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En France, qui veut la peau des architectes ?

© Cyberarchi 2019

L'architecture est d'intérêt public et bien sûr l'architecture n'est pas une équation réglementaire. Mais au vu de la transposition que l'on nous propose de la directive 'Services', je me demande si elle n'est pas en passe de devenir une équation financière : comment tirer le meilleur profit des besoins de nos concitoyens, des besoins de nos villes, des besoins de notre société ?

 
 
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C'est à la résolution de cette équation que 'Bercy' semble travailler à travers son projet d'adaptation de la directive 'Services' européenne.

Mais alors, comme nous serions loin des attentes de nos concitoyens, des déclarations du Président de la République sur la place de l'architecture dans l'histoire des civilisations et comme nous serions loin aussi de la nécessaire indépendance de tous ceux qu'un bel enthousiasme pousse, depuis des décennies, à imaginer l'avenir construit de l'Humanité. Comme nous serions loin des besoins de notre société face aux défis climatiques et environnementaux pour lesquels les architectes sont parmi les plus à même de faire la synthèse des nouvelles donnes pour les transposer en solutions construites, porteuses d'usages renouvelés et d'imaginaires fédérateurs.

De même que les médecins doivent être indépendants de l'industrie pharmaceutique, il est aisé de comprendre que pour être dans leur rôle les architectes doivent impérativement rester indépendants des groupes financiers. Permettre, comme le propose Bercy, à des tiers non architectes de maîtriser le capital social des entreprises d'architecture est le plus sûr moyen de faire naître des conflits d'intérêt incompatibles avec le Code des devoirs professionnels qui régit la profession et garantit le public.

En France, les architectes sont bien formés, compétents, créatifs et compétitifs. Ils anticipent les mutations, suivent l'évolution des besoins, remettent en cause leurs pratiques et les adaptent sans cesse ; il est révolu le temps des mandarins et de leurs tours d'ivoire et nous n'en sommes pas nostalgiques.

Alors pas de mauvais procès, une transposition de la directive 'Services' : oui bien sûr ! Mais qu'elle assure l'indispensable indépendance des architectes, qu'elle garantisse le public et qu'elle préserve l'intérêt public de l'architecture.

Alors que les masques tombent : qui en France veut la peau des architectes ? Et qui en tirerait profit ? En tout cas ni les usagers, ni notre cadre bâti, ni les paysages, ni l'environnement.

Et encore moins l'intérêt public...

Ludovic Lobjoy
Architecte Vice Président du Conseil Régional de l'Ordre des Architectes d'Ile de France
9 novembre 2009

Lire également notre article 'Pour une 'directive architecture''.

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