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Gaëtan Le Penhuel : une tour sur mesure

© Cyberarchi 2019

 

Les tours ? On en parle beaucoup, mais peu se réalisent. Gaëtan Le Penhuel vient d’en proposer sa version, variante petit modèle – R+13 seulement -, à la lisière d’Aubervilliers, face à la Cité des Courtillières d’Émile Aillaud.

 
 
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« Il n’était pas question de nier l’existence des tours, des formes urbaines que l’on retrouve un peu partout dans le paysage », explique l’urbaniste Nathalie Quiot, de l’agence O’Zone, chargée de la restructuration du quartier Émile-Dubois. « Il fallait tenir compte de ce tissu mélangé où l’on trouve également du pavillonnaire et des barres. » Un constat partagé par l’architecte Gaëtan Le Penhuel pour lequel « il s’agissait de ramener de la verticalité sur Aubervilliers, de l’autre côté de la RN2, pour ne pas stigmatiser Les Courtillières situées sur le territoire de Pantin. »

 

Une fois l’idée arrêtée, il n’en fallait pas moins parvenir à articuler les différentes échelles urbaines ensemble. Une place a été créée au pied du nouveau bâtiment de 57 logements sociaux dont le rez-de-chaussée accueillera un café et une pharmacie. Le socle épais, qui constitue un ancrage assez semblable à celui du bâtiment de Christian de Portzamparc à Eurallile, évoque les glacis du Fort d’Aubervilliers, également promis à une vaste entreprise de requalification. Au nord, ce socle de commerces et de deux niveaux de logements s’accorde à la dimension modeste des quelques pavillons environnants. Un patio suspendu, ouvert sur l’un de ses côtés, s’immisce entre le plancher haut des commerces et la sous-face d’une partie de la tour. Uniformément peint en rouge vif, cet espace distributif en creux - comme taillé dans la masse - est très intériorisé, en retrait de la ville dense et bruyante, et rappelle la domesticité de l’habitat individuel.

 

Multiplication des registres

 

Comme Auguste Perret avant lui – qui, pour le centre-ville du Havre, avait réussi à orchestrer des îlots mélangeant des typologies de bâtiments très différentes, y compris des tours -, Gaëtan Le Penhuel a fait varier les rapports d’échelle. Pour la partie élancée de l’édifice, il s’est employé à s’adresser à l’ensemble du quartier. La tour proprement dite se décompose en deux volumes distincts. Le premier, en stratifié noir mat, contraste avec le second en métal laqué brillant, principalement ordonné par les ouvertures sérielles des chambres des appartements. En façade sud, et partiellement en façade est, de vastes surfaces vitrées peuvent laisser penser que l’édifice contient des bureaux. Une ambiguïté troublante, presque revendiquée par l’architecte.

 

En fait, ce sont des loggias attenantes aux cuisines et aux séjours qui se situent derrière les alignements de ventelles de verres. Ces dernières (mesurant jusqu’à 4 cm d’épaisseur lorsque leur hauteur atteint 3,60 m au dernier étage) forment un écran acoustique sur la route nationale. Elles contribuent à l’isolation thermique hivernale et peuvent pivoter pour la ventilation d’été. Les loggias sont pourvues de garde-corps partiellement en béton dans leur partie basse qui, peints en noir, sont invisibles depuis la rue. À l’inverse, les poteaux de structure peints en blanc donnent de la profondeur aux façades de verre légèrement réfléchissantes. Nonobstant des vertus acoustiques et thermiques, on pourra regretter que ces loggias - pour la plupart orientées au sud - offrent peu de possibilités d’usage. Profondes d’un mètre environ, elles ne peuvent pas vraiment recevoir une table et sont relativement déconnectées des intérieurs pourvus de baies vitrées finalement modestes en regard des grandes surfaces de ventelles.

 

Regroupant une vingtaine de collaborateurs, l’agence Gaëtan Le Penhuel & Associés jouit d’une belle visibilité en ce début de printemps. On peut se faire une idée plus large de son travail à la Galerie d’architecture, à Paris (exposition du 19 mars au 16 avril). Le numéro spécial n°19 d’Archistorm lui a également été consacré.

 

T.C.

 

Fiche technique :

Maîtrise d’ouvrage : OPH d’Aubervilliers
Urbaniste : O’Zone (Nathalie Quiot)
Architecte : Gaëtan Le Penhuel Architectes (Joào Saleiro, chef de projet)
Cotraitants : Ictec (économiste), Bethac (BET fluides), Kephren (BET structure), VS-A (façades vitrées), Éléments ingénieries (BET HQE)
SHON : 5 075 m2 de logements et 895 m2 de commerces
Montant des travaux : 10,4 M€ H.T.
Livraison : décembre 2015

Hervé Abbadie - Sergio Grazia
Une tour sur mesure
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