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Des maisons Jaoul de Le Corbusier à l'architecture de l'Egypte antique

Pour démarrer l'année sur de bonnes bases, trois ouvrages des Editions Picard aussi divers qu'abondamment illustrés. Le premier traite de Le Corbusier et les maisons Jaoul, le second, Le temps du sanatorium en France et en Europe, du lien entre architecture et santé et le troisième, qui n'est pas à proprement parler une nouveauté mais vaut le voyage, de La construction pharaonique.

 
 
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Le Corbusier et les maisons Jaoul - Projets et fabrique (1)

Un espace intime fait de matériaux chauds et de surfaces murales colorées, couvert par des voûtes en brique et illuminé par des baies vitrées judicieusement placées, une belle cheminée entourée de niches pour accueillir des objets d'art et d'artisanat, amoureusement choisis - ce n'est pas l'image habituelle de la machine à habiter. L'idée reçue d'un Le Corbusier froid, austère et puritain doit être revisitée lorsque l'on a visité et observé les maisons que l'architecte a bâties pour la famille Jaoul, à Neuilly, à quelques pas de la place de l'Etoile.

L'auteur de ce livre, Caroline Maniaque est architecte et historienne. Maître-assistante à l'école nationale supérieure de l'architecture et du paysage de Lille, elle est spécialiste de l'architecture du XXe siècle en Europe et aux Etats-Unis. Chercheur au sein du laboratoire GRAI (Groupe de Recherche sur l'Architecture et les Infrastructures) de l'école d'architecture de Versailles, ainsi qu'au laboratoire de recherche de l'école d'architecture de Lille, elle prépare actuellement un ouvrage sur les discours de l'architecture alternative nord-américane (1960-1975).

Architecture et santé - Le temps du sanatorium en France et en Europe (2)

Le thème du sanatorium est récurrent dans l'histoire de l'architecture moderne. Présent dans les ouvrages de référence, il a aussi sa place dans les monographies consacrées aux architectes majeurs du XXe siècle : le sanatorium est un édifice emblématique dans l'oeuvre de jan Duiker aux Pays-Bas, d'Alvar Aalto en Finlande, et pour la France de Tony Garnier, d'André Lurçat, de Pol Abraham et d'Henry-Jacques Le Même. La tuberculose, la peste Blanche, comme on nomme alors le fléau, fait au début du XXe siècle 100.000 victimes par an en France ; un gigantesque programme de lutte contre la maladie, en partie inspiré par les Etats-Unis, et dont l'apogée se situe entre les deux guerres, est à l'origine des sanatoriums sur le territoire national.

La valeur thérapeutique du sanatorium se fonde sur l'hypothèse de la cure d'air, de lumière, de soleil, et sur l'isolement des malades contagieux, conduits à contempler un paysage naturel à l'écart des méfaits de la ville industrielle. Ce vaste défi mené en l'absence de moyens thérapeutiques pleinement efficaces, s'est traduit en France par près de 250 réalisations, qui s'échelonnent du début du XXe siècle aux années 1950 ; l'avènement des traitements par antibiotiques annonce alors la désuétude de l'institution et de ses instruments. L'ouvrage analyse principalement le cas des réalisations françaises dans leur rapport aux influences allemandes, suisse, hollandaise et américaine. La plupart des typologies relèvent en effet de transferts étrangers, et malgré les projets de Tony Garnier, il faut attendre les années 1920 pour que les tenants français du Mouvement moderne, architectes et aussi ingénieurs, s'engagent dans ce programme hygiéniste dicté par les médecins tout puissants, et apportent des réponses exemplaires, comme le témoignent notamment les réalisations du Plateau d'Assy ou les étonnants solariums tournants.

