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Élodie Boutry, espace et peinture

©Elodie Boutry : Copyright 2017

 

Entre art et architecture, le travail d'Élodie Boutry mêle les matériaux pour créer des impressions visuelles basées sur le volume et la couleur. Les arrêtes tranchantes de ses installations sont adoucies par des couleurs vives disposées en larges aplats, évoquant moins un tableau de Mondrian qu'un clip de Teki Latex. Ou plutôt d'un Sol LeWitt, vous reprendra-t-elle.

 
 
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« Mon travail consiste à interroger l’interactivité entre la peinture et l’espace, utilisant des formes et des couleurs en confrontant différentes factures », explique l'artiste qui, parmi ses nombreuses réalisations, compte une installation au sein du projet de la rénovation de la Halle de Tourny par MWAH Architectes. D'ailleurs ses origamis crayonnés pourraient valablement passer pour des maquettes de bâtiments. Et quand la tâche de gouache s'en mêle sur le papier (série Sauvage), on croit carrément voir immerger des tours de la pollution ou du brouillard. Un art qui brouille les pistes, pour mieux exciter l'intérêt.

 

Sauvage, celui qui...

 

« Habituée à construire et organiser mon travail à partir de règles prédéterminées selon une logique qui m’est propre, depuis quelques temps l’envie de bouleverser ces protocoles me démange. Alors par où commencer ? Essayer de ne plus travailler en aplat et laisser les gestes apparaitre, corrompre la grille orthogonale et laisser s’échapper la couleur des formes géométriques auxquelles elle est cantonnée. Il s’agit donc de mettre en place de nouvelles règles du jeu et de laisser la couleurs libre et sans contraintes, afin qu’elle explose et se disperse à la surface du papier. Laisser la couleur sauvage pour qu’elle s’attaque et s’empare de la composition. Sauvage... qui s’organise en général spontanément en dehors des lois et des règlements. »

 

Organisation dans l'espace

 

S'intégrer à une architecture, Elodie sait faire. Comme à la Chapelle du Collège des Jésuites de la ville d'Eu (76) où elle installe avec Pascal Pesez de grands panneaux de bois (de 4 par 2 mètres), sortes de vitraux modernes en volume, illustrés à l'acrylique, à l'huile, au crayon de couleur et à la mine de plomb, et évoquant des motifs de bande-dessinée ou le cour d'une rivière sur une carte IGN.

« Des pois, des rayures, des damiers, appliqués dans des couleurs très vives : rouges, jaunes, bleus, beaucoup de roses (...) En plein air ou dans l’espace d’exposition, ses peintures en trois dimensions travaillent la question de l’illusion et des effets de surface, explique la critique d'art et commissaire d'exposition Marion Daniel. Elles se situent du côté de la répétition, du lisse et du décoratif, tout en incluant accidents, anfractuosités du mur et décrochements visuels. Parfaitement contenue dans ses moyens et dans ses fins, cette œuvre pose une équation : comment créer un langage visuel fort à partir d’un vocabulaire très restreint ? Sans doute la réponse est-elle ici : par l’organisation d’éléments visuels provoquant des basculements du regard. »

 

Laurent Perrin

Elodie Boutry, portrait
Elodie Boutry, portrait
Elodie Boutry, portrait
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Elodie Boutry, portrait
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