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Franchir les réseaux, à la reconquête du Var (06)

© Cyberarchi 2019

A l'occasion de son PFE (ENSA Marseille), Axelle Thierry a choisi de renouer le dialogue rompu par les infrastructures entre les villes de Nice et Saint-Laurent. Autrement dit, l'étudiante réhabilite les rives du Var pour relier ces deux villes. En partant à la reconquête du fleuve, elle déplace aussi le point de gravité de la plaine du Var. Un projet stratégique.

 
 
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La plaine du Var : un territoire en devenir... mais également très contraint

Aujourd'hui, la Ville de Nice projette de grands projets sur la Plaine du Var, à Nice. Ce territoire fait en effet l'objet d'une Opération d'Intérêt National. C'est dans ce cadre qu'un travail préalable en équipe a été effectué, pour établir un plan guide sur la commune de Nice, soit sur environ 750 hectares. Ce travail constitue une base à partir de laquelle ce projet de Projet de Fin d'Etudes a été élaboré.

Située entre l'aéroport international, l'autoroute A8 et la voie ferrée littorale, la plaine fonctionne comme un espace dédié à la circulation automobile. L'espace est désorganisé et mal géré : friches et casses automobiles sont implantées autour de parcelles agricoles encore en activité.

Et si la ville enjambait les réseaux ? Face à un projet essentiellement centré sur Nice, j'ai choisi de travailler spécifiquement la zone de jonction entre les communes de Nice et Saint-Laurent. A proximité de l'aéroport, de la future gare multimodale et du futur quartier d'affaires, deux échangeurs autoroutiers privaient l'accès au fleuve et enclavaient de vastes espaces à proximité de la Cité Administrative existante. Cet espace m'apparaissait comme un lieu essentiel pour rééquilibrer la vallée et 'recoudre' les deux rives. En effet, ces rives, appartenant au même fleuve et donc indissociables, ont pourtant deux histoires, deux structures et deux fonctionnements complètement différents.

Le premier acte du projet fut de modifier le tracé de l'autoroute, ce qui libère 20 hectares de terres enclavées, permet de faire passer le parc linéaire le long du fleuve et d'améliorer les dessertes et les infrastructures de la zone. La reconquête des berges du Var est l'occasion de créer un lieu porteur d'identité, de contemplation, de promenade pour la plaine. Cela déplace le point de gravité de la plaine et la réorganise en direction du Var.

Un projet urbain de rive à rive

Actuellement, Saint-Laurent et Nice sont deux villes adjacentes qui n'entretiennent pas de relation et fonctionnent de manière autonome.

Contrairement à Nice, Saint-Laurent présente nombre d'éléments préexistants permettant de transformer le territoire : centre urbain constitué qui domine le Var, découpage parcellaire en lanière hérité de l'activité agricole, typologie de maisons avec jardins caractéristiques de la région niçoise, etc.

Reconnaître l'existence de la structure urbaine de Saint-Laurent permit d'établir une trame urbaine commune aux deux rives, avec des îlots ouverts sur le Var. Deux quartiers sont créés de part et d'autre du fleuve avec des fonctionnements spécifiques liés à l'histoire des deux rives. A Saint-Laurent, un quartier résidentiel comprenant de l'activité en rez-de-chaussée s'articule directement au centre-ville. A Nice, un nouveau quartier dense complète le quartier d'affaires autour de la gare. Le parc linéaire passe au coeur de cet ensemble dont les bâtiments franchissent transversalement l'autoroute.

Ce projet urbain intègre les réseaux à la trame en changeant la perception de scission qu'ils génèrent. Deux ponts franchissent le Var et permettent enfin de relier Nice au centre-ville de Saint-Laurent. Ils se situent dans le prolongement des grands tracés de la plaine. A chacune de leurs extrémités, places publiques et équipements ancrent ces nouvelles liaisons dans leurs tissus urbains.

Par ailleurs, l'autoroute peut être franchie, à Nice, par les îlots la surplombant, lesquels sont partiellement recouverts de jardins privés. Deux nouveaux échangeurs à faible emprise décongestionnent et réorganisent la circulation du sud de la plaine.

De l'urbanisme à l'architecture... Propositions de modes d'habiter à Saint-Laurent

Pour exemple de l'échelle architecturale de ce PFE : un îlot de Saint-Laurent, où immeubles périphériques côtoient maisons en bandes et espaces publics. Accès, nature des sols, plans intérieurs et façades font l'objet d'une proposition destinée à être déclinée, dans le but de valider la cohérence et la faisabilité du projet urbain à grande échelle.

Les îlots sont ouverts en direction du fleuve et entretiennent une relation de frontalité avec l'ensemble d'immeubles de bureaux situé à Nice, dont l'échelle architecturale est complètement différente.

Une venelle publique dessert les coeurs d'îlots dans la direction nord-sud et les découpe en opérations privées. Ces îlots sont bordés au nord et à l'ouest par des immeubles mixtes d'habitat collectif comportant en rez-de-chaussée de l'activité. Des maisons individuelles groupées et de l'habitat intermédiaire sont situés à l'intérieur des îlots et, au sud, en front des rues.

Un balcon sur le Var

Les deux berges sont rendues piétonnes par un système de contrôle des crues. Elles sont accessibles depuis la trame viaire. Cette trame est prolongée sur les berges par des aménagements paysagers, évoquant des pontons. A Nice, l'accès aux berges s'effectue soit par le parc qui franchit l'autoroute, soit par les rampes publiques qui se situent entre chaque îlot de bureaux. Ces berges connectées au parc linéaire constituent un lieu métropolitain de loisir et de promenade au fil de l'eau.

Le centre de gravité du projet urbain est ainsi déplacé vers le lit du Var qui devient l'espace de reconnexion des deux rives. Sans pour autant tomber dans l'écueil de la symétrie, ce parti-pris prend en compte les identités et réalités différentes de Saint-Laurent du Var et de Nice et permet d'établir le dialogue entre ces deux quartiers.

Axelle Thierry

Consulter également l'abum-photos 'Les rives du Var font peau neuve'.

Jury : Laurent Hodebert, Gilles Sensini et Jean-Michel Savignat, enseignants responsables du Master Ville et Projet Urbain à l'Ecole d'Architecture de Marseille ; Rémi Marciano, enseignant à l'Ecole d'Architecture de Marseille ; Anne Castanet, architecte ; Laurent Lescop, enseignant à l'Ecole d'Architecture de Nantes ; Alexis Meier, enseignant à l'Ecole d'Architecture de Paris-Malaquais.

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