• Accueil
  •  > 
  • Consultations pour la rédaction du Livre Blanc, c'est parti
Rejoignez Cyberarchi : 

Consultations pour la rédaction du Livre Blanc, c'est parti

© Cyberarchi 2019

Les architectes, peu syndiqués et isolés, se reposent sur les syndicats d'architectes, malgré leur manque de représentativité, et l'Ordre, bien que ce ne soit pas son rôle, pour défendre leurs intérêts. Etat des lieux.

 
 
A+
 
a-
 

Le débat qui agite l'Unsfa, mené par une poignée de bénévoles, à propos du rôle d'un syndicat concerne tous les architectes, qui s'en étonneront sans doute. Pour s'en convaincre, il suffit pourtant de remettre en perspective le travail réalisé par l'Unsfa et le Syndicat de l'architecture concernant la nouvelle convention collective des sociétés d'architecture ou la récente réforme des sociétés d'architecture portant sur la modification de la loi de 77 pour les sociétés d'architecture. L'orientation et les choix des syndicats ont donc un impact beaucoup plus grand que ne pourrait le laisser supposer le seul nombre des adhérents.

En effet, l'Unsfa s'est également engagée dans plusieurs partenariats avec des acteurs de la maîtrise d'oeuvre et le Groupe le Moniteur notamment. Avec quelques succès d'ailleurs. Ainsi, les journées de la maîtrise d'oeuvre en juin dernier se sont révélées être un formidable forum pour les architectes en colère. Autre exemple, lors du colloque organisé par la SMABTP mi-octobre dernier, Yann Leblais, président de Syntec, mais également des entrepreneurs de second-oeuvre ont mentionné la cause des «pauvres» architectes face aux projets du gouvernement concernant les partenariats privé-public (PPP), dans une enceinte pourtant en grande partie acquise à ces PPP. De telles alliances donnent effectivement un poids, disproportionné en regard du nombre de syndiqués, à la parole des architectes, même si le risque lié à un déséquilibre des forces en présence ne peut totalement être écarté.

Cette volonté de fédérer autour d'un objectif commun des forces disparates fait grincer quelques dents. «Chacun doit être dans son rôle ; si le syndicalisme est trop mou ou trop ordinal, ça ne peut pas aller», résume Jean-François Susini, président de l'Ordre qui admet par ailleurs que s'il y eut des «crispations», l'Ordre et les syndicats «s'entendent mieux». Cette politique est également vilipendée par des élus de l'Unsfa Paca qui menacent de quitter le syndicat.

Ce débat montre en tous cas tout le chemin qui reste à parcourir pour atteindre l'objectif de François Pélegrin de 2.500 adhérents. En effet, c'est surtout le manque de représentativité des syndicats qui induit ce type de débats. Un ou deux syndicats puissants pourraient sans dommages mener de front plusieurs objectifs, un objectif particulier de défense des conditions d'exercice de ses adhérents et un objectif plus large, plus philosophique, de définition du rôle des architectes.

Ce n'est d'évidence pas le cas. «Quand il n'y a pas de syndicat, notamment en régions ou dans les départements, l'Ordre est bien obligé de rentrer dans un rôle syndical, il ne peut pas faire autrement», explique Jean-François Susini, qui déplore la situation. De fait, le président d'un conseil régional de l'Ordre affirme souvent «jouer à la limite du hors-jeu». Mais François Pélegrin estime, et la grande majorité des architectes qui l'ont réélu président lors du congrès de Nantes avec lui, que si l'Unsfa devait se contenter d'un rôle purement revendicatif, la défense au plus haut niveau des architectes, qui rappelons-le n'est pas le rôle de l'Ordre, serait inaudible.

Le manque de force des syndicats d'architectes se résume parfaitement dans la façon dont l'Ordre leur a imposé ses vues lors du Congrès de l'Unsfa. Alors que François Pélégrin annonçait la veille le «scoop» de la préparation commune (avec l'Ordre et le Syndicat de l'architecture) d'Assises Nationales pour novembre prochain, Jean-François Susini a pris tout le monde au dépourvu en annonçant à la dernière minute qu'il voulait remplacer les Assises par un Livre Blanc. Mis devant le fait accompli, François Pélegrin, qui avait pourtant invité J.F. Susini pour annoncer des Assises communes, n'a pu que s'incliner et accepter ce changement de stratégie.

Même si les arguments invoqués sont pertinents (manque de temps de préparation, difficulté à trouver une salle, une date choisie qui tombait en plein salon Batimat, volonté de mener une réflexion de fond et de s'armer de propositions concrètes, etc.), à peine cinq minutes de préavis pour une telle modification - la préparation de ces assises étaient clairement inscrites dans le programme du congrès - apparaît comme une façon d'agir un peu cavalière.

Quoi qu'il en soit, à partir du mardi 21 octobre, l'Unsfa, le Conseil national de l'Ordre des Architectes et le Syndicat de l'Architecture, qui souscrivent donc à quelques-unes des options choisies par l'Unsfa, entament à Toulouse un Tour de France des régions dont le but est de prendre le pouls des architectes afin d'entamer ensemble la rédaction d'un Livre Blanc qui sera remis aux autorités le 7 février prochain. Cette tournée dans les provinces (Bordeaux, Ile de France, Lille, Strasbourg, Rennes, Lyon, Marseille notamment) devrait permettre à chacun de mesurer la validité de ses choix. Et peut-être susciter chez les architectes un désir de s'impliquer davantage.

En attendant, pour ne pas que la voix des architectes se perde dans une nuée de micro-particularismes, l'union sur des objectifs communs est la seule planche de salut, c'est la conviction de François Pélegrin.

Christophe Leray

Consultations pour la rédaction du Livre Blanc, c'est parti
Mot clefs
Catégories
Article précédent  
Article suivant  
< Une  
CYBER