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Derrière l'objectif de… Sergio Grazia

Nicola Spinetto : Copyright 2017

 

 

Il est des noms qui reviennent souvent quand on parle photo d'architecture. Celui de Sergio Grazia est de ceux-là. Il s'est confié à nous pour raconter son histoire, et expliquer le rapport qu'il entretient avec les architectes qui lui passent commande, et les rédactions qui publient ses photos.

 
 
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Comment es-tu arrivé à la photo d'architecture ?


Ça s'est fait en parallèle. Depuis toujours il y a un lien important entre l'architecture, la photo et le dessin. J'ai fait mes études à la faculté d'architecture en Italie. Quand j'ai terminé mon cursus j'ai décidé de venir travailler en France. En parallèle j'ai toujours été passionné de photo, je faisais des photos de tout genre, mais aussi d'architecture. Mon rêve était de devenir photo-reporter. Mais comme on ne peut pas faire les deux, j'ai choisi de m'orienter plutôt vers l'architecture. Sauf qu'au fur et à mesure je me suis rendu compte que la passion qui m'apportait le plus de satisfaction, c'était la photographie. Je me suis donc remis en question plusieurs fois pendant mes années d'architecte, à savoir huit ans dans différentes agences. Et finalement j'ai décidé de quitter une passion pour une autre.

Tout en restant dans le domaine de l'architecture…


Oui mais avec une approche totalement différente. C'est beaucoup plus gratifiant pour moi d'être photographe d'architecture parce que tu vis l'architecture dans chaque bâtiment que tu photographies. Donc tu voyages, tu fais l'expérience d'un bâtiment, comme il est conçu, tu peux regarder, analyser, vivre un jour ou deux, parfois plus, dans un lieu, et mieux l'appréhender. Et après c'est fini, tu essaies alors de donner le mieux, sur l'ordinateur, de ce que tu as vu. Ce sont des expériences plutôt courtes, ce qui me convient, au lieu d'expériences très longues que sont le suivi d'un chantier en tant qu'architecte ou le suivi d'un projet en phase d'étude. J'avais fini par délaisser l'architecture lorsque j'étais en agence et j'y suis revenu, par le biais de la photo, avec beaucoup plus de joie.

Ce sont les architectes qui te passent commande ?


Oui en très grande majorité. Ce sont des architectes qui réalisent un bâtiment, et qui ont besoin de le photographier. C'est plus rare que ce soit les magazines qui me passent la commande. Ils savent que si tu fais un reportage pour un architecte, ils pourront le récupérer gratuitement. Je connais beaucoup de rédactions puisqu'on est souvent en lien pour distribuer les photos. Et j'entretien des relations avec elles car c'est pour moi un moyen de faire voyager les projets, de les médiatiser un peu plus. Donc je me retrouve à proposer aux magazines les reportages que j'ai menés.

Les architectes ont-ils des demandes très précises ?


Dans la plupart des cas c'est une carte blanche, heureusement. Les architectes savent que leur œuvre est terminée, et il y a une couche supplémentaire qui se rajoute, qui est le reportage photo, la mise en valeur de ce qu'ils ont fait. Car la plupart des personnes verront ce projet grâce aux photos, parce qu'elles ne pourront pas se rendre sur place. Donc les architectes savent très bien que derrière cela, il y a une double compétence : la façon de regarder le bâtiment, le choix du point de vue, de la lumière, du moment, des évènements qui se passent autour ; et la mise en valeur par la post-production. Ils savent qu'ils ne peuvent pas maîtriser cet aspect, donc on me laisse faire. Parfois on me demande un point de vue spécifique ou un moment particulier, mais ce n'est jamais un cahier des charges structuré ou stricte, mes clients préfèrent être surpris.

Quels sont les outils de travail dont tu peux disposer ?


On me donne quelques consignes et je demande les plans. Quand on me demande un point de vue exact, généralement je refuse. Parce que sur les plans c'est toujours autre chose que dans la réalité. Heureusement les agences me font plutôt confiance. Les plans me permettent de comprendre comment les espaces s'articulent, comment le soleil pourra tourner autour du bâtiment, et donc quels sont les espaces les plus emblématiques. Et parfois je reçois de petites indications sur les plans pour attirer mon attention sur un espace en particulier. Souvent ce qu'on essaie de retrouver ce sont les perspectives que l'on a faites pour le concours, parce que les architectes ont bien réfléchi au meilleur angle pour montrer un bâtiment. Et cette image-là j'essaie de ne jamais l’oublier, c'est souvent la plus importante.

www.sergiograzia.fr


Propos recueillis par Laurent Perrin

 

 

Sergio Grazia
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