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Des villes qui ont du cœur

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Il faut refaire battre le cœur des villes, selon Frédéric Lenne, Commissaire de In-Situ, la biennale d'architecture et d'urbanisme de Caen.

 
 
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Quelle était la température sur la biennale cette année ?

Elle s'est bien passée dans la mesure où, pour la 5ème édition de la biennale d'architecture et d'urbanisme de Caen, nous avions pris un pari risqué : celui de tenir l'ensemble de la biennale sur dix jours. Il y avait un événement chaque jour ! C'était risqué parce qu'on peut considérer qu'en week-end les gens peuvent plus facilement se libérer. Dans la semaine faire venir des gens de loin, c'est plus compliqué. Et finalement, on a eu un public qui répondait présent à chaque fois.

 

Quels étaient les thèmes abordés lors des rencontres débats ?

Deux parmi les cinq rencontres que j'ai organisées ont eu un franc succès : notamment la dernière qui réunissait quatre architectes, dont trois femmes – ce qui est rare à une tribune en général et en architecture en particulier. Un seul homme, donc, Etienne Tricaud, qui a fondé et dirigé Arep (agence d’architecture et d’urbanisme de SNCF Gares & Connexions) et qui est maintenant architecte indépendant. Et trois femmes : les architectes et urbanistes Corinne Vezzoni, Paola Viganò et Anne Speicher, laquelle dirige l'agence Baumschlager Eberle en France.

 

Il y a eu aussi des ciné-débats, sur quels sujets portaient-ils ?

Il y a eu deux films. Le premier sur Patrick Bouchain s'intitule Une diagonale, Conversation avec patrick Bouchain. Il a été tourné par le collectif Encore Heureux sur la plage de Berck-sur-mer. Patrick est assis sur un fauteuil face à la caméra, on ne voit pas qui l'interroge, on lui pose des questions, dans l'esprit de l'abécédaire de Gilles Deleuze, on lui donne des mots sur lesquels il s'exprime. Ce ciné-débat a eu un succès auprès de la jeunesse, très sensible à des questions comme l'utilisation du déjà-là. Justement à Caen une ancienne usine est train d'être remise en état afin de créer le tiers-lieu de la Rive droite.

 

L'autre film était dédié à Bjarke Ingels, quel en était le sujet ?

Le second film s'appelle Big Time, dans la tête de Bjarke Ingels. Il est signé d'un réalisateur danois qui suit l'architecte dans sa vie. Le film s'appelle ainsi parce qu'à un moment l'architecte a un souci de santé et il est obligé de faire des IRM de son cerveau. On le voit aussi bien dans sa vie personnelle que dans sa vie professionnelle. Cela se regarde comme le tracé d'un architecte dans son existence avec des références à certains de ses bâtiments. Ce film a été plus critiqué par le public jeune puisqu'il y a une appétence dans la nouvelle génération pour un type d'architecture plus raisonnable et écologique.

 

La biennale se penchait sur le cœur des villes, pouvez-vous préciser ?

On s'est inspiré du rapport Dauge (rapport de Monsieur Yves Dauge : « Plan national en faveur des nouveaux espaces protégés » de février 2017, ndlr) et du plan « Action cœur de villes » lancé par le gouvernement actuel. On a choisi pour titre de cette biennale « Faire battre le cœur des villes ». Tous les sujets étaient centrés sur les centres-villes. Le plan actuel du gouvernement, c'est cinq milliards d'euros sur cinq ans, distribués à 222 villes moyennes, pour redynamiser et revitaliser leurs cœurs de villes. Car il y a une défection du cœur de certaines villes au profit des périphéries, notamment en ce qui concerne les commerces. Et des habitats anciens en centre-ville qui ne sont plus adaptés aux usages actuels. C'est pourquoi il faut, selon moi, refaire battre le cœur des villes.

 

Propos recueillis par Laurent Perrin

 

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