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Coup de génie aux Archives de Bordeaux

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Le 10 mars 2016, le maire de Bordeaux, Alain Juppé, a inauguré les nouvelles Archives de Bordeaux Métropole dont une partie a été aménagée dans une ancienne halle aux farines du XIXe siècle. Les magasins de stockage y dessinent des intérieurs puissants, signés par l’agence belge Robbrecht en Daem.

 

 

 
 
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Cela faisait 30 ans que les Archives municipales se sentaient à l’étroit dans leur hôtel particulier de Ragueneau, un monument historique classé du XVIIe siècle dans le centre ancien de Bordeaux. En 2006, la Ville a fini par décider de les relocaliser sur la rive droite, dans le quartier industriel et logistique de la Bastide, promis à une requalification urbaine sous la direction de MVRDV. Vaste, le terrain se prêtait à l’obligation faite par les Archives de France de prévoir une réserve foncière qui anticipe le doublement de la capacité de stockage. Un règlement mis à profit par l’agence d’architecture de Gand, Robbrecht en Daem, qui, lauréate du concours en 2010, a disposé ses constructions en équerre pour créer une grande place publique que Frédéric De Vylder décrit comme « l’espace de rencontre et de respiration du quartier à venir. »

 

Béton au rateau

 

« Le premier corps de bâtiment est entièrement neuf. Il abrite l’accueil, les salles d’expositions, de conférence, les espaces pédagogiques et les bureaux », poursuit l’architecte-ingénieur de l’agence néerlandophone. Grises et discrètes, presque anonymes, ses façades en béton brut sont striées de lignes horizontales dont la régularité est contrebalancée par des petites imperfections de finition. Ces dernières résultent d’une mise en œuvre originale, et volontairement « artisanale », des panneaux préfabriqués dont le béton a été ratissé superficiellement quand il était encore frais.

 

À la perpendiculaire de cette aile neuve, Robbrecht en Daem a réhabilité la halle des magasins généraux de 1852 dont il ne restait que les murs à la suite d’un incendie. « Paul Robbrecht souhaitait absolument que tous les magasins de conservation des documents soient situés dans la halle. Je lui ai expliqué que la place manquait, mais il est resté catégorique », raconte Frédéric De Vylder. Cette prise de position inflexible dans la répartition du programme a motivé une modification du dessin originel de la toiture et une excroissance austère, parée d’une longue paroi verticale en polyester renforcé de fibres de verre. Mais elle a surtout orienté la composition spatiale des intérieurs avec une coupe transversale aussi simple qu’ingénieuse.

 

Travail en négatif

 

« La fonction d’archivage consiste à travailler avec le plein. L’idée est intéressante parce que c’est l’inverse de ce que l’on fait normalement en architecture. Habituellement, il faut dessiner des blocs vides. Or, là, nous avons dû construire des blocs opaques et fermés », explique Paul Robbrecht qui a empilé les magasins de conservation des documents au centre de l’édifice. Décalés d’étage en étage du côté de la rue, ces derniers fabriquent des volumes en escalier où sont aménagées les coursives qui les distribuent, comme s’il s’agissait d’une pyramide à degrés. À l’inverse, du côté de la place publique, les blocs de stockage dessinent un porte-à-faux en baïonnette dont le « vide résiduel » constitue le volume de la salle de lecture de 40 places, une magnifique nef de 75 mètres de long, sobrement éclairée par les baies vitrées du rez-de-chaussée et la paroi haute en polyester.

 

Au total, 16 magasins d’archivages de 200 m2 chacun – alignés sur quatre niveaux par rangées de quatre - forment en négatif les nouveaux espaces de l’ancienne halle aux farines. Le réseau de passerelles, intercalées entre les blocs de béton brut, met en relation le personnel et les lecteurs qui peuvent se représenter mentalement la provenance des archives qu’ils consultent. Sur les 18 km de linéaires de stockage possible (archives municipales et de la communauté d’agglomération), cinq seulement sont encore vides. À peine de quoi voir venir la prochaine décennie avant d’envisager une nouvelle extension…

 

Tristan Cuisinier

 

Fiche technique :

Architecte mandataire : Robbrecht en Daem Architecten - Paul Robbrecht, Hilde Daem, Johannes Robbrecht, Frédéric De Vylder (chef de projet), Anne-Sophie Van Eupen, Arne Deruyter (paysage)
Architecte suivi de chantier : Hobo Architecture, Pascale Brouckaert, Pascal Bruand
BET structure : Tractebel
BET fluides et HQE : Louis Choulet
Économiste : Michel Forgue
Acoustique : IdB Acoustique
VRD : J2C Ingénierie
Surface : 8 800 m2
Montant des travaux : 14,8 M€ H.T.

 

 

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