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De Brasilia à Tripoli, la signature d’Oscar Niemeyer défie le temps

© Sipane Hoh : Copyright 2018

 

Le premier projet d’Oscar Niemeyer en dehors du Brésil se trouve dans la deuxième plus grande ville libanaise, à Tripoli qui, à l’instar de la roche, sédimente les architectures des diverses époques. L’architecte brésilien connu par la construction de Brasilia a laissé au Liban un héritage architectural moderne qui, malgré son état actuel, continue à attirer bien des convoitises.

 
 
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C’est en Juin 1962 et après avoir peaufiné l’idée de Brasilia, qu’Oscar Niemeyer, arrive au Liban pour commencer un immense projet dans la ville côtière de Tripoli où le gouvernement de l’époque, a décidé d’implanter une foire internationale.

 

Le prolongement de Brasilia

 

L’équipement gigantesque qui s’étend sur dix hectares, était dès le départ, censé accueillir une exposition universelle. Ainsi, grâce à l’architecte brésilien, le Liban venait de se doter non seulement d’un lieu emblématique et exceptionnel mais d’une signature architecturale internationale hors norme. Les travaux de construction de la foire internationale ont débuté en 1967 et ils ont duré huit années mais ne se sont jamais achevé à cause de la guerre civile qui a ébranlé le pays et a causé des dégâts aux différentes parties de l’équipement. Sauf que les structures des divers édifices restent aujourd’hui intactes, elles défient les années et deviennent le témoin d’une histoire chaotique ainsi qu’une architecture moderniste figée dans son temps. 

L’entrée principale de la foire internationale est située à l’extrémité d’un équipement qui ressemble à un boomerang. L’équipement de 750 m de long sur 70 m de large était conçu pour accueillir les exposants de tous les pays. Aujourd’hui, le promeneur peut facilement comparer les deux parties du boomerang, celle qui s’est métamorphosée en un espace clos aux arrières mur qui lui confère une allure de hangar à celle d’origine, libre de toute contrainte, au toit fluide et flottant. 

A la demande d’Oscar Niemeyer, le guichet est enterré pour ne pas gêner visuellement la vue sur le complexe. Une spacieuse rampe conduit à une galerie qui surplombe l’ensemble. Le pavillon libanais ayant un volume à part et faisant un tendre clin d’œil aux constructions traditionnelles libanaises, est situé entre le dôme accueillant un théâtre de 350 places et l’héliport en forme de champignon aplati.  

Un peu plus loin, une arche monumentale surmonte une rampe, elle conduit à l’amphithéâtre de plein air dont les sièges de couleur blanches portent les stigmates du temps qui passe. Dans le parc immense où les diverses entités se dispersent intelligemment, se trouvent encore les toilettes publiques et les kiosques avec des bancs publics le tout entièrement en béton. Et comme l’a souhaité l’architecte, il suffit parfois d’une bonne averse pour que les différents plans d’eau se remplissent retrouvant ainsi leur fonction de miroirs.

 

La belle au bois dormant

 

Cependant la surprise réside dans un volume qui reste à l’écart, aujourd’hui, enfoui dans les buissons. Il s’agit de la maison familiale que Niemeyer avait conçue pour le directeur de la foire. La ressemblance de cette résidence en état d’abandon complet est frappante avec la maison que l’architecte a réalisée pour lui-même en 1951 dans la banlieue de Rio de Janeiro.

Le promeneur qui explore l’immense équipement libanais portant l’unique signature d’Oscar Niemeyer est saisi par la plasticité des formes brutes dispersées parmi les allées conservés et les jardins soigneusement entretenus. La foire internationale de Tripoli est-elle devenue une friche urbaine? Bien sûr que non, alors qu’ailleurs la vi(ll)e reprend petit à petit ses droits, le vide se comble et les nouveaux quartiers abondent, l’interminable espace d’exposition figé dans son temps attend un signe de gratitude voire un plan de sauvegarde. Encore faut-il que les ruines d’un patrimoine de l’architecture moderne intéressent les différentes institutions.

Wassim Naghi est un passionné de l’architecture d’Oscar Niemeyer, à la fois architecte et enseignant, l’homme qui vit à Tripoli, n’a pas hésité de visiter toutes les réalisations brésiliennes du grand maître ni de faire la connaissance de la fille ainsi que du petit fils, les deux architectes de la famille Niemeyer. L’architecte libanais qui vient d’être promu à la présidence de l’union of Mediterranean Architects (union des architectes de la méditerranée), a étudié plusieurs propositions qui font revivre le grand ouvrage du brésilien. Pour le moment, le seul projet qui a été validé c’est le mémorial d’Oscar Niemeyer. Il s’agit d’une plaque de béton avec le croquis de Niemeyer ainsi qu’une poutre horizontale en béton brut qui prendra place en face de l’entrée principale de la foire de Tripoli. Au-dessus de cette poutre seront projetés les squelettes des différentes formes des volumes de la foire. Ces derniers sont illuminés la nuit et racontent à leur manière la tumultueuse histoire de l’une des principales architectures modernistes du pays. En attendant de valider d’autres idées de conservation, la signature de Niemeyer veille sur la ville.

 

Sipane Hoh

De Brasilia à Tripoli, la signature d’Oscar Niemeyer défie le temps
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