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Daquin & Ferrière : 60 logements « avec cabanes »

Daquin & Ferrière Architecture : Copyright 2019

Le réservoir foncier de Paris et de sa banlieue proche s’amenuise. Mais il reste encore de belles opportunités. La preuve : la Ville de Gentilly a décidé de faire aménager deux hectares de friches à quelques hectomètres du boulevard périphérique. La suite est une ZAC dans laquelle l’agence Daquin & Ferrière a réalisé soixante logements sociaux « avec cabanes » sur une parcelle subdivisée en deux pour favoriser la variété architecturale.

 
 
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Il y a certains architectes qui s’agrippent à la moindre commande potentielle et d’autres qui, guidés par le contexte du projet, n’hésitent pas à partager. Jean-Michel Daquin et Olivier Ferrière semblent appartenir à la seconde catégorie. Sur une parcelle de la ZAC Lénine à Gentilly, le plan masse de Philippon-Kalt prévoyait deux immeubles de logements en vis-à-vis autour d’une cour ouverte. Il n’en fallait pas plus pour que les deux architectes associés prennent le parti d’inviter l’agence A+ de Samuel Delmas à concourir puis à construire l’un des deux. « Chaque bâtiment devait avoir une écriture spécifique. Leur orientation urbaine n’était pas la même, justifie Olivier Ferrière. Le premier, face à la promenade de l’aqueduc, devait être plus extraverti que le second situé à l’arrière de la parcelle. »

 

Afin de générer cette diversité que l’on rencontre généralement à plus grande échelle dans les macrolots, Daquin & Ferrière et A+ se sont fixés une règle simple : « Nous avions l’interdiction de nous influencer. Chacun devait faire son projet. Les deux édifices ne devaient vraiment pas se ressembler », explique l’architecte. Le résultat, quant à lui, va sans doute au-delà de ses espérances. Sans discordance dans leur nature, les deux bâtiments n’expriment en façade qu’une lointaine parenté. Seuls les lignes horizontales affirmées et les soubassements sombres sont communs aux deux bâtiments. Pour le reste, A+ a privilégié la couleur blanche et la mise en valeur d’un attique, alors que l’agence Daquin & Ferrière, profitant du vaste dégagement sur la coulée verte à l’ouest, s’est attachée à travailler la géométrie pliée de larges balcons.

 

De 4 à 12 mètres carrés

 

« Tout le monde n’a pas la chance d’avoir un pavillon, rappelle Olivier Ferrière. Dans notre immeuble, tous les logements ont au moins une double orientation et possèdent un balcon de 10 à 35 mètres carrés, suffisamment profond pour y installer une table à proximité des séjours et des cuisines. » Poussant l’idée des prolongements extérieurs jusqu’au bout, Daquin & Ferrière a pourvu la plupart d’entre eux d’un volume clos en polycarbonate de 4 à 12 m2 dont l’usage indéterminé fait appel à l’imagination des locataires. Surnommées « cabanes » par l’architecte, en référence aux constructions de fond de jardin des maisons individuelles, ces pièces subsidiaires non chauffées, accessibles seulement depuis les balcons, sont équipées d’une prise électrique, d’un plafonnier et d’un petit ouvrant vertical. Grâce à leurs parois translucides, elles peuvent servir de débarras ou d’atelier de bricolage sans affecter l’image des façades qu’elles contribuent à composer. « Selon les saisons, on peut aussi s’y retrouver, y jouer de la musique ou simplement y cultiver des plantes », extrapole le maître d’œuvre.

 

Animé par des considérations d’usage, le bâtiment de Daquin & Ferrière réalisé pour Opaly n’en est pas moins réglé par une savante combinaison de matériaux. En façade ouest, des prémurs en béton matricé et lasuré dans un ton terreux constituent le socle des deux premiers niveaux. Toutes les rives de plancher sont revêtues d’une tôle en aluminium anodisé. Les garde-corps en verre sont sérigraphiés de lignes verticales qui s’accordent au polycarbonate des « cabanes ». Quant aux balcons, ils présentent des murs recouverts de plaques de béton matricé dont le dessin « boisé » rappelle leur plancher en pin et leur sous-face en mélèze.

 

Moins riche, et certainement bien moins chère, la façade du côté de la cour ouverte aligne les fenêtres des chambres avec leurs volets coulissants. Le socle en béton matricé accueille cinq étages de béton coulé en place, simplement lasuré (isolation réalisée par l’intérieur). Par nature plus domestique, cette façade est aussi visuellement moins abstraite que la façade ouest qui ordonne l’image globale de l’immeuble. Une image très travaillée, presque « luxueuse », dans un morceau de ville en pleine recomposition.  À telle enseigne que Patricia Torjman, maire de Gentilly, conquise, déclare : « Ce bâtiment est un emblème de la qualité architecturale et du confort moderne du nouveau quartier ! »

 

Tristan Cuisinier 

 

Fiche technique :

 

Aménageur de la ZAC : Eiffage Aménagement

Architecte coordinateur de la ZAC : Philippon Kalt

Maîtrises d’ouvrage : Opaly

Architecte : Daquin & Ferrière Architecture (Frédéric Herlaut, chef de projet)

BET : Epdc

Économiste : Mebi

Entreprise générale : Eiffage construction

Surface habitable : 4 100 m2

Montant des travaux : 8 M€

Calendrier : janvier 2011 (rendu du concours), février 2012 (permis de construire), novembre 2015 (livraison)

Immeuble ZAC Lénine à Gentilly
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