Ce nouveau concept d'isolement des malades, soumis à une stricte discipline médicale, relève d'un nouvel ordre moral, d'une nouvelle culture de l'habiter ; le sanatorium devient en quelque sorte le condensateur social destiné à réinsérer les malades exclus, et fait figure de référence pour la réalisation des nouveaux programmes d'hôpitaux, d'hôtels, et de logements. Bien qu'aujourd'hui obsolète, il dépasse donc la simple traduction d'une politique de lutte contre la tuberculose, pour se poser en modèle de société, où les valeurs environnementales et les questions de santé dans la ville et l'habitat annoncent les défis auxquels nous sommes aujourd'hui confrontés.

La construction pharaonique - Du Moyen Empire à l'époque gréco-romaine (3)

De tout ce qui touche à la civilisation des Pharaons, l'art de construire pour l'éternité fascine plus que tout. Et il ne se limite pas à l'érection des pyramides de l'Ancien Empire. Deux mille ans plus tard, les principes qui l'ont régi sont identiques, même si les formes architecturales se sont adaptées aux temps et aux lieux. Plus tard encore, sous l'influence des techniques importées par les Grecs puis les Romains, le bâtisseurs de la Vallée du Nil ne renonce pas à des procédés consacrés par l'usage, que son cadre de vie, ses buts, son savoir-faire ont imposé et dont l'efficacité s'est avérée «un million de fois», selon la phraséologie égyptienne elle-même.

La construction pharaonique a pour ambition de dresser un bilan de ce que l'on peut savoir, au début du XXIe siècle, des principes et des techniques qui permirent aux habitants du Double-Pays d'édifier, pour leur roi et leur dieu, les édifices culturels. Réunissant leurs spécialités propres, architectes, géologue et égyptologues ont données à ce livre une forme neuve en associant, au sein d'un même ouvrage, les données de leurs disciplines.

Retracer le cadre géographique, socio-économique et culturel dans lequel s'est épanouie la civilisation pharaonique permet de saisir les raisons qui fondent les règles directrices de la construction et motivent leur quasi-immuabilité : elles sont intrinsèques aux paysages d'Egypte. De ses falaises furent extraits les matériaux (granite, grès, calcaire, etc.) plus ou moins proches du Nil, cordon de vie et source de tout déplacement ; la crue annuelle rehaussa les points de chargement et de déchargement ; le limon mouillé permit de lubrifier les sols pour glisser les charges sans jamais les soulever ; rocheux ou constitué d'alluvions, son sol s'offrit à tous les types de fondations ; mêlée de sable et de paille hachée, la terre crue donna corps aux millions de briques indispensables à la vie des chantiers.

Sans elles, pas de rampes, pas d'échafaudages lourds, installations provisoires indispensables à la mise en place des gigantesques pylônes ou sales hypostiles comme celles de Karnak ou d'Edfou, pourtant séparées dans le temps par plus d'un millénaire. Les mines de cuivres et les gisements de surface fournirent les matières premières des outils métalliques et lithiques ainsi que les produits indispensables à diverses étapes des chantiers : sable abrasif, gypse pour la fabrication du plâtre, ocre des couleurs, etc. L'homme du passé a souvent consigné par écrit ses incessants efforts pour contribuer à maintenir, aux côtés de son souverain, Maât, l'ordre universel. De tous ces textes, seuls quelques uns, les plus évocateurs, ont été présentés. Ils valorisent la mémoire de ces milliers d'ouvriers anonymes, de leurs efforts, leurs astuces, leurs bon sens ou leur fatigue.

(1) Le Corbusier et les maisons Jaoul. Editions Picard ; Format : 22 x 27 cm ; 144 pages, Couverture : Broché ; illustrations en couleur. Prix : 38,00 euros.
(2) Architecture et santé : Le temps du sanatorium en France et en Europe. Editions Picard ; Format : 17 x 24 cm ; 192 pages, Couverture : Broché ; illustrations en couleur. Prix : 30,00 euros.
(3) La Construction Pharaonique. Editions Picard ; Format : 23 x 28 cm ; 456 pages, Couverture : Broché ; illustrations en couleur. Prix : 104,00 euros.

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