 salariés. S'inscrivant dans le projet de transformation globale du quartier, la reconversion des Grands Moulins de Pantin s'est également accompagnée de l'aménagement des berges du canal de l'Ourcq et du passage du tramway. Un nouveau quartier est né.

Agnès Delcourt

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