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Dominique Tessier : « La rénovation énergétique doit produire du projet »

Dominique Tessier : Copyright 2019

En lisière du quatorzième arrondissement de Paris, Dominique Tessier a réhabilité la caserne Plaisance de la brigade des sapeurs pompiers. Une opération pour laquelle les logements de fonction des officiers ont subi une modification complète de l’enveloppe. Avec un objectif principal : améliorer l’espace et l’usage des appartements.

 
 
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En 2013, présentant son projet de réhabilitation de la tour Bois-le-Prêtre, lors d’une conférence à Paris, Anne Lacaton (agence Lacaton & Vassal) avançait que « la démolition du patrimoine des Trente Glorieuses n’avait rien d’inéluctable. » L’architecte Dominique Tessier n’affirme pas autre chose lorsqu’il assure que la rénovation énergétique est avant tout une affaire de reconquête spatiale. Entre la tabula rasa et la rénovation thermique de base, il existe un modèle économique viable pour redonner de grandes qualités de confort aux immeubles de la seconde moitié du XXe siècle : « La rénovation énergétique doit produire du projet, expose-t-il. Elle n’est pas une fin en soi. Elle doit être un prétexte pour améliorer l’usage et agrandir les espaces. » En bref, permettre de faire plus, mieux et moins cher qu’une opération de démolition-reconstruction.

Appel d’offre en poche, tout l’art de l’architecte a donc consisté à retrouver des qualités spatiales au centre de secours de Plaisance implanté sur une parcelle traversante entre la rue d’Alésia et la rue de Gergovie. D’un côté, le Centre proprement dit, avec son garage à véhicules et ses espaces de travail, a été réhabilité avec soin en utilisant des matériaux nobles, comme le bois naturel (parquet), l’Oberflex (casiers des pompiers) et le laiton (plinthes et soubassements). De l’autre côté, l’immeuble de logements des officiers sapeurs pompiers – qui date des années 70 et qui donne sur la rue de Gergovie - a été revisité de fond en comble et a subi un traitement de façade inattendu.

Surprise comptable

« Au stade de l’APS, nous avons constaté que le budget alloué par la maîtrise d’ouvrage était supérieur à notre budget prévisionnel des travaux », explique Dominique Tessier. L’intérêt  du delta comptable ? Faire effectivement plus et mieux en agrandissant les appartements et en reconsidérant entièrement les enveloppes de l’immeuble de logements, aussi bien sur la rue de Gergovie que sur la cour qui sert de terrain d’entraînement aux pompiers.

« Inutilisés et peu commodes, tous les balcons ont été fermés. Les allèges en béton ont été supprimées. Certains nez de planchers ont été rallongés et tous les éléments de modénature ont été ramenés sur le même plan de façade », précise l’architecte.  Au rez-de-chaussée, le hall d’entrée est devenu traversant, tandis que, dans les étages, les logements ont été repensés pour gagner en lisibilité et en surface. Parallèlement, les excroissances des deux derniers niveaux (lucarne,…) ont été recouverts d’une grande couverture de zinc dont la courbe épouse les héberges réglementaires.

Vitrages imprimés

Mais c’est surtout le corps de façade qui retient l’attention dans ce paysage urbain presque trop sage. Celui-ci présente une enveloppe en verre avec des motifs conçus par l’artiste Frédérique Loutz. Sur la rue, des centaines de tâches noires et grises font penser à des bambous. Côté cour, le maître d’œuvre a repris ces images en leur ajoutant quelques portraits de sapeurs pompiers. « Une fierté et un sentiment d’appartenance pour les personnes de la caserne qui y sont représentés », indique Dominique Tessier.

Originale, l’enveloppe partiellement diaphane est constituée d’une isolation par l’extérieur que recouvrent un pare-pluie gris clair, une lame d’air de 60 mm et des vitrages 55.2. Ces vitrages imprimés sont fixés grâce à des équerres reliées au gros œuvre par l’intermédiaire de tubes verticaux et de pattes de fixations. Les efforts de vents sont repris par des V-Clips en périphérie des vitrages. Un procédé qui minimise la présence des attaches et qui présente l’avantage de relever du DTU sur les bardages. Mais aussi un procédé qui montre que les belles avancées techniques sur l’enveloppe des bâtiments n’ont pas toutes un coût rédhibitoire.

Tristan Cuisinier

Fiche technique :

Maître d’ouvrage : Préfecture de police de Paris

Maître d’œuvre : Dominique Tessier & associés

BET : COTEC Ingénierie

Economiste : T.C.A

Surfaces SHON : 1100 m2 (caserne) / 2083 m2 (logements)

Coût : 5,3M€ HT

Dominique Tessier : « La rénovation énergétique doit produire du projet »
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