• Accueil
  •  > 
  • De Malakoff à EuroNantes : retour sur la mutation d’un quartier dégradé
Rejoignez Cyberarchi : 

De Malakoff à EuroNantes : retour sur la mutation d’un quartier dégradé

© Cyberarchi 2019

Initié au début des années 2000, le projet urbain EuroNantes Gare – Malakoff est entré dans sa seconde phase d’aménagement. Le programme prévoit la création de logements, bureaux, activités et équipements, destinés à favoriser la renaissance de cet ancien quartier dégradé. Démonstration de sa restructuration en cinq opérations emblématiques.

 
 
A+
 
a-
 

Coupe-gorge, quartiers dégradés, voici quelques-uns des qualificatifs employés auparavant pour désigner le quartier EuroNante Gare – Malakoff. Depuis le lancement des travaux en 2005, ce n’est désormais plus cette image qui domine mais bien celle d’un quartier en plein renouveau, qui vit au rythme des grues et des ouvriers de chantier.

 

Sur cette parcelle, coincée entre les lignes ferroviaires et la Loire, la deuxième phase d’aménagement est en cours, et se poursuivra jusqu’en 2017. « Notre objectif était de créer un nouveau quartier mixte qui s’intègre à la ville, avec des logements d’une grande diversité, des activités tertiaires et des équipements », rappelle Alain Robert, adjoint au maire de Nantes, chargé de l’urbanisme et vice-président de Nantes Métropole. C’est l’Atelier Ruelle, dirigé par Gérard Pénot (Grand Prix de l’urbanisme 2015) qui est désigné en 2001 comme maître d’œuvre.

 

Le Mail Pablo Picasso

 

Cette mutation urbaine débute par la réalisation des espaces publics. « C’était un quartier, au milieu de nulle part, qui n’avait aucune crédibilité pour les investisseurs, se souvient Gérard Pénot. Il fallait donc le rendre désirable ».

 

L’allée Picasso, large avenue de 45m de large devient alors l’axe structurant du quartier. Elle est repensée en association avec de grands espaces publics, les jeux de volumes des différents programmes immobiliers, la transparence des rez-de-chaussée et la porosité des îlots.

 

L’objectif est que l’ensemble du système urbain se construise autour du regard du piéton et de ses déplacements.

 

L’immeuble Hémêra

 

L’aménagement de l’espace public est une telle réussite que les programmes immobiliers prennent de l’ampleur. Les propositions se multiplient autour d’immeubles de 50m de haut et plus – non prévus dans le projet initial – avec vue sur la Loire. Le fleuve, jusqu'alors contrainte devient un atout pour l’urbanisation.

 

L’immeuble Hémêra fait partie de ces projets. « Le programme immobilier se dessine à trois échelles différentes et fait la part belle à la luminosité (d’où son nom, en référence à la déesse grecque du Jour) », explique le promoteur Ataraxia.

 

Le long des quais, le premier niveau sera composé de 5 maisons individuelles groupées, organisées autour de patios afin de donner suffisamment d’intimité aux habitants pour qu’ils s’y sentent bien. Dans le premier bâtiment, vertical, viendront s’implanter 69 logements en accession (du T2 au T4, duplex et simplex), bénéficiant de larges ouvertures en balcon pour profiter de la vue. Dans le bâtiment horizontal, 12 logements sociaux seront construits.

 

Le dernier projet né : Amazonie

 

Pour autant, tous les programmes immobiliers du quartier ne se ressemblent pas. La ville de Nantes ayant pour objectif de créer de la diversité dans ce programme urbain, elle a laissé se développer des bâtiments à l’architecture originale.

 

La tour Amazonie laisse particulièrement songeur, tant les volumes imbriqués les uns dans les autres donnent, depuis le sol, une impression d’instabilité. Mais une fois à l’intérieur, les appartements (4 par niveau, 72 au total) offrent de belles prestations, avec d’immenses balcons et loggias, permettant de s’affranchir du vent tout en profitant des extérieurs.

 

Zoom sur le projet

 

Le programme Nouvelle Vague

Non content d’attirer de nouveaux habitants, le quartier ambitionne également de devenir un quartier d’affaire. L’îlot Nouvelle Vague, livré en 2014, combine 10 000 m2 de bureaux et 1 140 m2 d’activités commerciales dans un bâtiment en forme de vague, ainsi que 85 logements dans une tour « de belle hauteur », selon les mots choisis du promoteur.

 

Une attention particulière a été portée aux espaces pour que les activités publiques ne génèrent pas de nuisances pour les activités privées et vice-versa. Un jardin central fait la liaison entre les deux bâtiments, offrant une respiration et un espace de partage en cœur d’îlot.

 

Le gymnase VEO

 

Les habitants bénéficient également de plusieurs équipements sportifs, dont le gymnase VEO qui se distingue par sa façade orange. A mi-chemin entre la matière du ballon de basket et le Lego, ce béton a été coulé sur place, à l’aide d’une matrice spécifique réalisée selon le dessin de l’architecte.

« Autour de ce gymnase se déroule un immeuble tertiaire de bureaux qui mise sur les transparences, avec ses façades vitrées rythmées par des bandeaux en inox », précise Philippe Camus, directeur régional du groupe Giboire. Il s’agit du premier PPP de la ville de Nantes pour un programme de ce type.

 

Ces différents programmes concourent tous à « redonner vie », à ce quartier selon l’urbaniste Gérard Penot. « La volonté nantaise n’est pas de faire une politique de quartier, avec des moyens limités. Chaque entité doit être emportée dans le développement global de la communauté urbaine comme pour l’Île de Nantes », conclut-il.

 

Claire Thibault

© C.T

De Malakoff à EuroNantes : retour sur la mutation d’un quartier dégradé
Le gymnase VEO
Nouvelle Vague
Amazonie
L’immeuble Hémêra
Le Mail Pablo Picasso
Mot clefs
Catégories
CYBER